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samedi 23 octobre 2021
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Affaire Birama Touré: le Général Diawara blanchi par la contre-enquête

Point de syncrétisme dans ce pays de toutes les passions religieuses ! Mais faisons un léger détour dans la religion des faits tel que prophétisée par le journal dit d’investigation et son Directeur de publication Adama DRAME. Revoyons donc les faits, rien que les faits et seulement les faits avec ‘’Le Sphinx’’ N°579 du 5 au 11 février 2016 (article publié en page 2, intitulé «notre confrère et collaborateur Birama TOURE a disparu depuis une semaine » produit ci-dessous). Mais dans leur entièreté et sans aucune manipulation.
La question qui se pose aujourd’hui est: les principaux accusateurs du Général DIAWARA, en tout cas ceux dont les accusations lui valent la prison, à savoir le journal ‘’Le Sphinx’’ et son Directeur de publication ont-ils dit la vérité, rien que la vérité, toujours la vérité ?

Une lecture froide de l’article oblige à faire preuve de beaucoup de circonspection, de délicatesse et de discernement. « Haké Magni », comme le disent les Bambaras.
Voici les faits tels que présentés : le journaliste d’investigation Birama TOURE qui enquêtait sur les frasques du fils aîné du Président IBK, l’honorable Karim KEITA, a été enlevé incognito et conduit dans les locaux de la redoutable Sécurité d’État dirigée à l’époque par le Général Moussa DIAWARA où il a depuis disparu. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre Karim KEITA qui a ordonné le crime, et Moussa DIAWARA l’exécuteur des basses besognes du fils du Président IBK a été arrêté et emprisonné pour cette exécution sommaire.
Pour peu qu’on connaisse les techniques de manipulation des masses, la vérité telle que présentée et brandie par ‘’Le Sphinx’’ et son Directeur (qui ont malheureusement réussi à embobiner de sérieuses organisations de défense des Droits de l’Homme) est loin d’être intelligible et satisfaisante pour la sincérité.
En effet, quand on sort de la juxtaposition des faits aux fins de manipulation, le gouffre est abyssal. Les preuves :

1. Cinq ans durant, ‘’Le Sphinx’’ et son directeur, réfugié de manière commode en France, la presse nationale et internationale, ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme ont présenté Birama TOURE comme un journaliste appartenant à l’équipe d’investigation de ‘’Le Sphinx’’. ‘’Diaa’’, comme le disent les Bambaras, c’est faux.
Dans l’article sus-référencé «notre confrère et collaborateur Birama TOURE a disparu depuis une semaine ».
‘’Le Sphinx’’ N°579 du 5 au 11 février 2016, page 2), cette «vérité» est battue en brèche :
‘’Journaliste dans notre rédaction où il a servi pendant plusieurs années, Birama Touré avait rendu sa démission le 16 janvier dernier. Pour convenance personnelle, disait-il. Ensuite, il avait demandé pardon à tout le monde avant de se retirer. Malgré notre insistance, il n’a pas voulu nous exprimer le pourquoi de cette décision’’.
Donc, dire que Birama est journaliste de ‘’Le Sphinx’’ est faux, grossier et honteux. Une affirmation faite uniquement à des fins de récupération médiatique et de trafic d’influence. Normal, puisque cela a permis à Adama DRAME de se faire un nom et d’avoir un statut de réfugié (persécuté pour ses opinions, enfin pour son travail de journaliste d’investigation qui dérange… !)

2. Présenter Birama TOURE comme un journaliste d’investigation hargneux et teigneux qui avait des dossiers accablants sur Karim KEITA au point que ce dernier ait été obligé d’instruire à la Sécurité d’État sa liquidation est une version romanesque qui est loin des faits et de la vérité tel que ‘’Le Sphinx’’ le préconise dans son premier article sur la disparition de Birama TOURE.
À son sujet voici ce que le journal dit d’investigation qui l’a employé a écrit les tout premiers jours de sa disparition : ‘’seulement, avec les reportages qu’il faisait sur l’événementiel, Birama Touré ne pouvait constituer une menace pour quiconque. En effet, il ne faisait ni enquête ni analyse. Que des reportages ! Bruno, comme on l’appelle affectueusement n’est pas capable de faire du mal à une mouche’’.

3. Sur les circonstances de la disparition du journaliste, la version donnée par l’ex-employeur n’est pas digne d’éloges.

3-1. En effet, pourquoi ‘’Le Sphinx’’ a fait de la manipulation en faisant passer son ex-collaborateur qui avait rendu sa démission le 16 janvier comme un journaliste toujours en activité en créant la confusion dans le titre de l’article : ‘’notre confrère et collaborateur Birama TOURE a disparu depuis une semaine ?’’ Parce que la «vérité » telle que la veut ‘’Le Sphinx’’ et son Directeur le réfugié en France Adama DRAME est qu’à la date du 5 février Birama TOURE n’était plus journaliste au sein de sa rédaction. Pourquoi cette confusion volontaire placardée à la première page de son journal ?

3-2. Il faudrait peut-être chercher la réponse dans les explications difficiles avancées par le journal sur les raisons inexpliquées du départ de Birama TOURE du journal ‘’Le Sphinx’’. Contrairement à ce qu’avance le journal (à savoir que Birama TOURE s’était retiré du journal ‘’pour convenance personnelle’’, qu’il avait demandé pardon à tout le monde avant de se retirer’’) court le bruit non encore démenti que Birama TOURE est parti parce que son employeur lui devait plusieurs mois de salaires impayés et qu’il avait même convoqué son patron à la Police pour pouvoir être payé en prélude à son mariage.

3-3. Donc l’affirmation du Journal selon laquelle Birama TOURE ‘’venait de bénéficier d’un appui financier du Directeur de publication dans le cadre de la préparation de son mariage prévu pour le 14 février prochain’’ ne résiste pas à l’analyse de la vérité des faits tel que ‘’Le Sphinx’’ voudrait. En effet, avant de donner un appui, il faut lui payer d’abord son dû : son salaire. On s’étonne que le journal s’écarte des règles de pudeur pour étaler sur la place publique la générosité de son Directeur envers un de ses ex-employés qu’on ne crie pas traditionnellement chez nous.

4. Comment comprendre que le journal ‘’Le Sphinx’’ ait cherché à se démarquer de Birama TOURE en prenant ses distances et en tentant même de le jeter en pâture ? En tout cas, il y a plein d’insinuations dans ce passage de l’article du N° 579 du 5 au 11 février 2016 : ‘’depuis plusieurs mois, nous n’avions plus le même Birama Touré dans notre rédaction tant il était absent de nos locaux et souvent, lorsqu’il venait il semblait trop pressé. Je prépare mon mariage, disait-il tout le temps comme s’il était hanté par cette épreuve. Alors que nous pensions qu’une femme, c’est ce qu’il lui manquait et pourrait changer sa vie positivement’’.

Ces écarts avec les faits comme le veut ‘’Le Sphinx’’ lui-même, sinon la manipulation à ciel ouvert dans cet article mettent fortement en doute « la vérité » des accusateurs. En tout cas, l’article prouve que Birama TOURE n’était pas journaliste au journal ‘’Le Sphinx’’, qu’il n’était pas un journaliste chargé d’enquête à plus forte raison d’avoir quelque chose contre Karim KEITA. Donc, si Birama TOURE n’était chargé que des ‘’reportages sur l’événementiel’’ (qu’il) ‘’ne pouvait constituer une menace pour quiconque’’, alors ni Karim KEITA ni Moussa DIAWARA ne peuvent être concernés par la disparition de ce journaliste dont le mystère doit forcément être éclairci. En tout cas, l’article, disons la contre-enquête, disons l’article blanchi totalement le Général Moussa DIAWARA.

Voici ci-dessous l’article en question que nous vous conseillons de lire.
«NOTRE CONFRÈRE ET COLLABORATEUR BIRAMA TOURÉ A DISPARU DEPUIS UNE SEMAINE »
Journaliste dans notre rédaction où il a servi pendant plusieurs années, Birama Touré avait rendu sa démission le 16 janvier dernier. Pour convenance personnelle, disait-il. Ensuite, il avait demandé pardon à tout le monde avant de se retirer. Malgré notre insistance, il n’a pas voulu nous exprimer le pourquoi de cette décision, alors qu’il venait de bénéficier d’un appui financier du directeur de publication dans le cadre de la préparation de son mariage prévu pour le 14 février prochain.
C’est le jeudi 28 janvier dernier qu’il est revenu à la rédaction pour demander à voir le directeur de publication qui était en voyage hors du Mali. Hésitant un moment, il est sorti sans mot dire. C’est depuis ce jour que la rédaction du journal Le Sphinx l’a perdu de vue en attendant de le rencontrer avant son mariage.
C’est en début de semaine que nous avons appris, par sa famille, sa disparition depuis vendredi dernier dans la soirée. Toutes les recherches entreprises, dans les morgues, dans les commissariats de police et dans d’autres endroits ont été vaines. A vrai dire, depuis plusieurs mois, nous n’avions plus le même Birama Touré dans notre rédaction tant il était absent de nos locaux et souvent, lorsqu’il venait il semblait trop pressé. Je prépare mon mariage, disait-il tout le temps comme s’il était hanté par cette épreuve. Alors que nous pensions qu’une femme, c’est ce qu’il lui manquait et pourrait changer sa vie positivement.
Depuis lors, les gens ne cessent de nous appeler pour s’inquiéter pensant que la disparition de Birama Touré a un quelconque lien avec le journal, parce que nous n’avons pas que des amis. Et ils nous demandent d’être vigilants, au besoin même de prendre des dispositions.
Mais qu’ils se rassurent. Nous avons traversé une période plus dure, notamment celle où nous vivions sous la menace permanente de la junte de Sanogo dont les éléments incontrôlés faisaient des descentes punitives dans les rédactions ou enlevaient des journalistes pour les tabasser et les laissaient pour morts. Des dispositions, nous en prenons tous les jours, mais les rendre publiques leur ôteraient toute efficacité. Seulement, avec les reportages qu’il faisait sur l’événementiel, Birama Touré ne pouvait constituer une menace pour quiconque. En effet, il ne faisait ni enquête ni analyse. Que des reportages ! Bruno, comme on l’appelle affectueusement n’est pas capable de faire du mal à une mouche.
Nous sommes heureux d’avoir la preuve qu’il y a des hommes et des femmes qui veillent sur nous, ainsi que des organisations de droit de l’Homme, des institutions internationales, des ONG, des représentations diplomatiques – et pas des moindres- Beaucoup de lecteurs et de citoyens nous ont manifesté leur soutien et leur solidarité. Certains en ont d’ailleurs profité pour nous révéler des menaces et complots ourdis pour nous faire taire.
Nous remercions tout le monde et nous sommes conscients de la charge lourde qui pèse sur nos épaules et qui fondent les liens de confiance qui existent entre nous : dire la vérité rien que la vérité, toujours la vérité. Bref, nous avons un credo ; la religion des faits.
Nous prions Allah pour que Birama Touré nous reviennent sain et sauf. Amen !
Le Sphinx N°579 du 5 au 11 février 2016 (page 2)
AFFAIRE À SUIVRE
Source : Maliba Break news




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