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dimanche 28 février 2021
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Le blocage dans la mise en œuvre de l’accord réside en partie dans son opacité: Ce que je propose :

1- Du côté de la CMA, informer en toute sincérité les concitoyens qui ont crû au projet d’indépendance de l’Azawad qu’il est impossible de construire un État Arabo-touareg sur un territoire occupé par plusieurs communautés qui n’adhèrent pas au projet d’indépendance. Le mot Azawad divise parce que basé sur un nationalisme Touareg dissimulé. Ce débat doit être clos et faire place aux problèmes de gouvernance.
Est-ce que la CMA est prête pour cette épreuve de vérité ?
2- Réorienter le combat vers la quête d’une gouvernance vertueuse dans un État républicain et laïc. Ce qui unit toutes les communautés du nord et de manière générale toute la communauté nationale, c’est la nécessité d’une gouvernance efficace. La CMA est-elle prête pour cela ?
3- Joindre l’acte à la parole en créant les conditions du retour effectif de l’administration et des services sociaux de base ainsi que des forces armées et de sécurité. Sans État, pas de services sociaux. La CMA est-elle prête pour cela ?
4- Du côté de l’Etat, recueillir les réserves des autres communautés locales qui n’adhèrent pas au projet Azawad.
5- Recueillir les réserves des autres forces vives de la nation sur l’impact de l’accord sur l’ensemble du pays parce que les mesures contenues dans l’accord pour la plus part peuvent s’étendre aux autres régions. Le gouvernement est-il capable de faire cela ?
6- Demander aux intellectuels de se pencher sur les implications des réformes que l’accord introduit. Etat unitaire centralisé ? Etat unitaire composé de régions États?
Mettre à jour les avantages et inconvénients des différentes options et leur impact sur le réel.
Informer clairement les Maliens sur les options.
7- Mettre ces conclusions dans le panier d’une Relecture consolidante de l’accord suivant le mécanisme de révision prévu par l’accord.
La Relecture consolidante ainsi que toutes les activités ci-dessus décrites doivent se faire avec toutes les parties prenantes à la mise en œuvre de l’accord.
Pour ma part, je reste persuadé que les Maliens dans leur ensemble choisiront un système d’État unitaire basé sur les régions État.
L’accord prévoit exactement ce modèle.
Il ne s’agit pas de décentralisation poussée dans l’accord, mais d’un système de régions État. La CMA doit abandonner le projet Azawad, encourager et faire accepter l’administration dans les localités sous son contrôle. Le gouvernement doit écouter les réserves des voix discordantes, recueillir les analyses des spécialistes sur les implications du modèle politique et institutionnel que prévoit l’accord, les différents types d’État que dessine l’accord, tirer au clair les avantages et les inconvénients des différentes options. Substituer l’information à la communication en informant objectivement les citoyens des enjeux et mettre en place un cadre de Relecture Consolidante de l’accord avec les partenaires.
A défaut, on va continuer à tourner dans le vide.
Il faut impérativement joindre l’acte à la parole et substituer l’information à la communication.
Bon début de semaine.
Abdourahamane Toure




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