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jeudi 29 juillet 2021
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Bankass: la Minusma, persona non grata

Le torchon brûle entre la jeunesse de Bankass et la MINUSMA. La Mission onusienne n’est pas la bienvenue dans cette ville du Centre. Les jeunes sont sortis massivement, hier mardi 29 juin, pour bloquer un convoi de la MINUSMA à l’entrée de la ville de Bankass. Ils ont exprimé leur souhait que la MINUSMA quitte leur localité.

Dans la journée d’hier mardi, les jeunes de Bankass ont érigé des barricades à l’entrée de la ville pour empêcher l’entrée d’un convoi de la MINUSMA. Des vidéos de la scène où on peut voir une colonne de véhicules de la MINUSMA ont fait le tour des réseaux sociaux. Les jeunes ont vigoureusement exprimé leur mécontentement face à la présence de la Mission onusienne. Selon certains témoignages, elle tracasse les populations. Ce qui explique cette réaction populaire.
Ce n’est pas la première fois que la Mission onusienne s’attire les foudres des populations au Nord ou au Centre du pays. Durant le mois de janvier, des patrouilles de la mission de l’ONU ont été chassées par des habitants de plusieurs villages du centre du pays. Cette hostilité envers les Casques bleus est nourrie par des rumeurs et la dégradation du contexte sécuritaire dans la région.
À Bandiagara, après des mouvements d’humeur, la jeunesse a adressé une lettre au Préfet demandant à ce que «la MINUSMA quitte sans délai tout le territoire du cercle de Bandiagara».
Dans leur lettre, les jeunes avaient souligné qu’ils sont interpellés par les populations locales qui ne comprennent pas le mandat de la MINUSMA.
Aussi, la jeunesse de Bandiagara avait justifié son position en soutenant qu’il y a un problème de confiance entre les populations et la MINUSMA. C’est pourquoi, la faîtière locale des jeunes avait exigé que la présence de la Minusma sur le terrain respecte préalables suivants : intervenir directement sur les lieux des attaques et collaborer avec les autorités locales ; patrouiller avec les forces armées maliennes (FAMa).
Depuis juin 2019, la MINUSMA a renforcé sa présence dans le centre de notre pays pour faire face à la «détérioration alarmante de la situation sécuritaire». Mais cette présence n’est pas appréciée par les populations locales.
Dans certaines localités du Nord, c’est le même sentiment anti-MINUSMA qui se manifeste. Ces dernières semaines la population d’Aguel’hoc a multiplié les manifestations hostiles à la présence de la Mission internationale. La population de cette ville demande l’éloignement du camp de la MINUSMA.
Au cours d’une conférence de presse aminée, le 18 juin à Bamako, des ressortissants d’Aguel’hoc ont déclaré que le camp de la MINUSMA, parfois pris pour cible par les terroristes, fait peser une menace sur leur sécurité.
« La population réclame d’abord la délocalisation du camp de la MINUSMA, mais aussi exige que justice soit rendue pour les civils innocents qui furent tués par les Tchadiens », a exigé Souleymane Ag Ehat, représentant de la jeunesse d’Aguelhoc.
Pour exprimer leur solidarité à Aguel’hoc, la population de Tessalit a également organisé une marche de protestation.

PAR MODIBO KONÉ




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