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dimanche 7 mars 2021
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Bétisier

Entre un ministre de la Réconciliation nationale qui prend ses grades en matière d’inclusivité en s’exhibant avec des adorateurs de Kontoron ni Sané, un Mollah violateur qui entraîne avec lui dans sa chute un Etat coupable de traitement discriminatoire des citoyens, et un ministre au populisme poussé ad nauseam le spleen restera encore incantatoire dans notre bled qui cherche toujours sa voie.
Voici votre BETISIER du jour.

Dispositif anti-Covid : la discrimination au sommet de l’État

Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres du mercredi 23 décembre 2020 a adopté un projet d’ordonnance autorisant la prorogation de l’état d’urgence déclaré sur le territoire national. L’état d’urgence, déclaré sur le territoire national par le Décret n°2020-0317 du 18 décembre 2020, expire le lundi 28 décembre à minuit. Conformément à la Loi n°2017-055 du 06 novembre 2017 relative à l’état de siège et à l’état d’urgence, sa prorogation au-delà de 10 jours est autorisée par la loi. L’adoption du présent projet d’ordonnance s’inscrit dans ce cadre et permettra aux autorités compétentes d’assurer la mise en œuvre diligente des mesures d’urgence arrêtées dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et à faire face aux défis sécuritaires du pays.
Pour réserver un accueil gargantuesque à l’Imam de Badalabougou, ses affidés décident d’organiser un méga show, le vendredi, 13 heures, heure à laquelle les fidèles musulmans sont appelés à la mosquée. Et le Mollah se prête au jeu en paradant dans une décapotable, question de mieux apprécier sa cote de popularité pour davantage savourer son triomphe. Ah la gloriole !
Mais voilà : ce méga show est une violation flagrante de l’état d’urgence qui permettra la mise en œuvre diligente des mesures d’urgence arrêtées dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et à faire face aux défis sécuritaires du pays. Voici un Guide très éclairé et très respecté pris en flagrant délit de violation des lois de la République.
Du côté des détenteurs du pouvoir, il y a du deux poids deux mesures. D’une part une refuse au CDR son droit de manif sous le prétexte de l’état d’urgence et de la limitation à 50 des personnes ; d’autre part, on permet à un Imam de drainer sa peuplade. Cela est une violation inqualifiable de l’article 2 de la Constitution : ‘’tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée’’. Le Mollah et ses fantassins ne seraient-ils pas concernés par les dispositifs liés à l’état d’urgence et les mesures barrières relatives à la COVID-19 ? A moins que l’on ne soit devant le jugement de Jean de la Fontaine : ‘’selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir’’. C’est pourtant que les manifestants de la Place Tahir avaient dénoncé…
Ce n’est pas tout. La présence de l’Etat, à travers les forces de l’ordre chargées d’encadrer le show, peut être perçue comme une complicité trop prononcée de la violation de dispositions légales en République du Mali. Sommes-nous encore égaux devant la loi ?




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