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mercredi 20 novembre 2019
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Bouréima Allaye sur l’Interdiction de la marche du 2 avril: ‘‘le gouvernement s’est mis le doigt dans l’œil’’

Après l’interdiction de leur marche par le gouverneur du District, les responsables du Conseil national de la société civile (CNSC), de l’Association Ginna Dogon, de Tabital Pulaaku et du Conseil supérieur de la diaspora (CSDM) ont animé une conférence de presse ce mardi 2 avril 2019, à la Maison de la presse du Mali. L’objectif était d’informer l’opinion nationale que c’est le gouvernement qui a interdit cette marche pacifique.

Au cours de cette rencontre avec les médias, les initiateurs de cette marche unitaire à la mémoire des victimes de l’attaque d’Ogossagou ont dénoncé cette décision du gouverneur de Bamako jugée attentatoire aux libertés publiques.

Cette conférence de presse était animée par le président du CNSC, Bouréima Allaye TOURE qui avait à ses côtés le président de Ginna Dogon, l’ancien Ambassadeur Mamadou TOGO ; le représentant de Tabital Pulaaku, Seydou Macki TALL ; et le président du CSDM, Mohamed Chérif HAÏDARA.

Le président Bouréima Allaye TOURE a indiqué que c’est à moins de 3 heures de la mobilisation, soit aux environs de midi, qu’ils ont reçu la réponse du gouverneur du District leur signifiant l’interdiction de la marche. Le motif principal évoqué par le responsable du District est la recrudescence des actes de sabotage observés çà et là à travers tout le pays. ‘’Face à la recrudescence des actes de sabotage çà et là observés et le manque d’esprit de patriotisme qui est en train de gagner du terrain à travers le Mali tout en entier et particulièrement le District de Bamako’’, peut-on lire dans cette correspondance du gouverneur, le général de Brigade Débérékoua SOARA, qui a circulé hier sur les réseaux sociaux.

Pourtant, cette manifestation pacifique était une marche citoyenne destinée à rendre hommage à toutes les victimes de la violence au Mali. «Nous ne nous attendions pas à la réponse que nous avons reçue», a dit M. TOURE, visiblement interloqué par la suite réservée à sa requête par le général SOARA.

D’ailleurs, le président du CNSC qui a été reçu le même après-midi par le gouverneur n’a pas manqué de lui signifier sa désapprobation. De son avis, en tant qu’organisateurs, il était du devoir des responsables de la société civile d’informer l’autorité des objectifs et des itinéraires de la manifestation.

«En interdisant notre marche, le gouvernement s’est mis le doigt dans l’œil, car les gens vont se focaliser sur la marche du 5 avril puisqu’ils sont prêts à marcher», a mis en garde Bouréima Allaye.

Selon lui, la liberté d’expression est une voie pacifique qu’il ne faut pas brimer au risque d’appeler à la violence.

Enfin, il a invité tous les citoyens à rester mobilisés et vigilants. «Je vous appelle au calme et à la paix et que Dieu nous protège», a-t-il dit. Avant d’ajouter : «nous avons signifié à M. le Gouverneur que c’est maintenant même qu’ils vont radicaliser l’opinion publique nationale. Car, vouloir refuser l’exercice des libertés consacrées par la Constitution, ça va pousser le citoyen qui a voté la Constitution de 1992 à se rebeller».

La présence des responsables de Ginna Dogon de de Tabital Pulaaku autour de lui lors de cette conférence prouve aux yeux du président TOURE que les communautés qu’on veut opposer au centre du pays ne sont pas prêtes à faire l’amalgame

Face à la situation, la société civile a invité l’État à prendre ses responsabilités pour répondre aux attentes des Maliens. Il s’agit pour Bouréima Allaye de garantir la sécurité de tous les Maliens et de leurs biens comme le veut la Constitutionnel. «S’il ne le font pas, nous, en tant que société civile, nous les dénoncerons», a-t-il martelé.

«Ça nous fait mal de voir que nos pays voisins ont massivement manifesté, sans violence, pour réaliser des changements et que nous, nous ne pouvons pas manifester dans notre pays ; c’est vraiment grave. Il faut que ce comportement change. Nous aimons ce pays et nous n’allons pas permettre à qui que ce soit de le mettre à feu et à sang», s’est-il prévenu.

De l’avis des conférenciers, cette marche a été décidée parce que nous avons trop de tueries et de massacres ces derniers mois. A ce propos, ils ont rappelé Ménaka, Koulogon, Dioura et le 23 mars dernier, il y a eu Ogossagou. De janvier 2018 à nos jours, le CNSC estime à plus de 675 le nombre de victimes de ces violences quasi quotidiennes. «Nous avons trop attendu pour exprimer notre douleur, appeler à la réconciliation et inviter le gouvernement à prendre ses responsabilités », a déploré Bouréima Allaye TOURE.

Par Abdoulaye  OUATTARA

 




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