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jeudi 25 février 2021
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Application de la charge dans à l’essieu dans l’espace l’UEMOA: la pertinence de la décision

Après avoir visité le poste de péage/pesage de Kati pour s’imprégner de l’état du dispositif technique mis en place dans le cadre de l’application intégrale de la charge à l’essieu à partir du 1er juin dans tous les Etats de l’UEMOA, les membres du Comité national de pilotage ont animé, hier lundi, au siège de l’Autorité routière, un point de presse focalisé sur la pertinence de la décision et ses mesures d’accompagnement préconisées.

Présidée par le conseiller technique du ministère de l’Equipement, des transports et du désenclavement, Adama GUINDO, le point de presse a enregistré la présence du chargé de communication du département, Zhao Ahmed Amadou BAMBA ; du directeur national des Transports terrestres, maritimes et fluviaux, Malick KASSE ; du directeur général de l’Autorité routière, Baba Moulaye ; du président du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Youssouf TRAORE, non moins PCA de l’Autorité routière ; du président du Conseil malien des chargeurs (CMC), Babalaye DAOU ; du Coordinateur de la Plateforme de dialogue.
On y notait également la présence du représentant des Services des données routières ; de l’ANASER et d’autres acteurs concernés par les questions de transports.
Selon M GUINDO, l’application du Règlement est non seulement communautaire, mais aussi bénéfique. En effet, note-il, dans une étude sur les impacts de la surcharge sur les transports terrestres maliens, réalisée en 2011 par un bureau d’étude sur le financement de l’Union européenne, il ressort que les pertes occasionnées par la dégradation de la chaussée due à la surcharge varient entre 25 et 37 milliards de FCFA par an, soit le coût de réalisation de 80 à 120 km de route avec le béton bitumé.
Aussi, a-t-il signalé, le phénomène de dégradation a des conséquences dramatiques sur la sécurité routière. En effet, une route dégradée, à la suite de surcharges, entraine en plus des risques d’accidents (80 % des accidents des poids lourds sont dus à la surcharge) d’autres conséquences, dont la réduction de la rotation des véhicules ; la réduction de la durée de vie des véhicules, acquis à des montants élevés ; l’augmentation du coût des transports ce qui renchérit les prix des marchandises et des produits de première nécessité.
Pour sa part, le président du CMTR estime que l’application de la mesure doit se faire avec pédagogie. Et pour cause, rappelle-t-il, la pesée des 1100 camions qui ravitaillent le Mali se fait à partir des ports. Et que l’on doit avoir les mêmes poids à nos postes de pesage.
Selon Youssouf TRAORE, autant l’on doit préserver nos routes, autant on doit songer à notre économie. Car, il estime que quand vous dites à un opérateur économique de réduire sa charge, c’est un manque à gagner pour lui. Toutefois, soutient-il, il n’y aura pas de problèmes et que les transporteurs vont adhérer à la mesure communautaire, à l’instar des autres pays, non sans difficultés pour les pays de l’hinterland qui seront les plus touchés contrairement aux pays côtiers.
Par ailleurs, note M. TRAORE, l’application intégrale du Règlement 14 créera forcement des déficits qu’il va falloir combler pour ne pas jouer sur les prix de marchandises. Pour cela, il a prôné la diligence des mesures d’accompagnement pour soulager les transporteurs.
A propos desdites mesures d’accompagnement, le directeur national des Transports a fait savoir qu’elles sont même une recommandation de l’UEMOA et que les autorités du Mali s’y attèlent. Il a cité, entre autres les ateliers de formation des transporteurs dans toutes les régions ; le renouvellement du parc de véhicules de transport. Sur ce sujet, dira M. KASSE, le département a commandité une étude dont le rapport final est disponible. Il a aussi parlé de la réduction des postes de contrôle. Dans ce cadre, a-t-il révélé, un atelier de haut niveau regroupant tous les ministères concernés (Transports, Sécurité, Economie, Commerce et Environnement) est prévu dans les jours à venir.
Selon le DG de l’Autorité routière, la mise en œuvre du Règlement 14 de l’UEMOA impose à tous les Etats membres de l’Union de faire respecter désormais le tonnage prévu et accepté.
Aussi, souligne-t-il, l’application de cette mesure permettra non seulement de rallonger la vie de nos routes, mais aussi des personnes et des véhicules.
Par ailleurs, il a fait savoir que les pesées, les délestages (déchargements en cas de surcharge) et les pénalités sont gérés par l’Autorité routière.
A la question de savoir si l’application intégrale du Règlement 14 n’aura pas pour impact l’augmentation des prix de produits de première nécessité à ‘approche du mois de Ramadan ; les responsables rassurent quant à la disponibilité des stocks déjà sur le marché national.
Le Comité de pilotage a pour mission de suivre l’application de la mesure en cherchant ensemble des solutions aux problèmes qui se poseront au fur et à mesure.
Il est composé, outre des services concernés du ministère de l’Equipement, des transports et du désenclavement (DNT, SDR, DNR, ANASER, AR, etc.), du CMTM, du CMC, des ministères de l’Economie et des finances ; du Commerce et de l’industrie ; de la Sécurité et de la protection civile ; et du RECOTRADE (Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement).

Par Sékou CAMARA




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