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jeudi 25 février 2021
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Conflits intercommunautaires: revisiter les mécanismes traditionnels de règlement

Ces derniers temps, nous assistons à une relative montée de la violence sur fond de confits communautaires ou fonciers, ce sur une bonne partie l’ensemble du territoire national. En effet, en plus des cas d’affrontements avérés, des foyers de tension sont signalés, çà et là, entre les communautés surtout autour des pâturages et du foncier en ce début d’hivernage. Face à ces conflits aux conséquences incalculables sur tous les plans, il est impératif pour nos autorités de mettre en œuvre les mécanismes traditionnels de règlement des conflits prévus à cet effet, à la fois par l’accord pour la paix et la réconciliation, mais aussi et surtout les états généraux sur la Décentralisation qui ont recommandé le renforcement de la démocratie, la bonne gouvernance, la prévention et la gestion des conflits, l’amélioration des services de bases aux populations.

La crise politico sécuritaire de 2012, suivie du coup d’Etat a ébranlé le Mali sur tous les plans.
Ainsi, au sortir de cette grave crise multidimensionnelle, le tissu social national s’est déchiré et les mécanismes traditionnels de prévention, de gestion et de résolution des conflits semblent avoir laissé la place à la violence. Le constat qui se dégage, c’est en absence d’autorité de l’Etat, les communautés gèrent malheureusement leurs différends par la violence partout sur l’ensemble du territoire. En plus de la poussée djihadiste, l’Etat se trouve aujourd’hui submergé par des foyers de tension au plan social. Comme il en été le cas tout récemment à Ténenkou, et à Afia (Kiéniéba). Tout près d’ici à Koulikoro, le feu couvre entre peuls et bambaras autour d’un pâturage.
Face cette recrudescence de la violence, l’Etat doit chercher à redynamiser les mécanismes traditionnels de prévention, de gestions et de résolutions des conflits.
En effet lors des états généraux sur la décentralisation, il avait été recommandé de mettre un accent particulier sur le rôle des autorités traditionnelles et coutumières dans la gestion politique locale et nationale. Les recommandations concernent la prise en compte de la dimension culturelle dans le processus de démocratisation, de la décentralisation, du développement local et régional et de la restauration de l’autorité de l’Etat.
Par ailleurs, l’accord pour la paix et la réconciliation nationale prévoit l’organisation des rencontres intercommunautaires afin de favoriser le retour de la confiance entre les communautés.
Un proverbe bambara dit que « le conflit est à la cohabitation ce qu’est la sauce à un bon plat ». autrement dit, i serait difficile, voire impossible d’éviter un conflit entre voisins. Mais aujourd’hui, plus que jamais, où l’Etat est absent en certains endroits du pays et la Justice traditionnelle n’est « impartiale», la seule alternative crédible qui s’offre aux communautés commandées à vivre ensemble demeurent les mécanismes traditionnels de règlement des conflits.
C’est pourquoi, l’Etat, les organisations non gouvernementales et les légitimités traditionnelles sont appelés à s’investir pour leur revalorisation afin de résoudre de la manière la plus positive et constructive possible ces violences communautaires qui ne font que endeuiller le pays et saboter le processus de paix et le vivre-ensemble, qui sont des vertus légendaires des Maliens.
En tout cas, au Mali, l’autorité traditionnelle est compétente pour la résolution des problèmes au niveau familial, tribal, clanique ou du village. Son efficacité repose sur le respect de la dignité humaine, ainsi que de nos us et coutumes.

Par Abdoulaye OUATTARA




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