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samedi 23 octobre 2021
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Arrivée probable de paramilitaires russes au Mali: l’imam Mahmoud Dicko s’oppose

L’actualité dans notre pays est marquée par la signature probable d’un contrat entre les autorités de la transition et une société de sécurité privée russe. Alors que rien n’a encore été décidé officiellement, la France se mobilise pour dissuader les autorités maliennes à sceller ce contrat avec la société de sécurité privée russe Wagner. Au plan national, des voix se lèvent également pour s’opposer à l’arrivée de l’organisation paramilitaire russe Wagner. C’est le cas de l’imam Mahmoud DICKO qui ne cache pas son désaccord à l’arrivée des mercenaires dans le pays.

Au fur et à mesure que les jours passent, le probable contrat entre les autorités de la transition et la société paramilitaire russe devient imminent. Les autorités de la transition lèvent de plus en plus le voile sur leur volonté de diversifier leurs partenaires dans la lutte contre l’insécurité. Cela au grand dam de la France. Selon les rumeurs, ils seront plus de 1 000 hommes paramilitaires russes pour entraîner l’armée malienne et assurer la protection des personnes et de leurs biens.
Dans une interview accordée à un média Guinéen, en début de semaine, l’Imam Mahmoud DICKO s’est prononcé sur l’arrivée du groupe paramilitaire Russe Wagner. L’influent imam qui a joué un grand rôle dans la chute du défunt régime d’Ibrahim Boubacar KEITA prône la solution entre Maliens.
« Je ne pense pas que la venue d’un millier de mercenaires va résoudre le problème », a déclaré l’imam Mahmoud DICKO.
Cette position de l’Imam DICKO est en contradiction avec celle des autorités. En tout cas, du haut de la tribune de l’Organisation des Nations Unies, le samedi 25 septembre dernier, le Premier ministre Choguel Kokalla MAÏGA a laissé entendre que le Mali dans une dynamique de diversifier sa coopération au motif que le pays a été abandonné par la France «en plein vol» dans la lutte contre le terrorisme.
Sur ce sujet, interrogé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a expliqué ceci : « L’accord entre le Mali et une société militaire privée russe n’engage en aucun camp l’État Russe. Cette activité est exercée de manière légale et concerne les relations entre la partie qui embauche des spécialistes. Il s’agit d’un gouvernement légitime reconnu par tous comme une structure transitoire légitime, d’une part ; et ceux qui offrent les services de spécialistes à l’étranger ».
Il renchérit en ajoutant : « Je souligne que nous apportons notre contribution par le biais d’approches étatiques et non d’entreprises privées en ce qui concerne la capacité défensive du Mali, sa préparation au combat pour éradiquer les menaces terroristes et autres. Nous livrons de la production militaro-technique en tant qu’aide de notre part au Mali. Et dans le cadre du Conseil de sécurité, bien attendu, nous participons à l’élaboration d’approches optimales pour la poursuite des efforts de maintien de la paix… »
Lors de sa prise de parole, le ministre russe n’a pas manqué de recadrer les propos du ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne, Joseph Borell, qui avait déclaré qu’une implication du groupe privé russe Wagner au Mali affecterait « sérieusement » les relations entre l’Union européenne et Bamako.
« Je pense que ça serait mieux de coordonner nos mouvements entre la fédération de Russie et l’Union européenne en matière de lutte contre le terrorisme pas seulement au Mali mais dans toute la zone du Sahel. Mais dire que je suis ici le premier et vous devez quitter les lieux, ce n’est pas comme ça qu’on doit parler », a regretté Lavrov.
Face à la dégradation de la situation sécuritaire malgré la présence de milliers de soldats français et de la Minusma, beaucoup de Maliens sont impatients de l’arrivée des russes. Cela se justifie d’ailleurs par la grande mobilisation pour accueillir le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA de retour de New York.
Le Premier ministre a pris son courage à deux mains en exprimant devant l’Organisation des Nations unies le ressentis réel des Maliens face à la gestion de la crise sécuritaire que traverse notre pays depuis des années. Une crise qui a fait des milliers de morts, de déplacés, et de réfugiés et occasionné une situation humanitaire précaire.
Les vérités du chef du gouvernement prouvent à suffisance que le Mali est prêt à collaborer avec d’autres partenaires sur le plan militaire. Et dans cette optique, les autorités sont en phase avec une bonne partie du peuple.

PAR MODIBO KONÉ




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