La reprise des travaux de construction de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nonsombougou, annoncée récemment par les autorités nationales, n’est toujours pas effective. Selon plusieurs sources concordantes, le principal obstacle demeure la question de la libération des emprises nécessaires à l’exécution du projet avec le refus catégorique de certains propriétaires de maison de signer les procès-verbaux d’indemnisation.
Après plusieurs années d’interruption, les autorités de la Transition ont engagé des démarches en vue de relancer ce chantier de ladite route, considérée comme stratégique pour la mobilité dans la périphérie de Bamako et ses environs. D’après des sources proches du ministère des Transports et des Infrastructures, “tout est prêt pour la reprise des travaux de cette route internationale”.
Cette affirmation corroborée par une correspondance de la direction générale des Routes, sur instruction du ministère chargé des Transports et des Infrastructures, en date du mardi 2 juin 2026, a été adressée à la SOMAPEP.
Cependant, le redémarrage de ce chantier est conditionné à la libération des emprises. Il s’agit notamment des maisons qui sont désormais situées sur le lit de la route.
Selon une source, la route doit être réalisée sur une emprise d’environ 30 mètres, dont l’occupation actuelle par des habitations et d’autres constructions constitue une contrainte majeure pour l’entreprise chargée des travaux. Sans la libération de cette dimension, la reprise sera totalement bloquée, a-t-elle ajouté. Ainsi, elle portera un coup à ce projet de développement.
Pour autant, pendant des années, des habitants des quartiers concernés par les travaux ne cessaient d’interpeller les autorités pour la reprise du chantier. Parce qu’en plus de faciliter la mobilité, tout en reliant les localités, le démarrage des travaux réduirait le cas de nombreuses maladies respiratoires et des accidents fréquents de route.
Des sources indiquent que plusieurs procès-verbaux d’indemnisation relatifs à la libération des emprises doivent encore être retirés ou signés par les propriétaires concernés. Selon ces mêmes sources, 390 procès-verbaux ont été établis dans le cadre de l’opération.
Parmi eux, 32 ont déjà été retirés par leurs bénéficiaires. En revanche, 171 propriétaires ne se seraient pas encore présentés pour récupérer ou signer leurs documents. Au total, près de 201 dossiers demeurent ainsi en attente de traitement, ce qui constitue le grand blocage du démarrage des travaux de ce projet routier important.
Face à cette situation, les autorités de la Transition avaient invité les familles riveraines à la table de dialogue afin que les travaux de ce tronçon puissent connaître des avancées significatives. Dans cette démarche, l’on apprend auprès du ministre des Transports, l’implication du Guide spirituel Ançar-dine international, Ousmane Cherif Madani HAIDARA. Une approche qui, jusque-là, au moment où nous rédigeons cet article de presse, est restée vaine.
“Le refus de certains occupants se justifie par la surenchère. Ils veulent profiter de cette opération pour réclamer plus à l’État”, accuse un habitant de Banconi qui n’a pas manqué de relever l’importance et l’intérêt de cette route.
Les autorités locales et les acteurs communautaires sont également appelés à poursuivre les efforts de dialogue afin de favoriser la libération des emprises et permettre la reprise effective des travaux dans les meilleurs délais.
Pour rappel, la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nonsombougou s’étend sur environ 56 kilomètres. Son lancement officiel est intervenu le 3 mai 2017 à Samakébougou, dans la commune de Dialakorodji. Le délai d’exécution initial du projet avait été fixé à quinze mois hors saison.
PAR SABA BALLO