La crise qui secoue la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) vient de franchir un nouveau cap. Selon plusieurs sources, l’ensemble des membres restants du comité exécutif a présenté sa démission, ce dimanche 18 janvier 2026, mettant ainsi un terme à un bureau déjà fragilisé par les tensions internes, la contestation populaire et les contre-performances sportives.
Cette vague de démissions intervient dans un contexte délétère, marqué par l’élimination des Aigles du Mali lors de leur dernière campagne internationale. Lors de cette phase finale, les Aigles, bien qu’ils aient quitté la compétition aux quarts de finale, n’ont remporté aucune victoire.
Cette situation, présentée comme un échec sportif, a ravivé la colère d’une partie des supporters, des acteurs du sport roi au Mali (football), des anciens joueurs qui ne cessent de décrier la gouvernance actuelle de la FEMAFOOT.
Ainsi, dans la foulée de cette élimination, dans une pétition largement relayée sur les réseaux sociaux, ils étaient des milliers de Maliens (13 920 signatures NDLR à la date de ce dimanche 18 janvier 2026) à réclamer la démission du bureau fédéral. Elle a été lancée le 9 janvier 2025 sur la plateforme Mesopinions.com, à l’issue de la défaite contre les Lions de la Teranga.
Face à cette pression, le mardi 13 janvier, dix membres du comité exécutif avaient déjà rendu leur tablier sur un total de dix-neuf, ouvrant une crise ouverte au sommet de la fédération.
Ces démissions rendaient naturellement le fonctionnement du bureau fédéral presque impossible, sans compter que le président est dans l’incapacité de prendre une décision à cause de son incarcération.
Selon plusieurs sources, les derniers membres encore en fonction ont finalement décidé de « jeter l’éponge » ce dimanche, rendant ainsi inopérant l’organe exécutif de la FEMAFOOT.
Il s’agit précisément du président Mamoutou TOURE, de ses trois vice-présidents et de 5 autres membres du comité exécutif. Cette décision consacre la dissolution de fait du comité exécutif de la Fédération malienne de football.
La question de la mise en place d’un comité de normalisation ou d’un organe transitoire chargé de gérer les affaires courantes jusqu’à l’organisation de nouvelles élections est désormais posée avec insistance.
En attendant, selon des sources, c’est le secrétaire général, en principe, qui doit gérer les affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un organe pour suppléer le bureau exécutif avant la tenue d’une assemblée générale extraordinaire en vue de l’élection d’un nouveau bureau.
En la matière, le secrétaire général de la FEMAFOOT, d’après les textes, doit organiser l’Assemblée générale extraordinaire élective dans les 90 jours après que les démissions du bureau fédéral ont été constatées par le comité central d’éthique, comme affirmé par le président de la Ligue de football de Ségou, Moustaph MAÏGA.
Il convient de souligner que cette démission collective constitue une première dans l’histoire de la Fédération malienne de football.
Ainsi, cet épisode inédit marque l’ampleur de la méfiance et de la crise institutionnelle traversée par l’instance dirigeante du football malien. De même, il marque un tournant majeur dans sa gouvernance et le changement de cap pour un nouveau départ.
PAR SIKOU BAH