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samedi 23 octobre 2021
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Bakari Koné, président de la CSCPCM: ‘’refusons les agendas politiques cachés’’

La Confédération des Sociétés Coopératives de Producteurs de Coton au Mali (CSCPCM) a tenu, hier, à son siège, une assemblée générale extraordinaire qui avait trois points à son ordre du jour : la nomination d’un administrateur provisoire ; l’approvisionnement en intrants agricoles ; la relève de l’administrateur général de la CMDT de Kita.

Intervenant le premier, Mamadou KONATE de Kita et trésorier de la Confédération, a exposé que c’est le 1er septembre dernier que la faîtière a été informée de la nomination d’un administrateur provisoire à sa tête, en la personne de Souleymane FOMBA, pour un mandat de 6 mois. Une telle nomination «diplomatique » est à ses yeux incompréhensible, d’autant plus que c’est du jamais vu ici et ailleurs. Aussi a-t-il fait savoir que la décision de nomination qui a été attaquée par la CSCPCM a été annulée par la justice. Il demande aux cotonculteurs, sur cette question, de rester sereins.
Pour ce qui est de l’approvisionnement en engrais sur lequel la CMDT chercherait à faire un OPA, il a rappelé que c’est la Compagnie de textile qui s’en chargeait et que c’est en raison de ses défaillances que cette tâche a échu au GIE qui englobe toutes les coopératives de producteurs de coton qui ont mandat de s’approvisionner elles-mêmes. Le GIE a été créé pour soutenir les coopératives les plus faibles, a-t-il expliqué.
« Sauf changement des textes, c’est le GIE qui s’occupera de l’approvisionnement en engrais », a martelé M. KONATE qui alerte que si l’on ne retourne pas à l’orthodoxie, le pays sombrera dans un gouffre plus profond que celui de l’an dernier.
Quant à la relève de l’administrateur général de la CMDT de Kita, il est ulcéré pour deux raisons.
La première, c’est qu’il est le seul, depuis qu’il est en poste, à avoir œuvré à augmenter la production cotonnière de 100 tonnes par an. Preuve s’il en était besoin que c’est un travailleur.
La seconde, c’est qu’alors que le boycott de la culture du coton était un fait dans toutes les régions cotonnières, c’est Kita qui s’est illustré avec une production de 74 000 tonnes.
« Il faut se garder de tels comportements. Si nous avons cultivé le coton cette année, c’est en raison de notre engagement à soutenir la Transition qui nous a apporté un appui substantiel. Sinon, ce n’est pas à cause de la CMDT qui ne fait que diviser les paysans », a-t-il clarifié.
Le Président de la Fédération qui englobe Fana et la zone OHVN, l’honorable Tiassé COULIBALY, a rappelé la démarcation des rôles au sein du GIE : la Confédération assure la présidence et la CMDT, en raison de son expertise, assure le secrétariat.
« Mais, que la CMDT veuille faire main basse sur toutes les prérogatives, ça je ne comprends pas », s’est-il insurgé.
Il a interpellé le président de la Transition en qui il a une entière confiance pour désamorcer cette crise. Nonobstant la multiplicité des fronts, celui des cotonculteurs est une urgence, plaide le vice-président de la Confédération des Sociétés Coopératives de Producteurs de Coton au Mali.
Par ailleurs, il recommande l’administrateur général de la CMDT de Kita aux autorités de la Transition, en raison de ses qualités d’homme intègre, de travailleur.
Le Président de la CSCPCM Bakari KONE a rappelé son offre pour sauver la cohésion du monde paysan. Il affirmé avoir proposé aux « perdants » d’amener des membres qui pourraient intégrer le bureau mis en place, dans la mesure où les textes le permettraient.
Si certains étaient prêts à saisir la main tenue, ils ont fini par se retracter, selon M. KONE, parce qu’ils ont été dissuadés du côté de la CMDT.
Pour ce qui est des manœuvres autour de l’approvisionnement en engrais, le Président de la Confédération est formel.
« Il faut dissoudre d’abord le GIE pour exclure la Confédération, la CMDT. Les textes sont clairs ».
Selon M. KONE, les paysans sont victimes de choses ourdies ailleurs. C’est pourquoi il les invite à l’union sacrée, à refuser d’être un fonds de commerce pour ceux qui ont un agenda politique caché.
« Cotonculteurs, donnons-nous la main ; n’acceptons pas d’être un fonds de commerce de ceux qui ont des agendas cachés », exhorte-t-il.
Il demande au ministère de l’Agriculture, en tant que tutelle, de réunir autour de la table les PDG de la CMDT, de l’OHVN et le Président de la CSCPCM pour crever l’abcès en vue d’un nouveau départ sur des bases saines.

PAR BERTIN DAKOUO




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