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samedi 27 novembre 2021
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Conférence intergénérationnelle: ce que l’islam et la tradition disent sur le mariage d’enfants

Le Parlement National des Enfants du Mali a organisé une journée d’échange intergénérationnelle sur le mariage d’enfants et les droits de la fille en collaboration avec Save the Children. C’était le vendredi dernier à la Cité des Enfants de Bamako. L’initiative s’inscrit dans le cadre des stratégies de Save pour réduire le mariage d’enfants.

Cette conférence intergénérationnelle a été animée par la directrice de la Cité des enfants de Bamako, Mme Amina CISSE ; l’artiste comédien, Nouhoum CISSE dit ‘’Bagnègo’’ ; l’imam Abdoulaye TRAORE.
Étaient présents à cette rencontre des dizaines de jeunes filles et garçons avec à leur tête le président du Parlement des enfants du Mali, Nouhoum Chérif HAIDARA.
Au cours de la rencontre, les échanges ont porté sur l’éducation au sein de la famille, les violences basées sur le genre, les violences basées sur les enfants
L’objectif était de renforcer le plaidoyer pour la validation politique et l’adoption de la stratégie multisectorielle pour mettre fin au mariage d’enfants au Mali.
En effet, il ressort de plusieurs rapports que notre pays a l’un des taux de prévalence de mariage d’enfants le plus élevé en Afrique. La pratique prive également des milliers de filles de leur droit à la scolarité.
Souhaitant la bienvenue, la directrice de la Cité des enfants de Bamako, Mme Amina CISSE, s’est réjouie de cette initiative du Parlement des enfants en vue du plein épanouissement des enfants.
Puis, a-t-elle évoqué les chiffres alarmants sur le mariage d’enfants dans le monde.
Selon elle, 22 enfants se marient par jour soit 12 millions d’enfants par an dans le monde. Les conséquences de cette pratique sont également multiples sur le plein épanouissement de la jeune fille.
« Notre pays, le Mali, ne fait pas parti des trois pays dont les chiffres sont alarmants, mais je crois qu’on n’est pas loin. Si on se saisit du problème pour corriger, ça va éviter dans l’avenir des problèmes de santé, de scolarisation et notre pays va aller beaucoup plus loin », a-t-elle indiqué.
En effet, en plus de la déscolarisation, les filles sont aussi victimes de la fistule, comme en témoignent plusieurs médecins.
Parlant de l’éducation des enfants, en général, la directrice de la Cité des enfants a soutenu : « tout commence à partir de la famille ». Pour elle, la famille est le socle de l’éducation.
Également, renchérit-elle, certaines de nos valeurs religieuses ont accordé des droits importants aux femmes et enfants. Il est important que ces droits soient connus par les enfants, a-t-elle signalé. « On retrouve l’essentiel de ces droits dans les conventions en faveur des enfants et des femmes », a informé Amina CISSE.
De son côté, le président Nouhoum Chérif HAIDARA a fait savoir que cette rencontre entre les enfants et les leaders traditionnels et religieux était initiée par le Parlement national des enfants du Mali en vue de parler sur la situation des enfants du Mali, l’éducation et le comportement des enfants au sein de la famille.
Selon lui, il est important que les enfants, qui sont l’avenir du pays, reçoivent une bonne éducation. Et cette conférence intergénérationnelle est une opportunité permettant à la jeune génération d’apprendre des anciens.
« Aujourd’hui nous vous avons fait appel afin de nous guider sur le bon chemin. Cela passe par l’explication du sens de la famille, du pays, sur nous même les enfants afin de corriger les mauvaises pratiques », a indiqué le président du Parlement des enfants.
Pour sa part, l’un des conférenciers de la rencontre, Nouhoum CISSE, a exhorté les enfants à avoir un comportement exemplaire dans la société, à respecter les parents et les aînés. Dans la société traditionnelle, les droits des enfants étaient respectés.
« On ne pouvait contraindre un enfant à se marier alors qu’il n’atteint pas l’âge », a-t-il indiqué.
Quant à l’imam Abdoulaye TRAORE , il a affirmé qu’en islam que « qu’il faut que l’enfant ait 18 ans avant de se marier ». Mais exceptionnellement, des filles de 16 ans si elles remplissent certains critères sont autorisées à être données en mariage.

PAR SIKOU BAH




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