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dimanche 11 avril 2021
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Arène politique: opposition a rude épreuve

Entre un Soumi champion qui n’arrive pas à apporter la preuve de son innocence dans le scandale des forages, un Tiébilé DRAME, très en verve contre EDM et rattrapé par l’affaire de ses factures impayées, et un regroupement politique qui commence à prendre de l’eau de toute part, l’Opposition dans notre pays est à rude épreuve.

C’est par le chef de file de l’Opposition, Soumi champion, que la série de malheur de l’Opposition a débuté. Ancien président de la Commission de l’UEMOA, il est accusé par un journal sénégalais d’avoir tenté de transférer 27 milliards de la BCEAO sur son compte personnel à Ecobank. Sur la foi de l’audit commandité par l’Agence française de développement (AFD), le même journal révèle que plusieurs puits n’ont pas vu le jour dans certains pays membres de l’UEMOA. Ce qui serait le cas du Sénégal où 2,5 milliards de FCFA ont été décaissés pour la réalisation de 300 forages. Ce, alors que plusieurs infrastructures n’ont jamais vu le jour et d’autres jugées fictives.
Pour rappel, le Programme du Fonds d’Appui à l’Intégration Africaine prévoyait 8 000 forages au total sur lesquels 3000 ont été réalisés sous la présidence de Soumi champion, à savoir 450 au Niger, 450 au Mali, 400 au Burkina, 400 au Togo, 400 au Benin, 300 en Côte d’Ivoire, 300 au Sénégal, 300 en Guinée Bissau.

Les sérénades
Le problème est que les sérénades de l’ancien Président de la Commission de l’UEMOA n’amusent plus.
Soumi prétend qu’il n’a pas de compte à Ecobank. Il dit dans son droit de réponse au journal sénégalais : « (…) je n’ai jamais ouvert un compte dans les livres de ECOBANK, et ce, dans aucun des pays où ECOBANK a une agence ». Pourtant, le journal ‘’L’observateur’’, par qui est arrivé le malheur de Soumi, écrit sur la base d’un rapport d’audit commandité par l’Agence française de développement. Que gagnerait alors l’AFD à accabler un président de Commission pour le plaisir de le faire ? Rien. Comme dirait l’autre, il n’y a jamais de fumée sans feu. Pour ce qui est de tentative de transfert de 27 milliards FCFA, Soumi est réduit à la fabulation.
Pis, la détresse de l’ancien président de la Commission de l’UEMOA s’est transformée en règlement de compte personnel dont la cible n’est autre que Bocari TRETA, secrétaire général du RPM qui n’avait pas droit de lui demander de donner « à l’opinion publique nationale et internationale, les explications attendues sur cette gestion, notamment en ce qui concerne :
– L’objet du transfert de 27 milliards de F CFA de la BCEAO vers ECOBANK ;
– Le caractère fictif des forages, à l’origine de la saisine de la Cour des comptes de l’UEMOA ».
Cette demande du RPM, non de Bocari TRETA, rentre pourtant dans le cadre normal d’un exercice démocratique. Le principe de la redevabilité fait obligation à celui qui est investi de la confiance du peuple de lui rendre compte de sa gestion des affaires publiques. Cela n’est pas une invention du RPM et ne s’applique pas qu’à Soumi champion. Dès lors la cristallisation de la haine sur TRETA est la preuve la plus irréfutable que l’ancien président de la Commission de l’UEMOA est bel et bien à court d’argument. TRETA dans cette situation est le parfait exutoire, lui qu’on détache, pour les besoins de la cause, de son parti, et pour les mêmes besoins qu’on confond avec le Gouvernement. C’est simplement pathétique.

L’embrouillamini
Pour ce qui est de l’existence des forages, Soumi n’a pas non plus convaincu. Sa sortie qui était tant attendue des Maliens n’a fait qu’en rajouter à embrouillamini. Soumi prétend que les infrastructures réalisées ont fait l’objet de réception officielle de la part des autorités des pays bénéficiaires. Mais en aucune manière cela ne peut représenter un élément constitutif de preuve que tous les forages prévus ont été réalisés. Au Sénégal, par exemple l’audit fait ressortir plusieurs infrastructures qui n’ont jamais vu le jour et d’autres jugées fictives. Et ce n’est pas par pur fantasme que le Sénégal a saisi la Cour de justice de l’UEMOA.
Au plan national, Soumi aurait gagné en crédibilité en donnant la liste exhaustive des noms des villages/fractions où les forages ont été réalisés. Mais, il ne l’a pas fait, parce qu’il ne le peut pas. L’exercice de la transparence n’est aussi aisé quand il s’agit de soi-même.

Le geignard
Pendant que le chef de file de l’Opposition est dans une situation inextricable un autre opposant, très en vue, Tiébilé DRAME, se faisait rattraper par ses indélicatesses. Fer de lance de la marche pour le Mali pour tout dénoncer, y compris les coupures d’eau et d’électricité, il s’est avéré que Tiébilé amassait des factures impayées d’EDM et de la SOMAGEP.
S’il s’est acquitté partiellement de sa dette, il n’en demeure pas moins que c’est un pavé dans sa mare. Très ébranlé par cette situation, le plus acerbe des opposants joue à la victimisation. Mais victime de quoi ? Il n’est victime que de son incivisme, lui qui prétend présider aux destinées du pays. Victime de qui ? De lui-même, de sa forfanterie. Il sait et c’est connu à EDM que pour accumuler plusieurs mois d’impayés, il faut un traitement de faveur. Ce dont a bénéficié Tiébilé DRAME, parce que, de sources sûres, c’est sur instruction ferme qu’il a été demandé aux agents d’EDM de ne pas le débrancher. Il est donc le plus mal placé pour parler de coupures d’eau et d’électricité. Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. Cela, Tiébilé DRAME l’apprendra à ses dépens.

La valse de défections
Au-delà des responsables de partis politiques de l’Opposition qui traversent un sale temps, le regroupement lui-même ne se porte pas mieux. Le PS Yelen Kura qui était une des plaques tournantes de l’Opposition, à l’issue de sa conférence nationale, samedi dernier, a décidé de rejoindre la Majorité présidentielle et de soutenir les actions du président de la République. Les couleurs de virage étaient annoncées quand, dans un communiqué le parti annonçait la suspension de sa participation à la marche de l’opposition prévue le 21 Mai 2016.
Le PRVM qui avait opté pour l’Opposition a un pied dehors. Il en est de même pour le PDES. Pour ce dernier, la sortie du Président IBK, le samedi dernier, à Baguinéda, à l’occasion de la journée paysanne, où il a assuré n’avoir rien contre l’ancien Président ATT et qu’il devrait même le rencontrer à Dakar, dans les jours à venir, risquerait de précipiter les choses. Le PDES pourrait alors bientôt rejoindre la Majorité présidentielle. Et pour cause, l’une de ses principales préoccupations est le retour d’ATT. Ce qui manifestement est pris en compte.
Après cette valse, à quels autres devrons-nous assister ? Wait and see.
Ce qui est visible pour le moment, c’est la solidarité de façade au sein de l’Opposition. Une des manifestations de ce manque de solidarité est l’absence remarquée du chef de file de l’Opposition, Soumi champion, à l’ouverture du congrès extraordinaire du PARENA, samedi dernier. Comme lui, Modibo SIDIBE des FARE était également absent. Pourtant, c’est un congrès qui avait été annoncé permettant aux uns et aux autres de l’inscrire dans leur agenda. Hélas !

Par Bertin DAKOUO




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