Comme le veut la tradition des médias de référence, Info-Matin s’est livré à l’exercice exigeant du Best of the Best, non pour distribuer des lauriers de complaisance, mais pour identifier, analyser et hié-rarchiser les figures qui ont réellement pesé sur le cours de l’année 2025. Une année hors normes, rude, parfois brutale, où la visibilité médiatique ne suffisait plus à faire l’impact réel. Dans un con-texte de guerre multidimensionnelle, de tensions sociales, de pénuries et de recompositions poli-tiques, seules les personnalités capables d’influer concrètement sur la trajectoire nationale ont été retenues par notre rédaction.
Les figures qui émergent de ce classement ne relèvent pas d’un même registre. Elles ne partagent ni les mêmes fonctions, ni les mêmes convictions, ni les mêmes méthodes. Mais elles ont un point commun : elles ont agi, souvent sous pression, parfois dans la controverse, toujours sous le regard d’une opinion publique exigeante. Qu’elles soient issues des sphères politique, institutionnelles, mili-taire, syndicale, économique, culturelle, religieuse, médiatique ou sportive, ces personnalités ont incarné, chacune à leur manière, les tensions, les espoirs et les contradictions du Mali de 2025.
Certaines ont marqué l’année par la décision : choix sécuritaires assumés, prises de position diplo-matiques fermes, arbitrages économiques difficiles. D’autres par la résistance : maintien du lien so-cial dans les zones sous pression, défense des travailleurs, protection des communautés vulné-rables, préservation de la parole libre. D’autres encore par la symbolique : capacité à fédérer, à apai-ser, à porter une mémoire collective dans une période de doutes et de fractures.
Ce classement ne prétend ni à l’unanimité ni à l’infaillibilité. Il assume une lecture éditoriale, fondée sur les faits, les impacts mesurables et la résonance nationale des actes posés. Il distingue sans idolâtrer, critique sans disqualifier, reconnaît sans exonérer. Être cité dans ce Best of the Best n’est ni une absolution ni un blanc-seing : c’est la reconnaissance d’un rôle joué dans une séquence histo-rique dense, où chaque décision comptait.
À travers ces profils, se dessine le visage d’un pays en tension, mais vivant ; éprouvé, mais produc-teur de leadership ; fragilisé, mais encore capable de faire émerger des femmes et des hommes qui assument leur part de responsabilité dans l’histoire en marche. Info-Matin propose ici non un pan-théon figé, mais une photographie critique de celles et ceux qui ont marqué 2025 pour le meilleur, parfois pour le débat, toujours pour l’histoire.
En 2025, alors que notre pays traverse une année marquée par des défis sécuritaires, politiques, sociaux et économiques, un mot a surgi avec une résonance particulière dans tous les discours publics et privés : « résilience ». Adopté par les autorités, repris par les acteurs de la société civile, et employé par les citoyens dans leurs conversations quotidiennes, ce terme symbolise à la fois l’endurance et l’espoir de notre peuple confronté à l’adversité. Il incarne le fil rouge qui relie les Maliens entre eux et à leur destin national, soulignant notre capacité collective à nous relever malgré les crises répétées.
Un terme omniprésent
Dès janvier 2025, le président de la transition, le Général Assimi Goïta, a placé la résilience au cœur de ses allocutions officielles. Dans son discours du Nouvel An, il soulignait : « Notre force réside dans notre capacité à nous relever, à protéger nos familles, nos communautés, et à reconstruire notre pays malgré les défis. » Les ministres ont repris le mot dans leurs interventions : la ministre de la Promotion de la Femme et de l’Enfant, Djénéba Sanogo, l’a utilisé pour évoquer l’autonomisation des femmes ; le ministre de la Sécurité l’a mobilisé pour parler des FAMa face aux groupes armés ; et le ministre de l’Économie et des Finances l’a cité dans le cadre de la relance des projets économiques. Dans toutes les instances officielles, la « résilience » a été présentée non seulement comme une vertu individuelle, mais surtout comme un impératif collectif.
L’année 2025 a été jalonnée d’épreuves : attaques terroristes, pressions économiques, blocages dans l’accès aux marchés, contestations politiques, instabilité régionale. Chaque défi a été accueilli dans le langage public par l’appel à la résilience.
Sécurité : face aux attaques qui ont frappé durement les communautés urbaines et rurales, mais le discours officiel a mis en avant la résilience des populations locales et des FAMa, illustrant la capacité des Maliens à continuer leurs activités quotidiennes malgré le danger.
Économie : la hausse du coût de la vie et les perturbations logistiques ont conduit à mobiliser le terme dans des forums économiques et dans les médias : « Nous devons être résilients face aux chocs et reconstruire nos chaînes de valeur locales ».
Société et culture : dans les festivals culturels et les initiatives locales, « résilience » est devenu un leitmotiv, décrivant la capacité des communautés à préserver leurs traditions et leur cohésion malgré l’adversité.
En conséquence, le mot dépasse sa simple définition pour devenir un marqueur identitaire du Mali contemporain.
Une résonance nationale
Si la résilience a marqué les sphères institutionnelles, elle s’est également imposée dans la parole privée. Dans les marchés des grandes villes, les échanges entre commerçants, agriculteurs et jeunes ont été ponctués de cette référence à la force d’endurance : « Il faut être résilient pour nourrir nos familles et continuer nos activités ». Les réseaux sociaux, quant à eux, ont transformé le mot en hashtag, relayant témoignages, images de solidarité, initiatives locales et messages d’espoir. Ainsi, « résilience » est devenu le langage commun qui traverse les générations et les milieux sociaux, reliant la parole institutionnelle à celle du citoyen ordinaire.
Le choix de ce mot comme emblème de l’année ne relève donc pas du hasard. La résilience, dans notre contexte, recouvre trois dimensions essentielles :
La dimension sociale : capacité de nos communautés à rester soudées malgré les attaques et les déplacements forcés.
La dimension économique : maintien et relance des activités malgré les perturbations et les crises structurelles.
La dimension morale et identitaire : persistance d’une identité nationale et culturelle face aux menaces, préservant l’espoir et la dignité.
En 2025, chaque action gouvernementale, chaque initiative associative ou communautaire pouvait être lue à travers ce prisme de résilience, donnant au terme une valeur stratégique autant que symbolique.
Si l’on considère le vocabulaire employé en 2025 (sécurité, paix, développement, stabilité) aucun terme n’a eu la même omniprésence et la même capacité à relier toutes les dimensions de la vie nationale. La résilience : a agi comme catalyseur en incitant à l’action collective, la persévérance, le dépassement des obstacles ; a fédéré les Maliens au-delà des clivages régionaux, sociaux et ethniques, le mot exprime un idéal partagé ; a donné un cadre symbolique en permettant d’interpréter les événements et de trouver un sens dans les épreuves.
L’âme d’un Mali debout
2025 a été l’année où notre pays a dû conjurer l’adversité à tous les niveaux : sécuritaire, économique, social, politique. Et « résilience » a incarné cette attitude, devenue un mantra national. Plus qu’un simple mot, c’est une stratégie de survie, un idéal moral et une déclaration de foi dans l’avenir du pays.
À l’heure du bilan, le mot qui a le plus marqué l’année 2025 au Mali n’est pas celui d’un événement ponctuel ni d’un succès isolé : c’est « résilience », le terme qui relie les discours publics, les actions concrètes et la parole populaire. Il exprime à la fois le défi et l’espoir, la souffrance et la force, la fragilité et l’endurance.
En choisissant de faire de la résilience un concept central, notre pays s’est doté d’un outil intellectuel et symbolique pour affronter l’avenir. Et cette année 2026, le message est clair : malgré les tempêtes, le Mali restera debout, solidaire et prêt à se reconstruire… dans la résilience.
La Rédaction