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dimanche 9 décembre 2018
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Achat des avions et formation des pilotes: le ministre Tiéma corrige Tiébilé Dramé

Le ministre de la Défense et des anciens combattants, Tiéna COULIBALY, était l’invité du porte-parole du Gouvernement, le vendredi 28 avril dernier, pour sa conférence de presse hebdomadaire. Occasion pour le ministre de la Défense d’apporter des réponses aux propos de Tiébilé DRAME qui, lors d’une conférence de presse, a accusé le Gouvernement de détournement et de délinquance financière dans la gestion des affaires publiques, notamment en ce qui est de la réparation des avions militaires et de la formation des pilotes.

A l’entame de ses propos, le conférencier a donné des explications sur les avantages accordés aux ayants droit des militaires tombés sur le champ d’honneur, conformément à une loi promulguée en août 2016. Il a rappelé que le Président de la République a initié cette Loi pour que si un militaire trouve la mort sur le champ d’honneur, l’Etat accorde à ses ayants droit certains avantages. Le ministre a fait savoir que conformément à ladite loi, le militaire décédé au front bénéficie d’un avancement de grade, c’est-à-dire passe à l’échelon le plus élevé du grade supérieur. Ainsi, dit-il, l’État paye à sa famille 10 ans de salaires sur la base du nouveau grade. « Cela, parce que le Président a estimé que lorsqu’un militaire meurt pour le Mali, il n’est pas normal que par la suite sa famille soit jetée en banlieue pour faute de moyens et que ses enfants ne puissent pas avoir un cursus scolaire normal parce que leurs mères ou tuteurs n’ont pas les moyens. Aussi, les enfants orphelins de militaires sont pris en charge sur le plan santé et scolaire », a rappelé le ministre Tiéna COULIBALY.
Le ministre de la Défense et des anciens combattants a affirmé avoir lu dans la presse les messages de deux dames qui ont fait un enregistrement vidéo dans lequel elles soutiennent que leurs maris sont tombés au front et qu’elles n’ont rien obtenu jusqu’ici. Il a précisé que ce sont des dames dont les maris sont morts en 2015, alors que La loi a été promulguée le 18 août 2016. Raison pour laquelle Tiéna COULIBALY a expliqué que la loi en République du Mali, comme partout dans le monde, n’est pas rétroactive et est appliquée à partir de sa date de promulgation.
Tiéna COULIBALY a rassuré que depuis sa nomination comme ministre de la Défense et des anciens combattants, il s’évertue à écouter tout le monde en restant accessible au téléphone et prêt à accorder des audiences à tout citoyen qui le désire. Pour lui, cette volonté vise à faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès à lui pour que personne ne puisse utiliser les malheurs des gens comme fonds de commerce politique.
« Pourquoi ces dames sachant qu’elles peuvent rencontrer le ministre ou ses structures compétentes font un enregistrement vidéo pour diffuser sur les réseaux sociaux. Est-ce que ces dames connaissent les enjeux ou est-ce qu’elles sont utilisées ?», s’est interrogé le ministre COULIBALY.
Il a largement expliqué que les militaires décédés avant la promulgation de la loi ne sont pas éligibles pour les avantages de la loi en question. Mais, ajoute-t-il, leurs ayants droit bénéficient d’autres avantages tels que le capital-décès.
À propos des accusations de surfacturation pour l’achat des avions militaires et la formation des pilotes, le conférencier a expliqué qu’en 2016 notre pays a signé un contrat avec une société brésilienne pour l’achat de 6 avions de combat. Selon lui, le contrat précise l’échéancier selon lequel le Mali doit payer la somme convenue, la durée sur laquelle nos pilotes seront formés et la date de livraison de ces avions de chasse.
Le ministre COULIBALY a fait comprendre que malgré la volonté du Président de la République de faire adopter la Loi d’orientation et de programmation militaire et de donner les ressources nécessaires aux services de la Défense et de la sécurité, notre pays reste un des pays les plus pauvres du monde. Il a expliqué que l’échéancier convenu entre le Mali et la société brésilienne n’a pas pu être respecté pour faute de moyens.
C’est pourquoi, déclare-t-il : ‘’j’ai personnellement proposé aux autorités maliennes et aux partenaires brésiliens une révision du contrat pour ramener le nombre d’avions de 6 à 4. Une longue négociation faite à cet effet a abouti à l’ajustement du prix en conséquence. Le Mali a payé le prix de 4 avions et non pour 6, comme certains le font croire’’.
À propos de la surfacturation pour la formation des pilotes, le ministre de la Défense a expliqué que l’opposition ferait mieux de chercher à comprendre d’abord comment la formation des pilotes marche avant de dire s’il y a surfacturation ou pas. Selon lui, les aéronefs que notre pays achète sont de quatre types à savoir les avions de chasse, les avions de transport, les hélicoptères de combat et les hélicoptères utilitaires.
Aussi, il a fait comprendre que tous les pilotes du Mali ont d’abord une formation de base avant d’être envoyés pour être spécialisés sur un type d’avion précis. « Quand quelqu’un parle du coût d’une formation globale et dire que c’est trop cher, cela est vide de sens. Le montant de la formation varie d’un avion à un autre », a affirmé le ministre COULIBALY. Il a donné l’assurance que les ressources du pays sont utilisées de manière judicieuse et que notre pays dispose de plusieurs moyens pour vérifier les dépenses de l’État.
« Aussi, on dit que nous avons acheté des avions et qu’ils ne volent pas. Même si vous achetez un avion neuf, l’entretien est très coûteux, toutes les fois qu’un avion fait un certain nombre d’heures de vol, il y a certaines pièces qu’il faut obligatoirement changer. Chez nous du fait que le pays est à court de ressources, l’on a tendance à vouloir tricher un peu, mais l’aviation n’accepte pas cela. Cela arrive qu’un des avions soit cloué au sol pendant une semaine ou dix jours parce qu’il a indiqué le signal que l’une des pièces doit être changée. Mais de là à dire que nous avons acheté des avions qui sont tous cloués au sol, cela est complètement faux », a répondu Tiéna COULIABLY.
Par rapport aux allégations faisant croire que le Mali a réparé un avion à 5,200 milliards de FCFA, le ministre de la Défense et des anciens combattants a expliqué que les différents types d’aéronefs que notre pays possède sont 3 MI 24, de fabrication russe, achetés à l’état usager. « Sur ces aéronefs il y a des réparations à faire et le Mali a un contrat avec une société Biélorusse qui a réparé deux des hélicoptères sur place au Mali et le troisième est en réparation à l’usine en Géorgie et reviendra presque à l’état neuf d’ici à la fin de l’année. Ce n’est pas un seul avion réparé à 5,200 milliards, mais trois MI 24 dont le travail va au-delà de la simple réparation », a précisé le ministre.
Il a également affirmé que contrairement à ce qui a été dit, les avions du Mali sortent pour faire la reconnaissance et sont utilisés pour faire le combat où cela est possible. Pour preuve, le ministre COULIBALY a informé qu’il y a quelques jours l’un de nos hélicoptères de combat est intervenu dans la forêt de Tina dans la zone de Ténénkou et a neutralisé une trentaine de terroristes.
« Tous les jours, les avions sortent pour faire des reconnaissances ou faire des tirs, mais nous ne faisons pas de publicité. Les avions sont également utilisés pour transporter les militaires, les équipements militaires et les civils avec l’insécurité sur les routes qui mènent dans les régions du nord. Depuis le début de l’année 2018 plus de 6 000 personnes ont été transportées », a-t-il indiqué.

PAR MODIBO KONE




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