Le ministre de l’Élevage et de la pêche, Youba BA, a présidé, ce jeudi 29 janvier, la 8ᵉ session ordinaire du Comité de pilotage du Projet de Développement Durable des Exploitations Pastorales au Sahel–Mali (PDDEPS-Mali). Occasion pour le ministre d’appeler les acteurs à doubler d’efforts cette année, en vue de compléter les retards accusés en 2025 à cause de la suspension des décaissements.
La cérémonie s’est déroulée en présence du coordinateur du projet, Mamadou TRAORÉ, ainsi que de nombreux responsables et acteurs du sous-secteur de l’élevage qui ont le mandat d’examiner les documents relatifs à l’état d’exécution des activités au titre de l’année 2025, le programme de travail et le budget annuel de l’année 2026, qui se chiffre à 7,001 milliards de FCFA.
Le PDDEPS-Mali qui bénéficie du financement de la Banque Islamique de Développement (BID) et de l’État malien, s’inscrit dans un programme sous-régional couvrant le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso. Il a été lancé en 2018, avec un financement mixte de 19,054 milliards de F CFA, complété par une contribution de l’État malien de 1,728 milliard de F CFA.
Après les mots de bienvenue du coordinateur, le ministre Youba BA, saluant la contribution de la BID pour la mise en œuvre de ce projet, a indiqué que l’initiative est alignée sur la vision des autorités de la Transition.
Celle-ci, a précisé le ministre de l’Elevage, conssiste à « faire du sous-secteur de l’élevage au Mali un des leviers importants du développement socio-économique du pays. »
Pour autant, ce sous-secteur pratiqué par au moins 80 % de la population rurale et constituant la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population est confronté à de fortes contraintes.
Parmi lesquelles, l’insuffisance de moyens et de capacités pour faire face aux effets néfastes du changement climatique, l’insuffisance des points d’eau, l’obstruction des corridors de passage d’animaux, la persistance des maladies infectieuses transfrontalières.
Face à ces défis, le ministre a rappelé que le PDDEPS-Mali constitue l’un des instruments majeurs de la politique gouvernementale en faveur de l’élevage.
Arrivé presque à terme, le projet a pour objectif de contribuer à l’amélioration des productions animales et à l’augmentation des revenus des pasteurs et des agro-pasteurs, devant se traduire par une réduction de l’insécurité alimentaire dans la région du Sahel.
En effet, au terme du projet, il est attendu l’augmentation de la consommation de lait par habitant, l’augmentation de la contribution du secteur bétail-viande aux budgets des ménages, la réduction des conflits entre pasteurs et agriculteurs pour l’exploitation des ressources pastorales ainsi qu’à la réduction de la distance moyenne entre les points d’eau sur les couloirs de transhumance ciblées.
Cependant, des retards sont constatés dans l’exécution des travaux, a relevé le ministre l’Elevage, expliquant que cette situation était due à la suspension des décaissements en 2025. Par conséquent, a signalé le ministre BA, la réalisation d’un nombre important d’infrastructures n’a pas pu être opérée.
« La prévision budgétaire de l’année 2025 était de 5 467 447 619 F CFA contre 614 746 546 F CFA décaissés, soit un taux d’exécution financière de 11 %. Le taux d’exécution physique a été de 4%, ceci dénote déjà du volume de travail attendu par les acteurs de mise en œuvre du projet », a-t-il alerté.
Ainsi, 2026 sera celle où tous les travaux en cours ou non encore démarrés devront résolument être achevés, notamment les travaux de la piste rurale Sikasso-Danderesso, longue de 33 kilomètres ; la réalisation de 1133 kilomètres de corridors pastoraux ; la réalisation de 55 points d’eau, la délimitation de 200 kilomètres de pare-feu, la réalisation de 04 gîtes d’étape.
PAR SIKOU BAH