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jeudi 19 juillet 2018
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Appui du fonds français dans le district sanitaire de Bougouni: les indicateurs de santé considérablement améliorés

Se rendre sur le terrain pour constater de visu les réalisations dans le cadre de l’appui du fonds français Muskoka, échanger avec l’équipe-cadre du district sanitaire de Bougouni, les autorités traditionnelles, administratives et les bénéficiaires de l’initiative, tel était l’objectif d’un voyage de presse effectué le mardi 14 novembre à Bougouni.

En plus des hommes de médias, la délégation comprenait Ladji Sidi TRAORE du Centre national d’information, d’éducation et de communication pour la santé (CNIECS) ; Gaoussou Chérif HAIDARA, Assistant communication à ONU Femmes ; Mamadou SIDIBE, Assistant au programme Violences basées sur le genre ONU Femmes ; Alpha Mahamoud TOURE, de la Cellule de planification et de statistique du secteur de la santé, du développement social et de la promotion de la famille ; Sékou Baba CISSE, représentant de la direction nationale de la promotion de la femme ; Malick DIALLO, de la direction nationale du développement social…
À Bougouni, la délégation a été reçue au Centre de santé de référence par l’équipe-cadre du district sanitaire à savoir Simon SAGARA, chef service de la promotion de la femme et de la famille ; Mme COULIBALY Assistant MAGASSOUBA du développement social et Youssouf COULIBALY du CSEREF de Bougouni.
Le Préfet de Bougouni, Ousmane Christian DIARRA, a salué les partenaires français pour leurs appuis dans le cadre du fonds Muskoka. Le chef de l’exécutif local du banimotié a déclaré que la santé occupe une place de choix pour les autorités locales. Il a indiqué que la relance des indicateurs de santé était aujourd’hui réelle dans le cercle de Bougouni tout en informant que 23 plateformes ont été mises en place le mois d’août dernier. Le préfet a également rassuré que tous les acteurs sont impliqués avec à leur tête le sous-préfet central de Bougouni qui s’occupe des questions de santé.

Qu’est-ce que le fonds Muskoka
Lors de la conférence du G8 tenue en juin 2010 à Muskoka, une ville canadienne, la France s’est engagée à augmenter son appui financier au bénéfice de 10 pays d’Afrique francophones et Haïti. Cet appui français appelé fonds français Muskoka a pour objectif de financer les actions en faveur de la santé maternelle, néonatale et infantile. Notre pays a bénéficié une première phase du fonds dont l’exécution a été faite de 2011 à 2015.
Après l’évaluation de cette première phase, il a été décidé de proroger le programme d’une année, tout en concentrant les activés dans trois districts sanitaires de la région de Sikasso. Cette décision se justifie par le fait que les indicateurs de santé étaient très faibles dans la région de Sikasso qui présente pourtant une forte démographie. Ainsi, l’intervention de l’appui du fonds Muskoka a été focalisée essentiellement dans trois districts sanitaires pour enregistrer plus d’impact et de visibilité et aussi servir de base pour plaider en faveur du renouvellement du programme auprès du bailleur. Au total, 20 structures sanitaires ont bénéficié de cet appui français, dont 7 structures dans le district sanitaire de Bougouni.

Les activités réalités dans le district sanitaire de Bougouni :
À Bougouni, l’équipe-cadre de l’exécution du fonds a fait une présentation sur les activités réalisées et celles n’ont encore effectives pour raison de temps, et surtout à cause de la décision de mutation du médecin-chef du CSREF de Bougouni.
Dans la présentation faite par Simon SAGARA, l’on retient que sur les 15 activités programmées 13 ont été réalisées à 100 %. Il s’agit entre autres du référencement des femmes y compris les jeunes filles auprès des SONU (Soins néonatals d’urgence) ; de la célébration de la journée panafricaine des femmes avec la participation de 500 personnes ; de l’organisation d’un atelier d’information des leaders d’opinion sur la santé de la Mère et de l’enfant ; de l’organisation d’un atelier de renforcement des capacités des femmes lumières ; l’organisation d’une session de plaidoyer à l’endroit des responsables et leaders politico-administratives et communautaires dans le district de Bougouni, le renforcement de 34 pères éducateurs en santé des adolescents et des jeunes ; la diffusion des messages radiophoniques sur les thèmes portant sur la santé de la Mère et de l’enfant ; la formation des enseignants sur la santé des adolescents ; la formation des pères éducateurs sur la santé des adolescents ; la formation des prestataires en audit des décès néo et péri natal…
Les deux activités prévues non encore exécutées concernent la formation SONU coaching et la formation tutoriel en SONU. Sur un coût total de 41 125 105 FCFA mis à la disposition du district sanitaire de Bougouni, 46 % ont été exécutés. Les activités programmées ont été réalisées à hauteur de 87 %. Le montant prévu pour les deux activités qui attendent d’être mises en œuvre s’élève à plus de 15 millions de FCFA. L’équipe-cadre a rassuré que tout sera fait pour boucler le programme des activités très bientôt.
Comme difficultés rencontrées, les acteurs de la mise en œuvre des activités prévues dans le cadre du financement de l’initiative Muskoka ont souligné le chevauchement des activités, l’absence de pièces d’identité pour la majorité des bénéficiaires et l’absence de photocopieuses des pièces d’identité pour la justification des fonds.

L’impact du fonds
Les acteurs ont reconnu que l’appui du fonds français Muskoka a permis d’améliorer considérablement les indicateurs par rapport à la santé de la Mère et de l’enfant. Mme COULIBALY Assitan MAGASSOUBA du développement social, a affirmé que la mise en œuvre du fonds Muskoka a contribué à diminuer le taux de mortalité des enfants et d’augmenter la fréquentation des centres de santé par les femmes et les jeunes filles. Elle a fait savoir que ce résultat a été atteint grâce aux actions de sensibilisation menées à l’intention des leaders communautaires. COULIBALY Assitant MAGASSOUBA a remercié le bailleur de fonds tout en plaidant pour le renouvellement du programme.
Le secrétaire administratif du Haut conseil islamique de Bougouni, Moussa SANGARE, a noté que les leaders religieux ont bénéficié des formations, à travers l’appui du fonds Muskoka. Des formations axées sur la prise en charge de la santé de la Mère et de l’enfant et surtout le traitement et l’alimentation que la femme enceinte doit suivre pour sa protection et celle de l’enfant qu’elle porte. Le leader religieux a affirmé que les formations reçues ont été vulgarisées auprès des populations à la base. Il a appelé à la pérennisation de cette initiative qui, selon lui, sauve des vies et contribue au changement positif des comportements.
Le Pasteur de l’Église évangélique de Bougouni, Antoine DJIGUIBA, a déclaré, de son côté, qu’à travers les formations reçues, les leaders communautaires avaient appris beaucoup d’information capitale. Il a témoigné que les fidèles qui avaient reçu les formations ont servi de relais pour porter le message auprès des populations. M. DJIGUIBA a beaucoup apprécié le fait que les sensibilisations ont amené beaucoup de chefs de famille à comprendre l’importance de la fréquentation des centres de santé par les femmes et les enfants. Pour cette raison, le Pasteur a remercié le donateur tout en exprimant le souhait de voir le programme se perpétuer pour contribuer à lutter définitivement contre le drame de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.
Le Coordinateur local de l’URTEL (Union des radios et télévisions libres), Yaya COUBILALY, a informé que des radios ont été mises à contribution pour préparer et diffuser des messages radio sur la sensibilisation des populations à fréquenter les centres de santé, en mettant l’accent sur le suivi de la femme enceinte et l’importance de l’allaitement maternel.
De son côté, la représentante de la CAFO locale, MAIGA Djenabou DICKO, a témoigné que les formations reçues par leurs membres sont relayées auprès des associations de femmes lors des différentes rencontres. Selon elle, les chiffres donnés par les médecins sur la mortalité des enfants de 0 à 5 étaient écœurants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la CAFO s’est impliquée dans la sensibilisation pour inverser la tendance.
Après Bougouni, la délégation s’est rendue à l’Association de santé communautaire de Koumantou. Là-bas, le directeur technique de l’ASACO, le Dr Soumaila TRAORE, a fait savoir que le fonds français Muskoka a permis de former les acteurs sur l’accueil des patients ; sur l’importance des consultations ; sur la fréquentation des centres de santé, sur l’allaitement maternel… Le Dr TRAORE a informé que des formations ont été organisées à l’intention des leaders religieux, des femmes et des jeunes. De même, dit-il, des projections de films ont été faites sur les inconvénients du mariage précoce et plusieurs affiches avec des messages de sensibilisation distribuées aux populations. Le directeur technique de l’ASOCO a soutenu que la mise en œuvre du fonds Muskoka a permis de réduire considérablement la mortalité infantile des enfants avec la fréquentation des centres de santé par les femmes.
La sage-femme de l’ASAKO, FOFANA Oumou CISSE ; la Matrone Bintou DIARRA et le président de l’ASACO, Birama TOGOLA ont renchéri les propos du directeur technique en soutenant qu’avec les formations et les sensibilisations l’accueil des femmes a considérablement amélioré. Ils ont exprimé avec satisfaction que les femmes se sentent désormais à l’aise une fois au centre de santé et n’hésitent pas à parler de leurs problèmes en vue d’avoir des solutions. La sage-femme et la matrone ont mis l’accent sur les causeries organisées à l’intention des femmes pour les sensibiliser sur les bonnes pratiques.

PAR MODIBO KONE
ENVOYE SPÉCIAL




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