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jeudi 29 juillet 2021
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Calendrier électoral: la Transition sur la ligne de crête

Selon une Note d’information sur le chronogramme du référendum et des élections générales en date du 14 avril 2021, pour les consultations, l’élaboration du projet de constitution, son examen en Conseil des Ministres et son adoption par le Conseil National de Transition, il est prévu 5 mois. Avec plus de 2 mois de délai consommé, l’échéance est-elle encore tenable ?

Sauf chamboulement du calendrier annoncé, la tenue du scrutin référendaire est prévue le dimanche 31 octobre 2021.
Une source officielle fait savoir que ‘’pour le référendum, il est tenu compte du temps nécessaire aux consultations, à l’élaboration du projet de Constitution, à son examen en Conseil des Ministres et à son adoption par le Conseil National de Transition. Pour ce processus de consultation, d’élaboration et d’adoption, il est prévu une durée de cinq (05) mois à compter du mois d’avril. Ce délai devra permettre de recueillir et de prendre en compte les aspirations du peuple malien dans toutes ses composantes’’.
Alors que le chronogramme officiel fait état du dépôt du projet de Constitution au Conseil National de la Transition (CNT), le vendredi 2 juillet 2021, donc dans moins de 20 jours, très peu d’informations filtrent sur les consultations annoncées ‘’pour prendre en compte les aspirations du peuple malien dans toutes ses composantes’’. Ce qui fait redouter que la future Constitution ne se ramène à une question d’experts qui décideront pour le ‘’peuple malien’’ en attendant le scrutin référendaire proprement dit. Autant dire qu’il est important pour les autorités de la Transition de jouer à fond la carte de la transparence ; d’autant plus qu’il se murmure l’existence d’une Constitution quasiment finalisée qui circule entre les bureaux.
Pour le nouveau Premier ministre, le Dr Choguel Kokalla MAIGA, c’est un test grandeur nature de communication, lui qui a promis de se présenter devant le peuple chaque fois que de besoin pour informer.
De même autant pour le scrutin référendaire que pour les élections générales, il mène une course contre la montre. Ce, d’autant plus qu’il y a un préalable impossible à faire passer pour pertes et profits. A cet effet, l’article 46 de la Loi N°2018-014/du 23 avril 2018 portant modification de la Loi N°2016-048 du 17 octobre 2016 portant Loi électorale dit : ‘’en vue de la révision annuelle des listes électorale (…). Du 1er au 31 octobre, la Commission administrative procède aux opérations suivantes :
I-L ’inscription d’office :
-des citoyens en âge de voter sur la liste électorale disposant d’un Numéro d’Identification National (NINA) ;
-de ceux qui figurant dans la base de données biométriques de l’état civil avec leurs photos et leurs empreintes digitales, rempliront dans l’année suivante les conditions d’âge pour être électeurs ; toutefois, la photographie faciale suffit pour l’électeur qui est dans l’impossibilité d’apposer ses empreintes digitales…’’
Or, la révision exceptionnelle des listes électorales est prévue du vendredi 25 juin au samedi 10 juillet 2021. Selon ce chronogramme le début de cette opération doit intervenir dans moins de 10 jours. Mais, on ne sent pas les lignes bouger véritablement pour l’effectivité de l’opération de révision annuelle qui a été ramenée d’octobre à juin-juillet 2021pour les besoins de la cause, en violation de la loi portant Code électoral.
Il faut également signaler que l’ensemble de la classe politique attache du prix au bon déroulement de cette révision, dans la mesure où elle est le substrat naturel indispensable à la confection des cartes d’électeur qui font couler beaucoup d’encre et de salive à chacune de nos élections. Une bonne élection, c’est un bon fichier électoral, apprend-on.
Mais comme on dit : on n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimace. L’équipe Choguel MAIGA semble regorger de ressources à hauteur de défis. Il ne lui reste plus qu’à ‘’prioriser et hiérarchiser les actions’’, ‘’réaliser ce qui est possible, rendre possible ce qui est nécessaire’’. Il y a va de l’intérêt général pour renouer avec un régime démocratique mis en place sur la base d’élections transparentes, crédibles…

PAR BERTIN DAKOUO




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