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dimanche 28 février 2021
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Agriculture écologique et biologique: des paysans à l’école du REMATRAC-BIO

Dans la mouvance de ses activités, le Réseau malien des transformateurs de coton (REMATRAC Bio), pilier 3 du projet AEB-Mali (Agriculture écologique et biologique), chargé de la gestion de l’accès des producteurs aux marchés et développement des chaînes de valeur, a organisé, la semaine dernière, dans les locaux de la société coopérative des exploitants des parcelles aménagées du périmètre de Samanko, une rencontre d’appropriation de l’expérience des experts de la culture-bio.

Présidée par la représentante du REMATRAC-Bio, Mme MAIGA Diali Counda BASSE, la journée d’échanges a enregistré la présence d’Amadou K. COULIBALY, professeur d’enseignement supérieur à l’IPR/IFRA de Katibougou, spécialiste de la culture bio ; de Souprien DEMBELE de HELVAS (Coopérative Suisse pour la promotion de la culture biologique) ; d’une dizaine de paysans venus s’enquérir de l’expérience de la pratique de l’Agriculture écologique et biologique (AEB), un projet soutenu par les Chefs d’État africains, à travers l’Union africaine.
D’entrée de jeu, Mme MAIGA de REMATRAC-Bio a rappelé le contexte de ladite rencontre qui s’inscrivait dans le cadre des activités de son organisation, en charge du pilier 3 du projet de l’Agriculture écologique et biologique au Mali.
Aussi, a-t-elle noté qu’au Mali, la coordination du projet est confiée à l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) ; le pilier 1 à l’IER de Sikasso, chargé de la recherche agricole ; le pilier 2, confié à l’IPR/IFRA, chargé de l’information et de la communication.
Par ailleurs, soutient Mme MAIGA, l’objectif de cette rencontre était de partager avec ces paysans venus de Koulikoro, de certains villages du cercle de Kati et de Samanko sur la technique AEB qui s’est avérée aujourd’hui comme une meilleure alternative de protection de l’environnement et de préservation de la santé des consommateurs, car hostile à toute utilisation des engrais chimiques et autres pesticides nuisibles à la santé de l’homme et à l’environnement.
Quant à Souprien DEMBELE, il est revenu sur l’objectif de la rencontre, focalisée sur l’appropriation par les paysans, de la pratique de la culture Bio pour le bien-être des consommateurs et l’environnement.
Pour sa part, Amadou K COULIBALY a fait un rappel l’historique du projet AEB et son importance pour le bien-être humain et la protection de notre environnement.
En effet, soutient-il, les services publics de promotion agricole sont restés longtemps en marge de la promotion de l’agriculture biologique.
Aussi, a-t-il rappelé, ‘’vers les années 2010, l’Union africaine s’est fortement engagée à soutenir l’AEB compte tenu de son potentiel à répondre aux défis du changement climatique tout en contribuant à la sécurité alimentaire et à l’éradication de la pauvreté. Ainsi, en 2011, les Chefs d’État de l’UA ont pris une résolution en faveur de l’AEB. L’initiative vise à institutionnaliser les principes de l’AEB dans les politiques et programmes de développement agricole des pays d’ici 2025.
Actuellement, des projets pilotes de mise en œuvre de l’initiative AEB sont en cours dans huit pays, dont 4 en Afrique de l’Ouest (le Mali, le Bénin, le Sénégal et le Nigéria) et 4 en Afrique de l’Est (le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et l’Ethiopie.)
De l’avis des paysans, la rencontre a été une belle occasion pour ceux parmi eux avaient déjà une certaine expérience dans la pratique AEB, notamment Mme DIALLO Maimouna SAMAKE, de la coopérative des femmes de Kolèbougou, (Koulikoro-ville) ; Souprien DEMBELE, de HELVETAS ; Mamadou COULIBALY, Badian KONATE, tous deux de Kanabougou (cercle de Kati) ; Abdoulaye SACKO ou encore Alassane BERTHE, de Samanko, à partager leurs expériences avec les nouveaux apprenants de la culture AEB. Laquelle, faut-il le souligner, repose sur l’utilisation 100% des fumiers organiques. C’est-à-dire, les excréments d’animaux et non les engrais chimiques ou autres pesticides.
En ce qui concerne la technique de lutte contre les insectes prédateurs des plantes, le Dr Amadou K COULIBLAY a conseillé l’utilisation de plusieurs variétés de plantes sur la même parcelle maraîchère. Car chaque plante a une odeur particulière qui chasse une catégorie d’insectes, a expliqué le spécialiste.
«En utilisant plusieurs types de plantes sur une même parcelle, cela peut aider à protéger les plantes. Mais en tenant compte de la spécificité de chaque plante », a-t-il précisé aux paysans. Avant d’ajouter que certaines plantes demandent plus d’eaux que d’autres.
En tout cas, ont reconnu les paysans, la rencontre leur a été très bénéfice, parce qu’ils étaient nombreux à avoir quelques problèmes dans la pratique de la culture bio.
Aussi, ont-ils évoqué, les difficultés d’écoulement des produits bio qui demeure très lent sur le marché local, car plus cher que les produits de la culture conventionnelle. Ainsi, ils ont profité de l’occasion pour inviter les autorités nationales à appuyer l’initiative AEB en créant des centres de ventes bio pour le bien-être des populations.
À la fin de la journée d’échanges, les paysans ont vivement remercié les responsables du projet AEB pour l’initiative.
Mieux, ils ont été nombreux, les nouveaux apprenants de la technique AEB à s’engager de s’adonner entièrement à cette technique une fois de retour chez eux.
La rencontre a pris fin par la visite des parcelles maraîchères d’Abdoulaye SACKO qui utilise la technique AEB.
Notons qu’après Samanko, l’équipe a mis le cap sur Ségou où elle a visité le centre culturel NDomo, toujours dans le cadre des activités du projet AEB, notamment dans son aspect écologique (protection de l’environnement).

Par Sékou CAMARA




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