Search
dimanche 28 février 2021
  • :
  • :

Affaire MALITEL-DA: le ministre de la jeunesse désamorce la bombe sociale

L’affaire a fait grand bruit. De la colère à la grogne sociale, tous les ingrédients étaient rassemblés pour une explosion sociale, orchestrée par des forces négatives qui ne s’avouent pas vaincues en dépit des énormes progrès réalisés et des succès unanimement salués.

Bien que convenue d’accord parties, la dernière opération de déguerpissement opérée par Mme la gouverneure du District, Ami Kane, a dû mal passer. Mal inspiré et imprudemment exécuté dans la nuit du 23 janvier dernier, pour ne pas dire nuitamment, le déguerpissement du « Malitel-da » a été douloureusement ressenti par les occupants. Le choix singulier du moment (la nuit vers 3 heures du matin) et l’impopularité de l’opération ont suscité l’émoi et la colère au sein de l’opinion. En effet, si dans sa globalité celle-ci adhère à l’opération pour les généreuses raisons avancées, elle ne partage pas la méthode souvent brutale et les dégâts collatéraux qui l’accompagnent, notamment pour le cas du « Malitel-da ».
C’est pourquoi plus que toutes les opérations précédentes, celle du 23 janvier dernier a entrainé de vives réprobations dans toutes les couches sociales et des condamnations légitimes. Le Mali étant un État de droit, l’autorité de l’État ne peut et ne doit s’affirmer dans la clandestinité, en tout cas en dehors de la légalité. On comprend dès lors pourquoi toutes les forces négatives en attente ont saisi l’opportunité de la faute, puisque c’est une opportunité, pour tenter de faire une jonction autour de la cause des 500 travailleurs du « Malitel-da ».
Après les éternels agitateurs contre le régime, ce sont des forces sociales audibles qui avaient commencé à manifester leur solidarité. Le mouvement de solidarité de la spontanéité était en passe de cristalliser toutes les autres frustrations sociales en vue d’un mouvement unitaire. Au vu de la bombe sociale larvée, et après plusieurs médiations qui n’ont pas porté fruit, le ministre de la Jeunesse et de la construction citoyenne, Amadou Koïta, a offert ses bons offices et proposé une solution de sortie de crise. Objectifs : anesthésier les velléités des forces qui convergeaient et montrer le souci et la bonne volonté de l’Etat, notamment en matière de préservation d’emploi et d’apaisement social.
C’est dans ce cadre que le ministre Koïta a démarché les responsables du « Malite-lda » en les proposant de les accueillir dans la cour du Carrefour des jeunes en attendant de trouver un site pour les caser définitivement. Après échanges et garanties données de part et d’autre, les responsables du « Malitel-da » et le ministre de la Jeunesse sont parvenus, hier après-midi, à un accord accepté et signé. Les vendeurs disposants de kiosques et reconnus par le syndicat seront installés dans la Cour du Carrefour des Jeunes où ils pourront exercer leurs activités tranquillement pendant trois mois. Une solution saluée par les travailleurs qui ne seront pas très loin de leur site ancien connu, les clients ne seront pas très dépaysés et le gouvernement aura une épine de moins dans son pied.
Mme la gouverneure du District, estampillée « Ami Buldozer », « Ami casse-tout », « Démolition-Woman » ou « la Déesse du mal » peut en tout cas dire un grand merci au ministre de la Jeunesse qui vient par cette initiative salutaire non seulement réparer une monumentale erreur de casting, mais aussi désamorcer une bombe sociale qui pouvait prospérer. Un ouf de soulagement pour tout le monde. Pourvu que la prochaine fois, il y ait plus de concertations et plus d’implications de tous les acteurs et qu’on mesure judicieusement la portée sociale des opérations avant de mettre le feu à la légère.

Par Sikou BAH




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *