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mardi 22 septembre 2020
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Le CNSP au Ghana: vers la levée de l’embargo

L’ultimatum lancé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aux putschistes pour mettre en place une Transition politique civile avec la désignation d’un Président et d’un Premier ministre civils arrive à terme aujourd’hui mardi 15 septembre 2020. Pour évaluer les progrès accomplis par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le nouveau président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Ghanéen Nana Akufo-Addo a convoqué ce mardi même un sommet extraordinaire pour connaître et statuer sur la situation de notre pays toujours sous le coup des sanctions communautaires depuis le renversement du Président IBK le 18 août 2020.

La communauté internationale dont le lead est assuré par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) continue de réclamer le retour des civils dans un an maximum, au terme d’une transition dirigée par des civils.
La Cedeao, qui a imposé au Mali un embargo sur les flux commerciaux et financiers, a donné à la junte jusqu’à aujourd’hui mardi 15 septembre pour désigner un Président et un Premier ministre civils.
La France, principal allié de notre pays dans la lutte contre le terrorisme avec plus de 5 000 hommes déployés, pousse aussi à avancer vite sur la voie d’un retour à un régime civil.
Les partisans d’une transition longue, confiée aux militaires, arguent du temps et de l’autorité nécessaires pour redresser un pays dans le gouffre. Les autres invoquent au contraire le risque d’une instabilité encore accrue dans un Sahel déjà travaillé par les groupes djihadistes, et le mauvais exemple régional donné par une junte maintenue durablement au pouvoir.

Ce sommet extraordinaire de la CEDEAO, le troisième depuis le 18 août, qui se tiendra à Peduase situé à l’Est du Ghana, verra la participation exceptionnelle d’une délégation du Comité national pour le Salut du peuple (CNSP). Selon des sources dignes de foi, la délégation malienne pourrait être conduite par le Chef de la junte lui-même, le Colonel Assimi GOITA. Le président Nana Akufo-Addo président en exercice de la CEDEAO et hôte du sommet a dépêché un avion à Bamako pour assurer le transport de la délégation militaire malienne qui sera son hôte. Toutes choses qui dénotent des prémisses d’une détente entre Bamako et Accra ainsi que la volonté d’avancer en vue de trouver une issue à la crise qui dure depuis un mois.

Selon l’entourage du Colonel Assimi GOITA rapporté par RFI, le déplacement de Peduase n’a nullement pour objectif de guerroyer pour un nationalisme improductif et inopérant pour le pays enclavé que nous sommes ni d’aller affronter les Chefs d’État de la CEDEAO comme d’aucuns l’ont fait ici lors de leur déplacement avec force populisme. L’objectif pour les militaires est clair. Il s’agira de trouver un terrain d’entente pour lever l’embargo sur notre pays en expliquant aux dirigeants de la CEDEAO les raisons de leur ‘’acte’’ et pourquoi le choix du président de la transition n’a pas encore abouti.
En d’autres termes, il s’agira pour le Colonel Assimi GOITA et sa délégation de convaincre les chefs d’État de la CEDEAO de leur bonne foi et leur donner des garanties suffisantes afin d’obtenir la levée de l’embargo contre notre pays et parvenir à un accord-cadre sur la Transition dans notre pays. Selon des sources diplomatiques, la CEDEAO, pourrait lever le pied sur les sanctions, et même adouber les putschistes qui ont réussi à feinter les vieux politiciens de Bamako essentiellement guidés que par des postes. En effet, la bonne tenue des journées de concertations nationales est un bon indicateur que la junte peut conduire les « choses » dit-on dans les coulisses.
Selon certaines indiscrétions diplomatiques, le sommet d’Accra pourrait être décisif et très positif quant à l’avenir immédiat de notre pays. En effet, plusieurs indices indiquent qu’il y a des raisons d’espérer que CNSP et CEDEAO vont aboutir à un modus vivendi pour que la « transition civile » débute et se déroule dans les meilleures conditions pour sortir notre Maliba de l’instabilité institutionnelle et politique et que la démocratie puisse y être sauvegardée et préservée.
Les incompréhensions devraient en effet se lever et les choses se décanter entre les putschistes et le syndicat des chefs d’État de la CEDEAO sur la présidence de la Transition. Le CNSP pourrait sur ce point lâcher du lest étant entendu qu’un président militaire de la transition est inacceptable pour la CEDEAO. Donc ça ne passera pas. Or, il semble que c’est ce point qui constituait jusqu’ici la principale pomme de discorde entre Kati et la CEDEAO. Une fois reconnu et accepté ce principe intangible et non négociable de la CEDEAO, l’éclaircie est engageable pour la sortie de crise. Prenant acte de la bonne foi des colonels du CNSP, la CEDEAO pourrait volontiers consentir le rallongement de la période de Transition de 12 mois (décidée par la CEDEAO) à 18 mois tel que décidé par les Concertations nationales.

PAR BERTIN DAKOUO




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