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dimanche 24 octobre 2021
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Les choix cornélien entre précipitation et procrastination pour les réformes

Le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA tient son pari d’informer régulièrement le peuple malien. C’est une mission qu’il mène ab libitum, en atteste la kyrielle de rencontres qu’il organise avec l’ensemble des forces vives de la nation, à chaque étape importante de la vie de la nation. C’était le cas, avant et après l’adoption du Plan d’Action du Gouvernement (PAG) 2021-2022. C’est le cas, en ce moment du Projet d’organe unique indépendant de gestion des élections (OUIGE), d’assises nationales de la refondation (ANR) et subsidiairement du calendrier électoral.

Mais, il y a un paradoxe amer à tenir ce pari à haut risque. De nombreuses flammèches peuvent mettre le feu à un terrain plein de risques. En effet, la course d’obstacles dans laquelle s’est lancé le Premier ministre, laisse apparaître des clivages contre-productifs qui font passer à côté des solutions clef. Certes, il a le soutien de certaines faîtières et regroupements politiques, dont le Haut conseil islamique du Mali, les églises catholiques et protestantes ; le Haut conseil des Maliens de l’extérieur et le Conseil supérieur de la diaspora ; la Coalition des forces patriotiques (COFOP) ; du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) ; d’une ribambelle d’associations qui rivalisent de zèle.
Mais, il y a aussi les autres qui ne sont pas prêts à se rallier à coup de martèlement anaphorique des projets qui semblent aussi iconiques que controversées. Parmi ces ‘’récalcitrants’’, ces ‘’anciens dignitaires déchus’’, il y a les partis du Cadre d’Echanges pour une Transition Réussie. D’ailleurs, après le PARENA, la CODEM, l’ADEMA-PASJ annonce également qu’elle ne prendra pas part aux assises nationales et la refondation (ANR) et considère l’organe unique et indépendant de gestion des élections comme le cocktail explosif d’un disco électoral.
Ils ne sont pas seuls, puisque le Conseil national de la société civile estime également que les réformes qui font courir les autorités de la Transition peuvent attendre celles qui seront issues d’élections transparentes, crédibles sont la priorité la plus pressante à ses yeux.
Dès lors, le pays devient un chaudron pour un comportement politique radical. Le vernis de paix et de stabilité dans lequel il baigne est sérieusement entamé. Il sera difficile, dans ces conditions, de délivrer un certificat de légitimité à des assises boycottées par les plus grandes formations politiques (tripatouillage électoral ou pas), que la société civile n’arrête pas de trucider.
La redoutable équation : que choisir entre précipitation et procrastination pour ce qui est des réformes majeures. ?
Pour tourner à jamais ces pages honteuses de l’histoire politique de notre peuple, jadis grand, il est impérieux de sortir des illusions de la terre promise.
C’est vrai qu’il faut sortir de l’ornière du monde d’avant, mais pas au prix d’une opération de court-circuitage des partis politiques et de la société civile, d’un vrai tour de force. Parce qu’au stade où est le Mali, aucune politique de rupture ne devrait conduire à faire le lit à l’installation de la conviction de l’infaillibilité de la pensée unique, à l’illusion d’un sentiment surhumain d’être devenu indispensable.

PAR BERTIN DAKOUO




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