Le Forum annuel des parties prenantes de Sasakawa Africa Association (SAA) Mali de deux jours s’est ouvert ce jeudi 4 juin à Bamako. La rencontre est organisée sous le thème : « Régénération des terres et systèmes agroalimentaires climato-résilients au Sahel : inclusion des femmes et des jeunes pour une sécurité alimentaire, nutritionnelle et un accès durable aux marchés ».
L’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Agriculture, Ibrahima SAMAKE, qui avait à ses côtés l’ambassadeur du Japon au Mali, MURATA Yukuo; le directeur pays de SAA Mali, Baou DIANE.
Ce forum, auquel participent des acteurs de l’agriculture, des organisations paysannes, des services techniques de l’Etat ainsi que des partenaires de SAA vise à créer un cadre de concertation pour promouvoir des systèmes agroalimentaires résilients, inclusifs et durables, en cohérence avec les orientations du Plan Stratégique SAA 2026–2030.
A la suite des mots de bienvenue du représentant de la délégation spéciale de la commune IV, le directeur pays de SAA Mali a indiqué que l’édition 2026 du forum intervient dans un contexte marqué par plusieurs anniversaires pour la structure. Il s’agit, a-t-il cité, « les 40 années d’existence de la Sasakawa Africa Association dans le monde », « les 30 années de présence et d’engagement au Mali », ainsi que le lancement du « nouveau Plan stratégique 2026-2030 ».
Le forum est organisé autour du thème : « Régénération des terres et systèmes agroalimentaires climato-résilients au Sahel : inclusion des femmes et des jeunes pour une sécurité alimentaire, nutritionnelle et un accès durable aux marchés ».
Pour le directeur pays de SAA Mali, cette thématique traduit la nécessité de renforcer les liens entre agriculture et environnement afin de bâtir des systèmes de production plus résilients face aux effets du changement climatique.
« L’avenir de notre agriculture dépend désormais de notre capacité collective à protéger nos ressources naturelles, renforcer la résilience climatique et créer davantage d’opportunités pour nos jeunes et nos femmes », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le ministre de l’Agriculture, Ibrahima SAMAKE a expliqué que les interventions de SAA reposent sur « des systèmes de vulgarisation centrés sur les producteurs » et soutenus par « des approches intégrées, innovantes et participatives, combinant agriculture régénératrice, sensible à la nutrition et orientée vers le marché ».
Revenant sur le thème du forum, il a estimé que celui-ci est en phase avec les priorités nationales en matière de développement agricole.
« Malgré les initiatives entreprises et les résultats atteints, les systèmes de production, les systèmes agroalimentaires font face à des difficultés persistantes », a-t-il souligné, citant notamment les chocs climatiques fréquents, la dégradation des terres, l’ensablement des zones humides et les difficultés d’accès aux marchés.
Face à ces contraintes, le ministre a insisté sur la nécessité de promouvoir une agriculture résiliente, durable, productive et inclusive.
Par ailleurs, le ministre SAMAKE a également salué le lancement du nouveau Plan stratégique 2026-2030 de la SAA, précisant que sa vision s’inscrit pleinement dans les priorités nationales du Gouvernement du Mali, , en faisant référence à la vision « Mali kura nstaasira ka ben san 2063 ma » et à la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033 (SNEDD).
Selon lui, ces orientations traduisent une vision moderne de l’agriculture, où la productivité doit se conjuguer avec la durabilité environnementale, l’inclusion sociale et la création de valeur économique.
Face aux enjeux climatiques, il a réaffirmé l’importance accordée par son département à la restauration des terres dégradées et à la résilience climatique des exploitations familiales.
« Nous sommes convaincus que la santé des sols constitue le socle de la durabilité des systèmes agro-alimentaires », a-t-il déclaré.
Parmi les priorités évoquées figurent l’adoption des pratiques agroécologiques et régénératrices, la diffusion des innovations adaptées au contexte sahélien, le renforcement des systèmes de vulgarisation ainsi que l’utilisation des outils numériques pour améliorer l’accès aux connaissances agricoles et aux informations climatiques.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer les opportunités économiques en faveur des femmes et des jeunes.
« Le développement de chaînes de valeur inclusives, l’accès au financement agricole et la structuration des marchés demeurent des leviers essentiels pour améliorer durablement les revenus des producteurs », a-t-il conclu.
PAR SIKOU BAH