Le ministre des affaires religieuses, du culte et des coutumes, le Dr Mahamadou KONE, a présidé ce mardi 10 février 2026, l’ouverture de la réunion du cadre de concertation entre l’Etat et les représentants des confessions et les associations religieuses au CICB. L’objectif étant de partager avec ces acteurs les projets et préoccupations du moment et de recueillir leurs avis en vue d’aplanir les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du programme d’activités du département.

Ladite cérémonie s’est déroulée en présence de son homologue, le général de Corps d’armée Ismaël WAGUE, Ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale ; des représentants du Haut Conseil Islamique du Mali ; de l’Archevêque de Bamako ; du Délégué Général de l’AGEMPEM ; ainsi que des membres du corps diplomatique.
« Notre pays, comme beaucoup d’autres, fait face à des tentatives de détournement de la religion de sa vocation spirituelle à des fins idéologiques et parfois violentes », a déclaré le ministre KONE.
Il ressort de son propos que les discours de haine et l’extrémisme ne remettent pas seulement en cause la sécurité publique ; ils s’attaquent aux fondements même de notre cohésion nationale, à l’autorité de l’État et aux valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble qui constituent le socle de notre société.
Face à ces constats, l’État assume pleinement son rôle régalien de satisfaction de l’intérêt général en assurant la liberté de culte dans le respect des lois de la République. Cependant, a-t-il reconnu, ’’l’État ne peut ni et ne doit agir seul’’.
D« La concertation, lorsqu’elle est sincère et structurée, devient une force majeure. Elle permet d’éviter les incompréhensions, de prévenir les crises et de consolider la confiance entre le département et les communautés religieuses. Elle est, en définitive, un choix assumé en faveur de la stabilité, de l’unité nationale et du développement durable », a dit le Dr KONE.
Au terme des échanges, cette rencontre, selon ses initiateurs, doit déboucher sur des engagements clairs, des recommandations opérationnelles et une feuille de route partagée, à la hauteur des enjeux actuels.
« L’histoire jugera notre capacité à agir ensemble, avec lucidité et détermination, pour préserver la paix et l’avenir de notre nation », a-t-il conclu.
Prenant la parole, au nom du HCIM, l’imam Ousmane Soli TRAORE a insisté sur l’importance de la tenue de ce cadre de concertation pour le renforcement de la paix et de coexistence pacifique entre les confessions religieuses.
Selon lui, elle doit être une opportunité pour les participants d’évaluer la mise en œuvre des recommandations de la précédente rencontre.
Selon Mme Traoré Claire COULIBALY, membre de l’Association des femmes catholiques du Mali, l’Etat doit prendre l’exemple sur une structure créée par les autorités Burkinabè chargée de réguler des discours religieux.
Pour l’Abbé Abel KASSOGUE de l’Eglise catholique, cette rencontre témoigne de la volonté commune de renforcer le dialogue, la collaboration et la confiance entre l’Etat et les confessions religieuses dans un contexte national marqué par de nombreux défis, mais aussi une forte espérance de paix et de cohésion sociale.
« L’Eglise appelle à un usage responsable du discours religieux dans l’espace numérique », a-t-il lancé.
Pour ce faire, il appelle au renforcement de la formation des leaders religieux aux enjeux du numérique ; à promouvoir un discours apaisant et responsable ; à collaborer avec les autorités pour prévenir les dérives et protéger les jeunes particulièrement vulnérables dans l’espace digital.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

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