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dimanche 28 février 2021
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Agriculture écologique et biologique: l’IPR/IFRA ouvre ses portes à la presse

Dans le cadre de la vulgarisation du projet Agriculture écologique et biologique (AEB-Mali) le Pilier 2, chargé de la communication et de l’information, porté par l’IPR/IFRA (Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée de Katibougou) a organisé, la semaine dernière, une journée porte ouverte consacrée à la visite des parcelles agro-écologiques de Koulikoro.

Placée sous l’égide du représentant du gouverneur de la région de Koulikoro, Bènogo OUOLOGUEM, cette rencontre a enregistré la présence du représentant du directeur national de l’Agriculture, Amadou Cheick TRAORE ; du directeur régional de l’Agriculture de Koulikoro, Oumar TAMBOURA ; du point focal du projet AEB-Mali à l’IPR-IFRA, Pr. Amadou COULIBALY. On y notait également la présence de Seydou TANGARA, coordinateur de l’AOPP et de M. Issa COULIBALY, point focal de l’AOPP, coordinatrice du projet AEB-Mali.
La visite de terrain a concerné la parcelle de démonstration agro-écologique du muret de Souleymane COULIBALY à Kayo ; les parcelles de légumes Bio de l’association Djiguiya des femmes de Kolèbougou ; les parcelles agro-écologiques du laboratoire de biologie des arthropodes et de lutte intégrée; les parcelles écologiques des plantes médicinales et les parcelles du Centre innovation verte de l’IPR/IFRA de Katibougou.

La technique des murets
Selon le chargé de suivi de la parcelle-pilote de Kayo, Amadou KONE, l’exploitation de la parcelle nécessite une source d’eau permanente pour l’arrosage des plantes.
« C’est à l’intérieur des murets qu’on pratique le maraichage. Ce sont des murets de 12 mètres de long, d’un mètre de large et de 0,40 cm de hauteur. Le milieu agronomique est composé de l’argile, du sable et de la matière organique. Nous produisons 33 tonnes de tomates par hectare, 20 tonnes d’oignons par hectare, 48 kg par muret », a-t-il noté.
Après, la forte délégation a mis le cap sur Kolébougou, dans le périmètre maraicher biologique des femmes de l’association Djiguiya. Là, elles sont toutes des femmes qui travaillent dans cette parcelle d’un hectare, depuis 20 ans et elles arrivent à produire suffisamment sans produits chimiques.
Cette étape a été suivie de la visite d’autres parcelles biologiques à Katibougou. Il s’agit des parcelles agro écologiques et Plantes médicinales du potager et celles du Centre d’Innovation verte (CIV) de l’IPR/IFRA de Katibougou.

L’art de récolte des plantes médicinales
Selon le Pr Mahamoudou TRAORE qui s’occupe de la culture des plantes médicinales en collaboration avec le département de médecine traditionnelle de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP) leur objectif est de faire en sorte que les plantes principales qui sont utilisées dans le traitement des maladies ne soient pas récoltées comme on le fait jusqu’à présent de façon anarchique.
« Les plantes qui soignent sont généralement des plantes spontanées, qui ne sont pas cultivées, mais qui sont récoltées de façon abusive et de façon désordonnées. Le département de médecine traditionnelle de l’INRSP a mis au point environ cinq médicaments traditionnels améliorés, et est en train de continuer à les développer. Les cinq médicaments mis au point prennent comme matière première soit l’IPH Valerie (le quinqueliba), le Casiasitalica (balibali), le casias occidentalis (balanbala, qui soigne la toux), le vermonia, le spilantésoleracéou, le forbia intra », a-t-il expliqué. Aussi, a-t-il révélé, l’année dernière et cette année, ils ont commencé à travailler sur le Vermonia (utilisé dans le traitement des ulcères) et l’IPH Valérie, et sur le Casia occidentalis.
Selon le Professeur, ce sont les recherches sur le Vermonia et le Casiaitalica qui avancent bien.
Par ailleurs, le Pr TRAORE a tenu à préciser : « ces médicaments sont vendus dans les officines, mais très souvent, il y a des ruptures de stock qui sont liées au fait que les produits ne sont pas suffisants parce qu’il faut la matière première suffisante et des entreprises qui sont en mesure de les produire massivement ».
En guise de solution, il souhaite que ces plantes soient mises en culture pour éventuellement les domestiquer de manière suffisante.
Autre détail important fourni par le spécialiste, c’es la non-utilisation de l’engrais chimique : « il n’y a pas d’engrais sur leurs produits et que c’est juste des produits bio ».
Quant au point focal du projet l’AEB à l’IPR-IFRA, le Pr Amadou COULIBALY, il a donné un véritable cours magistral aux journalistes sur l’évolution des plantes et les avantages de l’agriculture écologique et biologique.

Les vertus de la plante Kinois
« Il est dit que chaque insecte a sa préférence culturale et donc chaque culture, son insecte. Il y a des plantes dont l’odeur chasse certains groupes d’insectes, par contre il y a des plantes dont l’odeur attire certains groupes d’insectes. Si vous vous basez sur cet angle, vous pouvez faire votre culture sans insecticides et sans engrais », a-t-il indiqué. Avant de parler d’une plante nommée le kinois qui se trouve en Amérique latine et riche en éléments nutritifs.
« Là où on sème cette plante, sur cette parcelle, il n’y a pas de bactéries. C’est une plante dont rien n’est jeté. Il n’y a pas de céréales sur terre qui soit plus riche que le kinois, selon les chercheurs. Car il soigne toutes sortes de maladies », a-t-il indiqué.
Dans leurs interventions successives, le directeur régional de l’Agriculture de Koulikoro; les représentants du gouverneur, du directeur national de l’Agriculture et celui du directeur général de l’IPR/IFRA, tous ont salué la pertinence du projet et invité à sa grande vulgarisation.

Par Sékou CAMARA




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