Search
samedi 8 mai 2021
  • :
  • :

Africa MIA: la vie de ’’Maravillas de Mali’’ en image

Les maliens vont découvrir le film du célèbre et mystique groupe malien ‘’Maravillas de Mali’’, un orchestre de jeunes étudiants maliens qui a fait danser de la Havane à Bamako. Intitulé Africa MIA, ce film documentaire de 90 minutes tourné au Mali, au Niger, en Côte d’ivoire, au Cuba et en France retrace la vie de ces musiciens qui a fait la fierté de tout un continent aux lendemains de l’indépendance du Mali. L’annonce du lancement de la projection dudit film a été faite, hier mercredi, par le Maestro Boncana MAIGA, l’un des personnages de ce film. C’était à l’institut français à la faveur d’une conférence de presse.
Selon le conférencier, la grande première qui est prévue pour le mardi 6 avril sera assistée par les plus hautes autorités du Mali, à travers le Département de la Culture et de l’artisanat, dans la salle de spectacle de l’Institut Français.
« Nous reviendrons sur la projection le mercredi 07 avril au même lieu et le jeudi au Ciné ‘’Magic Babemba’’ de Bamako », a-t-il détaillé le programme.
Ce film qui va être découvert par les maliens épris de la musique afro-cubaine retrace la carrière de jeunes africains de la Havane à Bamako. Selon Boncana, quand ils partaient au Cuba en 1963, ils étaient les premiers étudiants du continent africain à fouler le sol du pays de Fidel Castro.
Pour en venir au film documentaire, il a salué les efforts et le courage du réalisateur français qui a fourni beaucoup d’effort en collectant les images de la Havane à Bamako.
En janvier 2000, le cinéaste français découvre à Bamako, la capitale du Mali, un musicien qui l’intrigue : Dramane Coulibaly. Il se rapproche de lui et bientôt le flûtiste lui fait découvrir les Maravillas de Mali, un groupe composé de dix jeunes Maliens, venus de tous les coins du pays et sélectionnés pour être formés à la musique à Cuba au milieu des années 60.
« Il a fait quinze ans, dont cinq à me convaincre. Avant Richard, j’ai vu beaucoup de cadreurs, caméramans, des gens qui voulaient raconter «mon histoire, ma vie». Après un montage vite fait, c’est à peine si le produit était diffusé à la télévision. Je me suis dit que je ne méritais pas ça et j’ai arrêté. Car j’avais travaillé et je travaillais à la télévision, j’aurais pu parler de moi-même tous les jours sur TV5, c’est la chaîne francophone la plus suivie au monde », a-t-il dit.
C’est avec persévérance que le réalisateur a pu le convaincre de se lancer dans cette aventure. « Pour me convaincre, il a dû prendre l’avion pour Cuba, allé chercher au studio Egrem (là où avait été enregistré le disque des Maravillas de Mali, NDLR) la bande, trouver la maison dans laquelle nous les Maliens nous dormions où il a filmé mon lit, les musiciens, la salle de répétition. Quand il est revenu et m’a montré ces images, je me suis dit que c’était différent parce que les autres n’avaient pas fait ça. J’en ai conclu que le projet de Richard était sérieux. J’ai donné mon accord et nous avons pris la direction de Cuba », a-t-il relaté les faits.
Selon lui, cette aventure lui a fait revivre sa vie pleine de pension. Il regrette que ses camarades du Mali soient tous morts au moment de la finition du film.
« J’ai retrouvé une seconde jeunesse, j’ai retrouvé tous les Maravillas de Cuba et ils étaient tous en vie. J’ai continué l’aventure avec ceux de Cuba et nous avons recruté les jeunes talents du conservatoire où j’avais fait également mes classes. Nous avons repris l’orchestre des Maravillas de Mali et, avec le film, c’est extraordinaire. C’est un rêve », a-t-il dit.
Il a promis que tous ses camarades du Mali bénéficieront leur part de droit d’auteur de ce film qui est un souvenir inégalable. « En voyant le film, vous n’allez pas retenir vos larmes. Car il contient des images des moments forts de notre jeunesse. Nous n’avions que 22 ans. Tout le groupe complet y figure. Nous avons pu aussi réunir les camarades du Mali qui étaient encore vivants…. C’est à la fois triste et heureux pour moi d’être là tout seul à parler des autres…. J’aurais être heureux si nous étions tous ici devant la presse à parler de ces belles aventures qui ont marqué notre vie de la Havane à Bamako », a-t-il dit.

PAR CHRISTELLE KONE




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *