Financé à hauteur de 7 millions de dollars, soit plus de 3 milliards de FCFA, par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, un projet régional ambitieux a été officiellement lancé ce 19 janvier à Nouakchott pour renforcer la résilience climatique, améliorer l’accès à l’eau et prévenir les conflits dans les zones frontalières partagées par la Mauritanie, le Mali et le Sénégal.
Ce projet, qui est mis en œuvre sur 24 mois par l’UNICEF et l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), vise à faire de l’eau un levier de coopération, de paix et de renforcement de la résilience face au changement climatique dans les zones frontalières communes entre la Mauritanie, le Mali et le Sénégal.
Il ciblera directement plus de 151 000 personnes, tandis que le nombre de bénéficiaires indirects dépassera les 535 000 individus, dans les villages du Guidimakha, du Gorgol, de l’Assaba et du Hodh El Gharbi, en Mauritanie, la région de Kayes au Mali, et les régions de Tambacounda, Matam et Kédougou au Sénégal.
Le plan d’action comprend également la création ou la réhabilitation d’infrastructures hydrauliques résilientes, la mise en place de mécanismes communautaires de gestion des conflits liés à l’eau et l’établissement de systèmes d’alerte précoce aux risques climatiques.
S’exprimant à cette occasion, le ministre des Affaires économiques et du Développement, Abdallahi Souleymane Cheikh SIDIYA, a indiqué que « cette rencontre incarne une volonté commune de faire face à des défis qui ne connaissent pas de frontières », tout en soulignant que « la rareté de l’eau et les effets du changement climatique imposent aux pays voisins de travailler main dans la main, et de passer d’une logique d’adaptation individuelle à une logique de coopération proactive ».
Ce projet, selon lui, n’est pas seulement un investissement dans les infrastructures hydrauliques, mais un investissement dans la paix, la stabilité, mais aussi, dans un avenir commun pour les habitants des régions qui partagent les mêmes ressources, la même histoire et les mêmes défis.
« Le projet a été conçu pour être un modèle pratique qui traduit la vision politique commune en actions concrètes sur le terrain », a-t-il indiqué.
De son côté, la Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies en Mauritanie, Mme Leila Peters YAHYA, a décrit le projet comme l’une des initiatives les plus ambitieuses financées par le Fonds pour la consolidation de la paix, considérant qu’il exprime un choix politique fort de faire de la coopération régionale un pilier essentiel de la consolidation de la paix.
Elle a ajouté que « cette initiative incarne une réalité commune pour des peuples liés par des destins uniques, et rappelle avec force que la paix et la stabilité se construisent par la coopération, aujourd’hui plus que jamais ».
À son tour, le chef de la délégation malienne, conseiller technique au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, M. Moussa Balla, a salué le projet, affirmant qu’il contribuera grandement au développement des relations entre les pays de la région, et démontre clairement comment la coopération et la bonne gestion des ressources peuvent être renforcées pour le bien des populations.
PAR SIKOU BAH