Le professeur Clément Mamadou Dembélé, universitaire et président de la Plateforme de lutte contre la Corruption et le Chômage (PCC), était de nouveau au cœur de l’actualité judiciaire ce lundi 20 juillet 2026, à l’occasion d’une audience devant la Cour suprême du Mali. À l’issue des débats, la Haute juridiction a mis l’affaire en délibéré, la décision étant désormais attendue le 4 août 2026.
Le report du délibéré au 4 août 2026 ouvre une nouvelle période d’attente dans un dossier qui dure depuis près de trois ans. Pour la défense, la position reste inchangée. Elle s’appuie sur l’expertise technique qui a conclu à l’absence de charges suffisantes contre son client. Reste à savoir si la Cour suprême confirmera cette lecture dans deux semaines, ou si le feuilleton judiciaire connaîtra un nouveau rebondissement.
Quelques semaines plutôt, la Cour suprême avait déclaré le recours irrecevable pour vice de forme, avant de fixer l’audience fixée à lundi. Selon nos sources, la Cour suprême a examiné sur la contestation de l’ordonnance de non-lieu décidée en faveur de Clément DEMBELE par un juge d’instruction, dans une affaire qui remonte au 17 novembre 2023, date à laquelle il avait été arrêté puis placé sous mandat de dépôt.
M. DEMBELE est soupçonné d’avoir proféré des menaces de mort contre le président de transition, le général Assimi Goïta, dans un enregistrement qui avait circulé sur les réseaux sociaux. Dès mars 2024, une expertise technique avait pourtant révélé que la voix entendue dans l’enregistrement incriminé n’était pas celle de Clément DEMBELE. Le juge d’instruction du 1er cabinet du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité avait alors ordonné sa mise en liberté provisoire dès avril 2024, mais le parquet s’y est opposé et a fait appel, prolongeant la détention.
Après plusieurs mois d’instruction complémentaire, le même juge a finalement rendu, le 17 avril 2025, une ordonnance de non-lieu total, estimant que les charges retenues contre l’universitaire n’étaient pas suffisamment étayées pour justifier son renvoi devant une juridiction de jugement. Cette décision, qui aurait dû conduire à sa libération, n’a cependant pas été suivie d’effet : le ministère public a exercé des recours qui ont maintenu la procédure devant les juridictions supérieures. Par conséquent, Clément DEMBELE est resté incarcéré.
La défense de l’inculpé avait alors saisi la Cour suprême afin qu’elle confirme le non-lieu prononcé par le juge d’instruction. Mais, en mi-juin 2026, la chambre criminelle de la haute juridiction a jugé le pourvoi irrecevable, invoquant l’absence d’un reçu de 10 000 FCFA attestant le paiement lié au transfert du dossier vers la Cour suprême. Une pièce que les magistrats ont jugée indispensable à l’examen du dossier.
Le maintien en détention de Clément DEMBELE, en dépit d’une ordonnance de non-lieu, a suscité de vives réactions au niveau international. Des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies ont publiquement appelé en août 2025 “à sa libération immédiate et inconditionnelle”, exhortant les autorités maliennes à se conformer à la décision du juge d’instruction.
PAR SIKOU BAH