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vendredi 24 septembre 2021
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Armes légères: le Sahel, une plaque tournante

À l’occasion de la commémoration du 9 juillet 2021, Journée internationale de la destruction des armes légères, le Secrétariat Permanent de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères et de Petits Calibres (ALPC), a animé une conférence de presse, à son siège, à Médina-Coura. L’objectif de cette rencontre était de sensibiliser une fois de plus le public sur le danger de la circulation des armes légères et de petits calibres tout en invitant les médias à s’associer à la cause pour un Mali en sécurité.

Animée par le Colonel-Major Nema SAGARA, Secrétaire Permanente de la lutte contre les ALPC, cette conférence vise à sensibiliser le public sur le danger de la circulation des armes légères et de petits calibres.
Selon elle, la circulation des armes n’est pas un phénomène nouveau dans le monde encore moins au Mali, notamment dans le Sahel.
«Dans le monde entier, ce sont des millions d’armes qui circulent illicitement aux mains des civils. Pour notre part, le Sahel est devenu un creuset d’armes et le Mali, notre pays, n’échappe pas au phénomène », souligne-t-elle.
Pour le Colonel-Major Nema SAGARA, le Mali, pays de tradition, a toujours connu la présence d’armes dans les familles sans que cela ne soit préjudiciable à la sécurité publique.
«Ces armes constituaient un prestige pour la famille. Il s’agissait essentiellement d’armes de chasse », a-t-elle expliqué.
«Mais, depuis bien des années, avec les rebellions successives et à partir de 2011, avec la crise libyenne et 2012 avec la crise que connait le Mali, la possession d’armes par les civils, dont les armes de guerre, est devenue un phénomène courant avec la prolifération des milices et des groupes d’autodéfense pour se défendre contre les groupes armés terroristes. Aussi, ces armes sont venues raviver tous les anciens conflits inter et intracommunautaires », a-t-elle fait savoir.
Face à cette situation, le Secrétariat permanent, selon ses responsables, reste engagé à lutter contre le fléau tout en multipliant les actions de sensibilisation et de plaidoyer.
«Nous nous attelons à lutter contre le phénomène à travers des séances de sensibilisation des communautés sur le danger des armes ; l’encadrement des artisans fabricants d’armes ; l’appui du gouvernement à disposer d’instruments juridiques pour le contrôle des armes et même la bonne gestion des stocks nationaux d’armes ; l’incitation des communautés à se débarrasser volontairement de leurs armes ou à les régulariser par l’obtention de permis de port d’arme », ajoute le Colonel-Major Nema SAGARA.
Des tâches bien difficiles estime-t-elle. Aussi, elle a tenu à préciser :
«Nous savons que notre tâche n’est pas du tout facile avec la généralisation de l’insécurité. Mais, nous avons foi et confiance que si tout le monde comprenait notre message et allait dans le sens de nos recommandations, le Mali va se défaire de ces armes qui circulent illicitement et il fera bon vivre entre nous au sein des communautés comme jadis cela l’a toujours été au Mali. »
Pour changer la donne, le secrétariat permanent sollicite l’accompagnement des médias pour plus de sensibilisation afin de minimiser la prolifération des armes légères et de petits calibres.
Pour rappel, la Journée internationale de la destruction des armes légères a été lancée par les Nations unies en 2001.
À l’occasion de la Journée internationale de la destruction des armes légères, des victimes de la violence par les armes procèdent à la destruction d’armes aux quatre coins de la planète.
Durant la campagne « Contrôlez les armes », les ONG Oxfam, Amnesty International et le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL/IANSA) ont rendu publiques des statistiques révélant qu’il y avait une arme pour dix habitants dans le monde. En moyenne, 800 000 sont détruites chaque année, mais les armes non réglementées restent un problème majeur car, pour chaque arme détruite, dix sont produites.

Par Abdoulaye OUATTARA




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