Alors que les flammes ravageaient dans la nuit du 15 février le marché de Médine, les quelques rares objets sauvés de l’incendie étaient convoités par des voleurs dans l’ombre. Plusieurs actes de vol ont été signalés par les victimes venues pour sauver ce qui pouvait encore l’être.

Alertés par les fumées épaisses et les détonations provoquées par l’explosion de certains produits, d’autres par appel téléphonique, des commerçants ont accouru en pleine nuit pour tenter de récupérer quelques marchandises.
Dans ce marché, très sollicité par les clients surtout en cette veille de ramadan, les pertes se chiffrent en milliards de francs CFA. Chaque sac, chaque carton, chaque appareil sauvé représentait un espoir de limiter les dégâts.
Au mépris du danger, certains ont pénétré dans des boutiques encore en flammes ou à peine épargnées par l’incendie.
« Nous n’avions pas le choix. Il fallait chercher à limiter le dégât. C’est pourquoi certains ont pris le risque de pénétrer dans des magasins presque en feu », nous confie un commerçant, dont le kiosque n’a pas été épargné par l’incendie.
Malgré ce risque, des voleurs s’affairaient dans l’ombre. Cette nuit, selon plusieurs témoignages, ces individus malintentionnés ont profité du chaos pour voler des biens.
« Avant que le feu ne prenne toute ma boutique, avec des amis, nous avons pu sauver quelques marchandises. Pendant cette opération, des rares objets que nous avions pu extraire des flammes ont été volés », affirme Mamadou SYLLA.
Pour le jeune commerçant, la confusion a bien profité aux voleurs qui, au mépris de l’humanisme, n’ont laissé aucune chance à des victimes de pouvoir se consoler avec quelques objets.
« J’ai été choqué par ces cas de vols. Ils montrent combien notre pays a du chemin à faire. C’est dans cette situation de détresse absolue que des individus profitent de nous pour nous voler au lieu de nous venir en secours », s’est indigné le jeune SYLLA.
Des motos stationnées aux abords du marché auraient disparu. Moussa SANOGO, dont les deux boutiques sont parties en fumée, a lui aussi perdu sa moto. Pris dans la panique et dans l’urgence de sécuriser ses marchandises, M. SANOGO a stationné sa moto au bord de la route. Malgré les mesures de sécurité, la moto a été amenée.
« Après avoir perdu autant d’argent, je suis également privé de mon moyen de déplacement. Plusieurs victimes se retrouvent malheureusement dans ma situation », a-t-il affirmé, rappelant que le désordre et la panique sont toujours des opportunités pour des individus mal intentionnés de faire davantage mal.
L’opportuniste criminel a montré son visage lors de ce sinistre, en rendant double la douleur des victimes.
En plus de perdre leur commerce dans l’incendie, ils ont perdu des objets sauvés in extremis ou d’autres biens de valeur.

PAR SIKOU BAH

 

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