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lundi 1 mars 2021
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BAC 2016 et la rétention des notes du SYPESCO: le plan de sauvetage du ministre Togo

Contrairement aux nombreuses supputations, depuis un certain temps par rapport à la réussite de l’organisation des examens du Baccalauréat de l’année scolaire 2015-2016, session de juin, le ministre de l’Éducation nationale semble tenir le bon bout. Après avoir mis à l’écart tous les enseignants grévistes de rétention des notes d’évaluation, dans l’organisation des examens de fin d’année (surveillance et correction), le département a trouvé une alternative juste. Recours a été fait à d’autres notes d’évaluations faites par les mêmes enseignants en classe pour que les résultats du Bac n’en souffrent pas.

« Le Bac sera évalué, il y aura des notes de classe avec ou sans l’aval des enseignants du Syndicat des professeurs contractuels de l’enseignement secondaire des collectivités (SYPESCO) ». C’est du moins, la détermination affichée au ministère de tutelle où des instructions fermes ont été données aux proviseurs et censeurs des différents établissements d’enseignement secondaire publics de la place pour trouver une alternative à l’absence de note de classe avant les examens.
Selon des responsables au ministère de l’Éducation nationale, ce travail a été fait et d’ailleurs bien fait. Ainsi, partout où il manquait des notes de classe suite à cette décision de rétention du SYPESCO, les administrations scolaires ont eu recours à des notes de devoirs traités et corrigés par les enseignants au cours de cette année. Dans d’autres établissements, des associations ont prêté main-forte en organisant des « baccalauréats blancs », sous forme de devoirs surveillés où des sujets sont donnés aux élèves, traités et corrigés par des enseignants qui peuvent être du SYPESCO ou non. C’est ainsi que des notes ont été récoltées çà et là pour pallier le vide laissé par la grève de prise d’otage des notes. À la date d’hier mardi, au ministère de l’Éducation nationale, toutes les dispositions étaient prises pour régler ce problème de vide de notes de classe pour les besoins du BAC.
Selon le directeur de l’enseignement secondaire, général, cette décision de prise en otage des notes du SYPESCO, dans la perspective de boycotter le Bac, ne concernait que le district de Bamako. À quelques encablures du bac, il ne restait que cinq établissements sur les 21 de la place où la prise des notes était toujours en vigueur (les lycées Askia Mohamed, Fily Dabo Sissoko, Mamadou Sarr et Mamadou MBodj au niveau de l’académie de la rive gauche et le lycée de Niamakoro sur la rive droite). Là aussi, des dispositions ont été rapidement prises pour remplacer les notes objet d’otage par les enseignants grévistes.
Le directeur a rassuré que la moralité des résultats du Bac n’est nullement en cause, à cause de cette grève de rétention des notes des enseignants du secondaire militants du SYPESCO, parce que le département a pris des dispositions pour faire face à la situation. En plus des dispositions palliatives trouvées par le département, le directeur de l’enseignement secondaire général a soutenu que depuis quelques années, la moyenne de classe ne rentrait en compte dans le calcul des notes d’examen du Bac qu’à ¼. En effet, pour tout candidat qui arrive à obtenir 10 de moyenne dans la salle d’examen, il n’y a plus lieu d’avoir recours à la moyenne de classe.
Par contre, pour les candidats qui ont moins de 10 de moyenne à l’examen (de 9,99 à 9,00), la note de classe est utilisée. Ainsi, le calcul se fait de la manière suivante : Moyenne d’examen plus la moyenne de classe, multipliée par deux et divisée par trois.
Le ministère de l’Éducation nationale ne s’est pas limité à cette alternative. En effet, tous les militants du SYPESCO ont été mis à l’écart de l’organisation des examens de fin d’année 2015-2016.
Au ministère de l’Éducation nationale, on se dit soucieux de l’avenir des enfants qu’on ne saurait laisser compromettre pour des questions de notes de classe au bout d’une année scolaire bien accomplie. On juge également trop maximaliste le comportement des militants du SYPESCO qui refusent de céder, malgré des efforts importants effectués par les autorités nationales en vue de faire face à leurs préoccupations.
Au ministère de l’Éducation nationale, l’on s’étonne après tous les efforts déployés dans le sens de la gestion des doléances du SYPESCO que ce dernier ne soit pas encore résolu à lever son blocus. Dans le compte-rendu de la réunion du 16 juin dernier entre le bureau SYPESCO et de responsables du ministère, il ressort que des avancées notables ont été enregistrées dans le traitement des dossiers d’avancement. Ainsi, tous les mandats, qui s’élevaient à 55 116 962 francs CFA, avaient été payés à part deux mandats d’un montant de 2 286 287 francs CFA pour des raisons d’absence de décision. Mieux, 22 millions de francs CFA étaient également disponibles à la perception en attente de mandats pour être payés. Des sources proches de cette réunion, le syndicat avait exprimé sa satisfaction pour les progrès. Pour la levée du mot d’ordre de grève, les responsables du bureau syndical devaient rencontrer leur base afin de prendre une décision. Ils sont toujours attendus pour cette décision.
Du côté du SYPESCO qui a organisé hier une conférence de presse à la Maison de l’Enseignant, l’on regrette le peu d’intérêt que le ministre de l’Éducation nationale a manifesté jusque-là vis-à-vis des doléances du SYPESCO. Depuis novembre dernier, aucune rencontre n’a eu lieu entre lui et les syndicalistes. Il prend acte de la décision du département d’écarter ses militants qui représente 90 % des effectifs enseignants du secondaire général, de l’organisation du bac. Pour le coordinateur du district du SYPESCO, ses militants se soucient de leur carrière et de leur dignité plus que des primes de surveillance et de correction. Il a estimé que son syndicat aussi fait des efforts pour la stabilité et l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Pour preuve, le SYPESCO dispose des arriérés d’avancement et/ou de reclassement avec le gouvernement depuis 2009 qui n’ont jamais fait l’objet d’un scandale.
Aussi, le gouvernement est-il libre de prendre les notes qu’il veut pour combler le vide de la décision du SYPESCO, mais son secrétaire général reste formel : ‘’contrairement aux allégations du ministère de l’Éducation, aucun militant SYPESCO des 21 établissements secondaires publics du district n’avait déposé ses notes à la date d’hier’’.

Par Sidi DAO




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