Search
vendredi 30 juillet 2021
  • :
  • :

Aid el Kebir : origine coranique ?

Toutes les religions connaissent des journées de commémoration collective qui ont pour but de rassembler les fidèles autour de rites symboliques. En ce domaine, l’Islam avec seulement ses deux fêtes (aïds) fait figure de parent pauvre. Mais, quoi qu’il en soit, en Islam l’on célèbre donc l’aïd el Fitr (petite fête, fête de la rupture) à la fin de Ramadan et l’aïd al–kébir (grande fête, dite aussi al–‘îd al–aḍḥâ/fête du sacrifice) rappelle le “sacrifice d’Abraham”.
Ce sont là deux occasions réunissant les musulmans autour d’un rituel alliant prières et sacrifices et doublées d’une dimension familiale, le tout compris comme marqueur de l’identité de la Oumma. De prime abord, il est tout à fait remarquable que l’ancrage coranique de ces pratiques soit aussi faible qu’est important le recours aux hadîths. Comment donc comprendre sur de tels points forts de la religion-Islam ce hiatus entre le Coran et l’Islam ? Quel est donc le propos coranique réel en la matière ?

•Que dit l’Islam
Pour l’Islam, les deux Aïds revêtent majoritairement un caractère de sunna obligatoire collective ou, à minima, fortement recommandée et, de même, elles sont des actes d’adoration prescrits à titre individuel et pour tous les musulmans.
Dr Al Ajami ne s’interresse pas ici aux détails des rituels marquant ces deux célébrations, ils sont connus de tous, mais nous nous interrogerons quant à ces deux pratiques sur les fondements scripturaires coraniques mobilisés par l’Islam.
– Tout d’abord, il convient d’observer que le mot ‘îd n’apparaît qu’à une seule reprise dans le Coran, relativement au récit de la table servie descendue du ciel lequel se présente vraisemblablement comme une contre version critique de la Cène chrétienne : « Ô Allah, notre Seigneur, dit ‘Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), fais descendre du ciel sur nous une table servie qui soit une fête pour nous, pour le premier d’entre nous, comme pour le dernier, ainsi qu’un signe de Ta part. Nourris-nous: Tu es le meilleur des nourrisseurs. » (Coran, sourate 5, verset 114).

Quoi qu’il en soit, le mot ‘îd ne signifie pas ici fête, mais festin. En effet, le schème de ce terme n’est pas arabe et le faire dériver de la racine ‘âda (aller, revoir) est un artifice sémantique sans fondement. En réalité, il s’agit d’un terme syriaque et/ou commun aux langues sémitiques et signifiant festin, sens renforcé par le fait que le Coran ne valide pas ici la célébration/fête eucharistique. Il y a donc là un premier détournement lexical afin d’instituer le concept de fête ou de célébration qui, comme le confirmera le Dr Al Ajami, est non-coranique. L’on retiendra donc qu’il est difficile d’admettre que le Coran ait pu omettre de mentionner explicitement l’existence des deux fêtes (‘îd, célébrations) que l’Islam a pourtant instituées.
– Concernant la fête de la rupture ou ‘îd al–fiṭr célébrant la fin de Ramadan, le lien avec le Coran est extrêmement tenu. L’Exégèse n’a pu mettre en référence qu’un seul segment sis en S2.V185 : « Dieu désire pour vous la facilité et non point la difficulté – afin que vous complétiez le compte, que vous magnifiiez Dieu de vous avoir guidés ; puissiez-vous être remerciant ! »
Ici, ce que nous traduisons par « que vous magnifiiez Dieu » et que la traduction standard rend par « que vous proclamiez la grandeur de Dieu » correspond à l’emploi coranique de la forme II kabbara qui signifie grandir, amplifier, d’où magnifier, proclamer la grandeur de, etc. Cependant, selon une interprétation typiquement littéraliste, ce verbe a été compris comme signifiant dire la formule allâhu akbar, ce qui constituerait alors une allusion à cette pratique le jour de l’Aïd. En réalité, il s’agit d’une réentrée lexicale postérieure donc au Coran et c’est l’inverse qui s’est produit, c’est-à-dire que l’on a dû s’inspirer de ce type d’exégèse pour instituer cette tradition.
– Concernant la fête du sacrifice ou ‘îd al–aḍḥâ le dossier coranique est en apparence plus fourni. Pour ce faire, il a été relié deux évènements coraniques sans aucun rapport entre eux : le récit du sacrifice du fils d’Abraham et le sacrifice marquant la fin des rites du Pèlerinage.
Dans son étude consacrée à la fête selon le Coran, le Dr Al Ajami traite de l’infondé de cette lecture sur-interprétative opérée par l’Islam lors de l’analyse littérale des versets mis en cause.
Par ailleurs, il est régulièrement prétendu que la fête du sacrifice serait mentionnée au verset suivant dont voici la traduction standard : « Accomplis la Salât pour ton seigneur et sacrifie. » (sourate 108, verset 2) Cependant, le verbe naḥara traduit ici par sacrifier signifie précisément sectionner la carotide au creux de la clavicule, pratique de mise à mort que les Arabes utilisaient logiquement pour abattre les chameaux. Selon le Dr Al Ajami ce verbe est un hapax coranique, il n’apparaît dans le Coran qu’en ce seul verset lequel a été sans nul doute révélé très tôt à La Mecque (15ème verset selon le classement traditionnel). Or, le verbe naḥara ne peut être synonyme de sacrifice ou d’égorgement car trop spécifique (l’égorgement, c’est-à-dire la section des carotides à la jonction du cou et de la tête, correspond au verbe dhabaḥa) et, de plus, en une période aussi précoce en quoi aurait-il été ordonné au Prophète de pratiquer le sacrifice de l’Aïd, ou bien nous faudrait-il convenir qu’il lui soit demandé de pratiquer les sacrifices polythéistes alors en vigueur ? !
Par contre, et conformément à l’idée d’opposition et de conflit évoquée au v3 de cette même sourate, le sens métaphorique courant de naḥara : faire face, faire front, convient parfaitement. Il faut alors comprendre ainsi notre verset « Alors prie ton Seigneur et fais face [à l’opposition de Quraysh].»
– Ceci étant rappelé, selon le Dr Al Ajami, ce qui du point de vue de l’Histoire des religions frappe est la similitude directe entre l’‘îd al–aḍḥâ (la fête du sacrifice) et les pâques juives et chrétiennes. L’origine des sacrifices sanglants propitiatoires est très ancienne et le judaïsme ethnique en conserve trace lorsqu’il rappelle par le sacrifice d’un bélier la sortie d’Égypte des Fils d’Israël à l’occasion de Pessah ou pâque juive.
Par suite, le christianisme universaliste recycla le concept de manière radicale en faisant de la figure de Jésus l’agneau de Dieu sacrifié pour la rédemption des péchés de l’humanité, alors point d’orgue de la Pâque chrétienne.
Comme à l’accoutumée, la construction concurrentielle de l’Islam a récupéré et détourné à son tour les deux sacrifices de ses prédécesseurs en renvoyant les figures prophétiques de Jésus et Moïse à celle d’Abraham, les derniers se légitiment ainsi de l’antériorité… Ce renvoi à Abraham n’est pas non plus innocent puisque de plus il reprend à son compte la commémoration juive du sacrifice d’Isaac lors de la fête du Nouvel An juif : rosh ha-shana.
L’institution de l’‘îd al–fiṭr (fête de la rupture) n’est pas non plus exempte de ce processus puisqu’elle n’est pas sans évoquer clairement les repas pris en commun lors des pâques juives et chrétiennes.
Le Dr Al Ajami, le précise, il ne cherche pas à déconstruire la pratique rituelle de ces deux fêtes, ni même leur légitimité islamique, mais seulement à comprendre en toute rigueur les processus ayant présidé à leur institution par l’Islam, ce qui l’amène à faire l’état des lieux coranique en la matière.

• Que dit le Coran
Selon son constat, il n’avait été guère possible pour l’Exégèse de justifier sérieusement par le Coran l’Aîd al–fiṭr (fête de la rupture). Nous étudierons donc le processus exégétique ayant permis de créer l’illusion d’un fondement coranique à l’‘îd al–aḍḥâ (la fête du sacrifice d’Abraham). Selon le Dr Al Ajami, la démonstration classique repose sur la collusion entre deux éléments distincts : le sacrifice dit d’Abraham et le sacrifice marquant la fin du Pèlerinage au dixième jour de dh’û–l–ḥijja, ce dernier étant alors assimilé à la commémoration du sacrifice dit d’Abraham.
a– Concernant le sacrifice d’Abraham, le principal passage est le suivant : « Nous lui fîmes belle annonce d’un garçon doux de caractère. Et, lorsqu’il fut en âge de supporter l’effort, il dit : Ô mon cher fils, en vérité, je vois dans mon sommeil que je dois t’immoler, prends donc en considération ce que tu en penses. Il répondit : Fais ce qui t’est demandé ! Tu me trouveras, plaise à Dieu, au nombre des endurants. Puis, lorsque tous deux se furent assujettis et qu’il l’eut mis front contre terre, alors Nous l’interpellâmes : Ô Abraham ! Tu as certes réalisé sincèrement cette vision et c’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants ! C’était vraiment là une épreuve décisive ! Nous lui substituâmes une offrande sacrificielle magnifique et Nous fîmes qu’il passa à la postérité. Paix sur Abraham ! » (Sourate 37, verset 101-109)
Le propos est explicite, il rapporte l’« épreuve décisive/al–balâ’u al–mubîn » qu’Abraham eut à surmonter : sacrifier son fils à Dieu. D’évidence, selon le plan divin l’immolation ne devait pas avoir lieu et ceci était seulement destiné à éprouver la foi d’Abraham, mais aussi celle de son fils. Or, point remarquablement commun entre la version biblique et le Coran, selon le Dr Al Ajami, il n’est nullement précisé en ces versets, tout comme en nul autre, qu’il faille perpétuer le souvenir de cet évènement par l’égorgement d’un bélier ! Il ne s’agit là que du récit d’un aspect-clef du parcours de foi d’Abraham et de son fils. Le Dr Al Ajami note qu’en fonction de l’intention classique, le segment « Nous fîmes qu’il passa à la postérité/wa taraknâ ‘alayhi fî–l–âkhirîn » pourrait être interprété comme indiquant que l’égorgement d’une « offrande sacrificielle » devrait être perpétué après Abraham si le pronom « hi/lui » de « ‘alayhi » se rapportait au sacrifice. Toutefois, cette hypothèse est directement infirmée par le fait que nous retrouvons exactement la même formule au v78 de cette sourate quant à Noé, au v119 quant à Moïse et Aaron et au v129 quant à Élie. Il s’agit donc bien du souvenir et de la renommée de ces grands prophètes passés « à la postérité ».
– La seule question qui pourrait être présentement débattue, de l’avis du Dr Al Ajami, concerne l’identité du « fils » ici concerné : Isaac ou Ismaël ? Les anciens exégètes comme Tabari penchaient pour Isaac cherchant ainsi à être en conformité avec le détournement de rosh ha-shana rappelé au chapitre précédent.

Si c’est la figure d’Ismaël qui s’est imposée, c’est que par la suite selon une logique apologétique l’on voulut sans preuve faire d’Ismaël l’ancêtre de la lignée abrahamique arabe. L’analyse contextuelle est ici nécessaire. Selon le Dr Al Ajami elle montre que notre passage s’inscrit à partir du v83 dans un récit chronologique de la vie d’Abraham qui, après avoir fui son peuple qui voulait l’éliminer pour sa prédication monothéiste, demande à Dieu de lui donner une progéniture pieuse, v100. Pour autant, le nom de l’enfant résultant de cette requête n’est pas donné au v101 : « Nous lui fîmes belle annonce d’un garçon doux de caractère », mais il est clair que c’est à lui qu’Abraham dit « Ô mon cher fils, en vérité, je vois dans mon sommeil que je dois t’immoler », v102. Or, toujours selon la logique chronologique de ce récit, il est immédiatement dit au v112 « et Nous lui fîmes belle annonce d’Isaac », ce qui indique que ce n’est point Isaac qui fut l’acteur de la scène précédente. Néanmoins, pour en conclure qu’il s’agit donc d’Ismaël il faut démontrer qu’il était l’aîné d’Isaac et de plus l’aîné des fils d’Abraham, car selon les pratiques sacrificielles en ces temps reculés la victime propitiatoire était de règle l’aîné.
D’une part, le Coran nous enseigne le fait suivant : « Nous lui avons accordé, de surcroît, Isaac et Jacob… », (sourate 21, verset 72) information qui ne fait donc pas d’Isaac et Jacob les premiers fils d’Abraham. D’autre part, ce passage de S21 évoque lui aussi la confrontation d’Abraham et de son peuple tout en apportant une précision supplémentaire : Abraham était un « jeune homme (fatâ)», v60. Enfin, nous savons, toujours par le Coran, qu’Abraham était fort âgé lorsque lui fut annoncée la venue d’Isaac : « Elle dit [la femme d’Abraham] : Malheur à moi ! Comment enfanterai-je alors que je suis une vieille femme et que mon mari que voici est un vieillard ?… » (sourate 11, verset 72). Ainsi, du fait qu’il est avéré que ce ne fut point Isaac qui fut proposé au sacrifice et, puisque Ismaël était l’aîné des enfants mâles, c’est donc bien lui qui a priori fut désigné pour cette épreuve.
Au final, et au-delà de la polémique quant à l’identité du “sacrifié”, rien dans les versets-clefs de S37.V101-109 ne permet d’établir que le Coran appelle les musulmans à commémorer le sacrifice d’Abraham et d’Ismaël par l’immolation d’un bélier ou autre.
b– Concernant l’‘îd al–aḍḥâ (la fête du sacrifice), selon le Dr Al Ajami, il a donc été créé une connexion entre le sacrifice d’Abraham et le rite marquant la fin du Pèlerinage le dix de dh’û–l–ḥijja ; un autre passage coranique a été pour cela mis en cause : « Pour chaque communauté (de croyants) Nous avons institué un rite sacrificiel (mansak) afin qu’ils rappellent le nom de Dieu sur ce qu’Il leur a attribué comme bêtes de troupeaux, car votre Dieu est un dieu unique, à Lui remettez-vous en ! […] Quant aux chameaux, Nous en avons fait pour vous un des rituels (du Pèlerinage) dédiés à Dieu et en lesquels il y a pour vous du bien. Rappelez donc sur eux le nom de Dieu lorsqu’ils sont alignés et, quand ils gisent sur leurs flancs, mangez-en et nourrissez l’humble et le démuni. C’est à cette fin que Nous vous les avons assujettis, puissiez-vous être reconnaissants ! Ne parviennent à Dieu ni leur chair ni leur sang, mais c’est seulement votre crainte pieuse qui L’atteint. C’est à cette fin qu’Il vous les a assujettis, pour que vous puissiez magnifier Dieu de vous avoir guidés ; et fais belle annonce aux bienfaisants. » (sourate 22, versets 34-37)
Ce passage est sans conteste relatif au Pèlerinage et il fait expressément mention des sacrifices sanglants que les Arabes païens pratiquaient pour marquer la fin de leur pèlerinage. À cette occasion, il est à noter que le Coran emploie au v36 le terme budna qui qualifie les « chameaux » en bon état physique et non les bovins ou les ovins comme, pour des raisons pragmatiques, l’Islam sera dans l’obligation de l’instituer par la suite. Cependant, ce rituel n’était vraisemblablement pas tourné vers Dieu mais vers d’autres divinités. Aussi, le Coran réattribue-t-il ce sacrifice à Dieu : « Nous en avons fait pour vous un des rituels (du Pèlerinage) dédiés à Dieu ». Ce faisant, il lui confère nécessairement une autre dimension, d’une part en déclarant que la viande des victimes doit être consommée : « mangez-en » et aussi distribuée aux « l’humble et le démuni ». D’autre part, il désacralise le concept antique d’immolation propre au paganisme selon lequel les divinités se nourrissaient du sang et de la chair des sacrifices en déclarant que « ne parviennent à Dieu ni leur chair ni leur sang ». Cette désacralisation réduit la signification et l’importance de tels sacrifices et le Coran n’en retient que la nécessaire pureté de l’intention d’un tel acte : « c’est seulement votre crainte pieuse qui L’atteint ».
En ces conditions, l’on observe sans difficulté selon le Dr Al Ajami que le Coran ne relie pas ce sacrifice de la fin du Pèlerinage arabe à une quelconque commémoration et, littéralement et logiquement alors, il ne le lie pas non plus au sacrifice dit d’Abraham.
Ainsi, tout comme nous l’avions constaté dans les versets précédents rapportant l’épreuve sacrificielle d’Abraham et de son fils, il n’existe présentement aucun argument coranique permettant d’affirmer que le sacrifice fixé au dixième jour de dh’û–l–ḥijja à Minâ ait un quelconque rapport avec Abraham. De même, nous avions observé que le Coran ne mentionnait pas le lieu du sacrifice d’Abraham et, en réalité, c’est à partir de cette absence nominative elle-même que l’Exégèse a astucieusement exploité cette lacune et a imaginé que cela se produisit à Minâ endroit où se pratiquaient les sacrifices rituels animaux marquant la fin du Pèlerinage, c’est ainsi que les mythologies se construisent.
Autre finesse exégétique, tout comme il l’a signalé en S2.V185, il a été détourné à nouveau le sens du verbe kabbara compris de manière littéraliste comme signifiant dire allâhu akbar au lieu de « magnifier Dieu ». C’est à partir de ce détournement qu’a été institué dans un premier temps la pratique du tekbir lors des deux Aïds et, boucle herméneutique s’il en est, que par la suite elle fut justifiée au nom du Coran.

• Conclusion
L’analyse littérale des versets relatifs au sacrifice d’Abraham et d’Ismaël ainsi que ceux en lien le sacrifice célébrant la fin du Pèlerinage aura mis en évidence que selon le Coran ces deux points n’ont aucun rapport l’un avec l’autre. Explicitement, cela signifie que ni l’‘aîd al–fiṭr (fête de la fin de Ramadan) ni l’‘aîd al–aḍḥâ (fête du sacrifice), cette dernière comprise en tant que commémoration du sacrifice d’Abraham, ont un fondement coranique.
Conséquemment, le seul rituel sacrificiel religieux prescrit par le Coran est celui d’un chameau à la fin du Pèlerinage le dix de dh’û–l–ḥijja à Minâ et seulement ce jour-là et en ce lieu-là. Par ailleurs, selon les versets que nous avons étudiés, il ne s’agit pas non plus d’une prescription ou d’une obligation, mais seulement d’une autorisation permettant aux musulmans de perpétuer une antique pratique païenne en toutefois la recentrant sur Dieu et une théologie monothéiste transcendante.
Selon le Dr Al Ajami, les deux fêtes du calendrier musulman n’ont pas été initiées ou impulsées par le Coran comme cela a pu l’être par exemple pour la prière. Ces deux fêtes s’originent uniquement dans la volonté concurrentielle et apologétique de l’Islam vis-à-vis du judaïsme et du christianisme. Ceci étant, s’il advenait que l’on se demandât comment il fut possible de générer des rituels aussi précis que ceux des deux Aïds sans support coranique, Dr Al Ajami indique simplement qu’il suffit de constater que cette élaboration repose sur des emprunts de divers éléments remixés appartenant aux cinq piliers de l’Islam.
Pour autant, conformément à l’esprit de sa recherche, il ne s’agit pas pour lui de critiquer la pratique de ces deux fêtes-Aïds, toute religion nécessite ce type de connections mythologiques et symboliques. La réflexion de Dr Al Ajami a pour unique objectif, ou conséquence, de comprendre la construction de l’Islam afin de mieux entendre le propos réel du Coran.
Si le Dr Al Ajami ne se soumet pas à l’apathie intellectuelle que l’Islam exige de ses fidèles au nom de leur foi, il ne s’inscrit pas non plus dans la ligne déconstructive plus ou moins sauvage de l’islamologie. Son approche critique, menée au nom de la foi, a donc pour but l’intelligence de ce qui est constitutif de notre identité de croyant musulman : le Coran et l’Islam afin d’harmoniser foi et raison au sein de notre rapport à Dieu, au Coran et à l’Islam, processus actif individuel qu’il surnomme Islamité.
Source : Dr al Ajamî (La fête de l’Aïd selon le Coran et en Islam et : Isaac ou Ismaël ? S37.V101-112 ; S22.V34-37)




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *