Le Mali a célébré ce mercredi 10 juin 2026 à Azalaï hôtel, la journée internationale de la gestion de l’hygiène menstruelle qui est habituellement commémorée à chaque 28 mai de l’année. Cette journée est l’occasion de briser les tabous et vaincre les précarités menstruelles.
La cérémonie était présidée par le Dr Abdoulaye GUINDO, Secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social. Elle a enregistré la présence de Marie CONSOLEE, représentante de l’UNFPA-Mali, du directeur de l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR), Dr Ben Moulaye Idriss HAIDARA, ainsi que de plusieurs représentants de la société civile.
Cette année le thème national retenu est « Ensemble pour la promotion de l’hygiène menstruelle en milieu scolaire et communautaire ».
Pour Marie CONSOLEE, ce thème rappelle l’urgence d’agir et met en lumière la responsabilité collective qui incombe de créer un environnement favorable permettant aux filles et aux femmes de gérer leurs menstrues dans la dignité, la sécurité et sans discrimination.
Pour le secrétaire général du ministère en charge de la santé, la gestion de l’hygiène menstruelle constitue un déterminant essentiel de la santé, de la dignité et de l’épanouissement des filles et des femmes.
Toutefois, sa bonne gestion est confrontée à des défis majeurs dans notre pays avec la persistance des tabous ; l’insuffisance d’accès à des produits hygiéniques adaptés et le déficit d’infrastructures sanitaires adéquates dans les milieux scolaires et communautaires.
Ces contraintes ont des répercussions directes sur la scolarisation des filles, leur participation sociale et leur autonomisation, a indiqué le représentant du ministère de la Santé. Selon l’EDSM-VI, « 10% des filles perdent leur scolarité à cause de la mauvaise gestion de l’hygiène menstruelle ».
Face à la situation, le gouvernement a inscrit la santé menstruelle comme une priorité dans ses politiques et stratégies. C’est pourquoi, poursuit le Secrétaire général, il met en œuvre plusieurs actions comme, le renforcement de l’éducation à la santé reproductive ; l’amélioration de l’accès aux services adaptés pour les adolescents et les jeunes et l’appui aux initiatives de distribution de kits d’hygiène menstruelle.
A l’occasion de cette journée, l’Office National de la Santé de Reproduction (ONASR) a distribué plus de 3 000 kits de Gestion Hygiène Menstruelle lavables dans les infirmeries des établissements scolaires et universitaires de la région de Koulikoro et 1 000 kits au profit des populations déplacées internes du District de Bamako.
« Ces actions contribuent à renforcer la dignité et la confiance des jeunes filles » a exprimé Dr GUINDO, avant d’exhorter les communautés à œuvrer pour la levée des tabous et des stigmatisations.
Dans la même veine, il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les hommes et les garçons, car, selon lui, la question de la menstruation est une responsabilité collective.
S’exprimant lors de cette journée, Fatoumataa SAMAKE, a recommandé le renforcement de l’éducation à la santé menstruelle dans des écoles, les centres de santé et espaces communautaires ; faciliter l’accès des adolescentes à des produits hygiène menstruelles sûr, de qualité et à un cout abordable etc.
PAR AMINA SISSOKO