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mardi 2 mars 2021
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Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme: le rôle clé des acteurs dans la lutte

Le Centre national de traitement des informations financières (CNTIF), en partenariat avec l’Office des Nations-unies contre la drogue et le crime (ONUDC) sur financement du Grand-Duché de Luxembourg, organise, depuis hier à l’hôtel OMONO de Bamako une rencontre d’information et de sensibilisation des assujettis à la loi N° 2016-008/ AN-RM du 17 mars 2016. Objectif: susciter leur détermination pleine et entière à s’acquitter, comme il se doit, des obligations qui leur incombent en application de cette loi relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

La cérémonie d’ouverture des travaux, de trois jours, était présidée par la Secrétaire générale du ministère de l’Économie et des finances, Mme Sidibé Zamilatou Cissé, en présence du président du CNTIF, Marimpa Samoura. On y notait également la présence de la représentante de l’ONUDC, Marie Diederichs et des responsables du GIABA.
Selon le président du CNTIF, depuis quelque temps, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme constituent des menaces d’une extrême gravité pour la stabilité des États et des économies du monde entier. En effet, pour faire face à ces menaces des temps modernes, a-t-il fait savoir, la communauté internationale s’est mobilisée à hauteur des dangers courus et a, en conséquence, conçu des principes normatifs, à travers notamment certaines conventions des Nations Unies auxquelles les pays devaient se conformer.
Ainsi, il a été recommandé aux autorités des actions soutenues pour combattre le phénomène et d’instaurer une coopération sous- régionale et régionale plus suivie, permettant aux structures nationales de venir à bout du fléau.
«Notre pays s’est résolument engagé dans ce combat en intégrant déjà en 2006, dans sa législation nationale la Directive de l’UEMOA s’y rapportant. La création et l’opérationnalisation du CNTIF, depuis 2008, sont aussi des illustrations de cet engagement constant du Mali à circonscrire les conséquences du blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme », a expliqué le patron du CNTIF.
Malgré ces efforts déployés, les résultats demeurent en deçà des attentes, a-t-il regretté.
Aussi, notre pays est-il l’un des premiers États de la sous-région à transposer dans sa législation nationale, la Directive de l’UEMOA relative au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme, adoptée par les ministres chargés des Finances de l’union, le 2 juillet à Bissau, a-t-il indiqué.
La célérité de cette internationalisation, dit-il, confirme le leadership du Mali au sein de notre espace économique. Dans la même dynamique, a souligné M SAMOURA, s’inscrit la promulgation, il y a deux mois, par le Président de la République, de la Loi N° 2016-008/AN-RM du 17 mars 2016, portant loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Par ailleurs, s’est félicité, l’ONUDC a offert l’occasion de rassembler les acteurs de ce dispositif en vue: de former et d’intensifier les transactions suspectes, même les plus sophistiquées et permettre ainsi une prévention et une répression si nécessaire de la tentative de dissimulation des origines illicites des produits tirés du crime financier et du financement du terrorisme ; de susciter leur détermination pleine et entière à s’acquitter comme il se doit des obligations qui leur incombent en application de la loi.
Dans le contexte actuel, il est essentiel que tous les acteurs financiers nationaux du Mali comprennent le rôle clé qu’ils ont à jouer dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme: banques, opérateurs évoluant dans le commerce des métaux précieux…, a martelé le président.
«Chacun de ces acteurs, assujettis à la déclaration des opérations suspectes qu’ils détectent, doit être à même de relever des indicateurs d’alerte et de jouer sa partition dans cette lutte sans frontière », a-t-il martelé.
Au cours des trois jours de travaux, les participants auront droit à des présentations délivrées par les représentants respectifs du Centre international de recouvrement des avoirs criminels, du GIABA et de la CNTIF, à travers des thématiques relatives au cadre législatif, les institutions en charge de la lutte, les études de cas de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, les indicateurs d’alerte, les obligations des déclarations des opérations suspectes.
Pour sa part, la secrétaire générale du ministère de l’Économie et des finances a salué les initiateurs de cette rencontre avant d’exprimer la détermination des plus hautes autorités du Mali à faire face à ce phénomène dont les conséquences n’épargnent aucun pays du monde. Aussi, espère-t-elle qu’au sortir de cet atelier, ses participants seront dotés de compétences requises et d’un engagement renouvelé à faire de notre pays une place financière assainie.

Par Sidi Dao




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