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vendredi 20 mai 2022
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Commune rurale de Falo: la population réclame la tête du Maire

Les habitants des 26 villages et hameaux de la commune rurale de Falo ont battu le pavé le vendredi dernier pour exiger aux plus hautes autorités de démettre le maire Mamourou BOUARE de ses fonctions. Cette manifestation, qui est selon les observateurs la première dans l’histoire de ladite commune est sans doute la rançon de la très mauvaise gouvernance que le maire BOUARE et ses complices font subir aux populations.

Ce vendredi 6 mai 2022, les manifestants ont pris d’assaut les rues de Falo, chef-lieu de la commune.

Ils étaient des centaines de femmes, de jeunes, et de vieux à se mobiliser pour clamer le départ de leur autorité communale et surtout l’installation d’une autorité intérimaire.

Il est 09 heures à la place publique du village.  Les manifestants munis de pancartes, et des banderoles à l’effigie du drapeau du Mali ont pris d’assaut la sous-préfecture pour remettre au sous-préfet une déclaration qui comporte des témoignages qui accablent le Maire BOUARE.

Tout au long de processions, les manifestants scandaient des slogans hostiles au Maire Mamourou BOUARE : ‘’A bas le Maire Voleur’’ ;  ‘’Non à la torture des populations’’ ; ‘’Nous ne voulons plus d’un maire diviseur’’.

Sur les pancartes, on pouvait aussi lire, entre autres : ‘’ Non à la mauvaise gouvernance’’ ; ‘’À bas le Maire Mamourou’’ ; ‘’Les femmes réclament leur champ’’ ; etc.

Selon certains participants, cette manifestation est résultats des brouilles de très longues années entre le maire et les populations sur des questions de gestion des impôts, des certaines questions foncières.

Les populations sont aussi exaspérées par la gestion des programmes de développement financés par les ONG internationales.

Toutes frustrations qui sont à la base de cette exaspération collective, qui risque d’emporter le Maire BOUARE.    

«Nous collectif des femmes et Hommes de la commune rurale de Falo déplorons la mauvaise gouvernance, une gouvernance autocratique du Maire Mamourou BOUARE tant décriée et tant contesté par toutes les autorités administratives et politiques de Falo ainsi que dans le cercle de Bla », ainsi libellé dans la déclaration.   

Comme pour enfoncer le clou, Souleymane BOUARE du collectif des jeunes de la commune rurale de Falo, qui lisait la déclaration a indiqué qu’au même moment où le Mali cherchait la Paix et la cohésion sociale entre les Maliens que c’était en ce moment que le Maire sème la terreur dans sa commune.

« Il est à la base de beaucoup de conflits entre nos villages, notamment le village de Kana et King qui sont en conflit à cause d’un marigot», a-t-il accusé.

Selon lui, ce conflit entre les mêmes fils de la localité a été attisé par le Maire, qui fait l’objet de nos jours de toutes les accusations.

À en croire le jeune BOUARE, le maire fut l’instigateur d’un conflit entre les hameaux de Kombalabougou, N’Tomikorobougou, Bougoukoura et Moribabougou et le village de Mougnana Kombalabougou et le village de Falo, à propos du rôle des impôts.

« Pour une première fois dans la commune rurale de Falo, le Maire a divisé le rôle des impôts du village entre son propre quartier (Dekana) et le reste du village de Falo. Dans la même perceptive, il fait perdre le village de Falo d’un jardin maraîcher de l’ONG APROFEM au profit de son fief électoral. Chose que le village a refusée. Toujours dans sa volonté de division, le Maire usurpa le titre de chef du village pour demander une adduction d’eau sommaire pour son quartier, or, rien ne prévoit cela dans le programme de développement économique, social et culturel (PDSEC) de la commune de Falo. La liste est longue à citer, un fait corrobore tout cela, le rejet catégorique et sans appel du compte administratif 2021 par les élus communaux par 17voix  contre et huit 8 pour. Cette situation est un embargo que le maire crée dans sa commune pour sauvegarder ses intérêts », a-t-il lu la déclaration.

Par ailleurs, les manifestants ont déploré devant le sous-préfet que l’école de Falo souffre d’un problème d’eau, faute du non-paiement de la facture d’eau par la mairie.

« Nous les femmes ne pourrons plus cotiser pour payer les factures d’eau dans les écoles. Nous saluons ici le maire Kassoum COULIBALY qui durant son mandat payait les factures d’eau des écoles sur le budget communal. », a renchéri la porte-parole des femmes.

Il faut noter que certains partisans du Maire sont sous les verrous pour avoir brûlé les champs de riz en maturité appartenant à  des femmes.

Le mardi passé, les présumés criminels étaient devant le juge du Tribunal de première instance de Bla.

En tout état de cause, les habitants de cette commune rurale disent ne plus reconnaître le Maire de Falo comme leur autorité communale.

Les manifestants ont ainsi demandé au sous-préfet d’apporter leur message à qui de droit.

Quant au sous-préfet, il a appelé les manifestants au calme, avant de leur promettre de remettre leur déclaration aux autorités compétentes.

Notons que la commune rurale de Falo, située dans le cercle de Bla, repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. Elle compte environ 250.000 âmes reparties entre 26 villages et hameaux de notre pays.

Affaire à suivre.

PAR CHRISTELLE KONE




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