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dimanche 28 février 2021
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CNPM-Banque Mondiale: plusieurs centaines de milliards pour Morila II

La mine de Morila cessera ses activités d’exploitation minière en 2018. Mais l’après-Morila ne sera pas un champ de ruines : avec l’engagement de l’Etat, le conseil national du patronat du Mali, Randgold et la Banque mondiale explorent les possibilités financières et techniques pour transformer le site de la mine en un véritable pôle économique, conçu pour être un projet agro-industriel novateur pour le Mali et même pour la sous-région, pour la réalisation duquel aucun des partenaires ne veut l’échec. Un véritable challenge industriel à des centaines de milliards de francs CFA.

Morila II, c’est l’après-mine, après la fermeture du site d’extradition de Morila I, prévue en 2018, sur les décombres duquel un véritable centre agro-industriel sera bâti. Le conseil national du patronat malien (CNPM), Randgold et la Banque mondiale sont les maîtres d’ouvrage de ce gigantesque pôle économique.
Les études de faisabilité, les plans de financements et les montages techniques de ce vaste chantier de transformation agro-industrielle sont entre autres sujets de discussions et de rencontres entre les différents partenaires, lesquels, comptant sur l’énorme potentiel de la zone, n’envisagent à aucun moment l’échec.
C’est d’ailleurs sur un tel engagement décisif que le président du CNPM, Mamadou Sinsin Coulibaly, qui a réuni les principaux partenaires de ce joyau industriel, au cours de l’une des nombreuses revues sur le projet, a martelé qu’il y va de la responsabilité de l’institution de breton Woods de réussir cette réalisation économique. C’était le vendredi dernier, au siège du patronat, sis à ACI 2000, en présence des représentants de la Banque mondiale, en l’occurrence Alexandre Laure, Amy Soumaré et Malick Fall (SFI) et de Randgold avec Hilaire Diarra.
Sur la justesse économique du projet industriel, le représentant de Randgold a déclaré que dans la perspective de la fermeture de la mine, prévue dans deux ans, la société minière a dû rencontrer les acteurs du secteur privé, notamment le CNPM, en vue de rentabiliser les infrastructures modernes qui s’y trouvent.
En termes d’infrastructures, la mine de Morila en a en revendre : un bassin d’eau immense, de véritables lacs artificiels, une capacité électrique de plus de 35 mégawatts (soit près de la moitié de la puissance d’EDM), le tout sur un périmètre de terres sur plus de 15.000 hectares. Il est clair que le potentiel de Morila II représente un projet agro-industriel à grande rentabilité économique pour le Mali et même pour la sous- région. Voilà pourquoi, en face des représentants de la Banque mondiale, dont l’intérêt pour le projet est autrement plus important, le président du CNPM dira que le secteur privé compte énormément sur l’institution financière multilatérale pour ce projet industriel, pour la réalisation de laquelle le secteur privé en fait un baroud d’honneur.
En fait, l’accompagnement de la Banque mondiale, comme l’a suggéré le représentant du patronat, ne s’exprime pas uniquement en termes financiers. C’est également un appui technique et de catalyseur auxquels le secteur privé attend du partenaire multilatérale, en ce sens qu’il compte obtenir une grande visibilité sur le projet.
A la Banque mondiale, surtout au niveau de la filière SFI, qui s’occupe principalement du secteur privé, l’intérêt pour Morila II ne se discute plus, tant les intentions et les initiatives, déjà exprimées, vont dans le sens d’une plus grande mobilisation des ressources en faveur du challenge.
En réalité, selon les représentants de la Banque mondiale, présents à cette rencontre du CNPM, les émissaires de l’institution financière internationale ont multiplié les missions sur le site de Morila en vue de faire le point sur l’énorme potentiel économique de la zone. Mieux, la Banque mondiale, comme à ses habitudes, est disposée à mobiliser d’autres partenaires financiers et économiques dans la perspective de mieux rentabiliser le site.
D’ailleurs, une fois de plus, au cours de leurs discussions avec les partenaires, les représentants de la Banque mondiale ont clairement déclaré que l’opportunité est déjà sur la table, concernant le financement du site agro-industriel de Morila.
En fait, les éléments d’appréciation de la BM avant toute chose restent les mêmes : les études de rentabilité économiques et les études environnementales ; histoire de disposer d’une meilleure présentation du projet industriel.
Autre exigence de la BM : l’importance de l’implication des populations sur le projet agro-industriel. Sur toutes ces questions primordiales, et sur de nombreux autres aspects, les représentants de Morila ont estimé, dans les discussions, que la société minière est bien avancée sur ce terrain, car ayant déjà procédé aux relevés techniques de tous ces aspects (réalisés par des cabinets indépendants), dont les travaux pourront être remis à la Banque mondiale, libre alors de les soumettre à une contrexpertise de son choix.
En tout état de cause, la Banque mondiale est avec ses partenaires du CNPM et de Randgold pour ce que ce projet industriel, qui suscite tant d’intérêts financiers, au niveau du secteur privé malien, pour que le challenge économique n’échoue pas. L’intérêt pour le secteur privé, pour un tel projet agro-industriel, dans la perception du président du CNPM, ne se discute pas d’autant que la zone de transformation de l’agro-business, au-delà de ses potentialités agricoles, est également désignée pour la création d’un nouveau pôle de développement économique, où l’on pourra investir, selon les nombreux secteurs productifs qui s’érigent, plusieurs centaines de milliards de nos francs. De là pourront germer des espaces de pêche aménagés, des industries de pointe, dans de nombreux domaines de l’activité économique ; le tout bâti autour d’une nouvelle ville économique, vers laquelle pourront converger des investisseurs potentiels de tous les horizons du monde, dont l’intérêt n’est autre que d’injecter leur argent dans l’économie du Mali d’autant qu’ils sont convaincus qu’ils pourront y gagner.

Sékouba Samaké




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