La Haute Autorité de la Communication (HAC) a tenu, avant-hier mercredi 28 janvier 2026, une conférence de presse à son siège de l’ACI 2000 afin de clarifier sa position sur la régularisation des web médias au Mali et sur les projets de textes relatifs à l’encadrement des réseaux sociaux. La rencontre était animée par le président de la HAC, Gaoussou COULIBALY, en présence des membres du Collège.
Cette sortie médiatique fait suite à une réunion organisée le 22 janvier 2026 entre la HAC, l’Association des Professionnels de la presse en ligne (APPEL-Mali) et des promoteurs de web médias.
Les échanges portaient sur les modalités de régularisation juridique des web TV et web radios, conformément aux arrêtés interministériels n°4473 et 4474 du 31 décembre 2024, ainsi qu’au projet de convention type des web médias.
Selon le président de la HAC, si la rencontre s’est déroulée dans un climat convivial et constructif, plusieurs commentaires diffusés par des acteurs n’y ayant pas participé ont contribué à entretenir la confusion et la désinformation. D’où la nécessité, pour l’organe de régulation d’apporter des précisions.
C’est ainsi que le président Gaoussou COULIBALY a rappelé que le paysage médiatique malien connaît une profonde mutation, marquée par l’essor du numérique et la multiplication des médias en ligne. Une évolution qui constitue une opportunité pour le pluralisme et l’accès à l’information, mais soulève également des défis liés au professionnalisme, à la responsabilité éditoriale et à la protection des citoyens.
« La régularisation envisagée vise ainsi à mettre les web médias sur le même pied que les médias traditionnels, à travers la signature d’une convention avec la HAC.
Cette démarche n’a pas pour objectif de restreindre la liberté d’expression, mais de garantir qu’elle s’exerce dans le respect des lois, de l’éthique et de la déontologie journalistique », a sensibilisé le président de la HAC.
Il a informé qu’un projet de décret sur la presse en ligne est également en cours d’élaboration afin de mieux prendre en compte ces nouveaux acteurs qui contribuent à l’information, à l’éducation et au divertissement des populations.
L’un des points ayant suscité le plus de réactions concerne une supposée taxation des pages de réseaux sociaux comptant plus de 15 000 abonnés.
Sur ce point, la HAC se veut catégorique : aucune somme n’est prévue, et il n’a jamais été question de faire payer les utilisateurs des réseaux sociaux, encore moins d’exiger quatre millions de francs CFA.
M. COULIBALY a précisé que les textes en préparation, actuellement à l’étude au niveau gouvernemental, visent uniquement la régulation des contenus diffusés par les pages à forte audience, afin de lutter contre la désinformation, les discours de haine, les atteintes à la dignité humaine et les incitations à la violence ou aux troubles à l’ordre public informationnel.
Enfin, la HAC a tenu à préciser que ses compétences se limitent à des sanctions administratives et que les sanctions pénales relèvent exclusivement de l’autorité judiciaire.
« Il n’est donc nullement question d’emprisonnement des usagers des réseaux sociaux dans le cadre de ces projets », a insisté Gaoussou COULIBALY.
À travers cette démarche, la Haute Autorité de la Communication affirme vouloir instaurer un cadre équilibré, conciliant liberté d’expression, responsabilité des acteurs du numérique et protection de la paix sociale.
PAR MODIBO KONE