Dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un violent incendie a ravagé une grande partie du marché de Médine Coura communément appelé Sugu Ni kura. Des centaines de magasins, boutiques et kiosques ont été réduits en cendres, emportant avec eux des marchandises estimées à des milliards de FCFA. Les flammes ont consumé près de 80 % des installations, selon le président des commerçants. Au-delà des pertes matérielles considérables, c’est une fois encore la question de la sécurité des espaces marchands au Mali qui se pose avec acuité. Nous estimons, cette fois, que l’Etat doit prendre la balle au rebond et agir.

Les fumées et les détonations des marchandises et produits qui explosent ont alerté les riverains du marché de Médine et ceux qui y passent la nuit. C’était à 23 heures dans la nuit du lundi 15 février.
Pour la énième fois, ce marché très sollicité et stratégique pour l’approvisionnement de la ville en denrées et en plusieurs produits va connaître l’un de ses pires sinistres avec près de 80 % des installations ravagées.
Au-delà des pertes matérielles considérables, c’est une fois encore la question de la sécurité des espaces marchands qui se pose avec acuité.
Plusieurs fois, ce marché enregistre des cas d’incendie.
Le caractère cyclique prouve que c’est un problème structurel et nécessite une véritable réflexion sur la question, a laissé entendre le ministre Moussa Alassane DIALLO qui était sur les lieux ce lundi accompagné du ministre de la Sécurité et de la protection civile.
En clair, ce sinistre révèle les limites du marché de Médine dépassé face à la croissance démographique avec des installations vétustes.
Dans ce marché où sont installées plus de 2000 personnes, impossible souvent pour les clients de se frayer un chemin à cause de l’utilisation anarchique de l’espace, de l’absence de normes de construction adaptées. Également, le non-respect des règles élémentaires de sécurité et l’insuffisance de systèmes de protection incendie constituent des facteurs aggravants.
Dans ces conditions, l’intervention des sapeurs-pompiers de la Protection civile, bien que rapide, s’est heurtée à de nombreux obstacles logistiques. Les témoignages de certaines personnes, y compris des victimes, l’attestent. « Toute la nuit, les agents de la protection civile étaient mobilisés. Jusqu’à ce matin, il y avait de petites poches de feu. Ils étaient ralentis à cause de l’inaccessibilité des véhicules d’eau au foyer d’incendie », ont-elles indiqué.
Cependant, face à une telle ampleur d’incendie, les moyens de nos sapeurs semblent rudimentaires pour maîtriser les flammes à temps.
Occasion également pour les autorités d’évaluer objectivement la capacité de service de secours et d’assistance dans ces situations de détresse.
Comment, peut-on venir à bout d’un tel incendie sans un appui aérien ?
Loin de chercher un bouc émissaire à cette situation qui aurait pu être évitée. Mais, l’occupation irrégulière et le non-respect des règles élémentaires de sécurité engagent la responsabilité des commerçants.
Cependant, la problématique dépasse les comportements individuels.
L’État, garant de l’ordre public et de la sécurité des personnes et des biens, ne saurait se soustraire à sa mission.
Laisser prospérer, durant des années, des infrastructures commerciales sans contrôle rigoureux, sans audits de sécurité, sans mécanismes de mise aux normes, revient à entériner un risque permanent.
À partir de cette catastrophe, les autorités doivent prendre la balle au rebond pour appuyer la modernisation des marchés. En plus de sécuriser l’espace, elle aura un impact significatif pour rehausser la trésorerie des collectivités, mais également celle de l’État.

PAR SIKOU BAH

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *