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vendredi 26 février 2021
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Conseil national de la transition: le dernier organe de la transition tarde à voir le jour

Le 9 novembre 2020, le président intérimaire, chef de l’État, N’Bah N’Daw, a officiellement pris un décret sur la clé répartition du Conseil national de la Transition (CNT). Considéré comme organe législatif, il doit être composé de 121 membres. Le retard dans la mise en place du CNT se justifie par les divergences et les contestations politiques.

Le Conseil national de la transition (CNT) doit voir le jour dans notre pays à l’image du Burkina Faso, après la chute de l’ancien Président Blaise Compaoré en septembre 2014, où un CNT a été mis en place. Le même organe est attendu depuis le coup d’État perpétré par les militaires en août dernier contre le régime d’IBK.
Après la nomination du Président et du Vice-président, respectivement Bah N’Daw et le Colonel Assimi Goïta, du Premier ministre Moctar Ouane et les membres du gouvernement, le CNT est le dernier organe de la transition qui doit être mis en place.
C’est le vice-président, le colonel Assimi Goita, qui doit désigner les membres du Conseil national de la transition, comme indique un décret présidentiel.
Le CNT doit jouer le rôle de l’Assemblée nationale et doit légiférer et prendre des actes au nom du peuple. Cet organe législatif, selon son décret de création, doit être formé de 121 membres issus des partis politiques, des groupes armés, de la société civile et des militaires. Une véritable représentation de la population. Il exerce les prérogatives définies par la Charte de la transition et la Constitution du 25 février 1992. Il est présidé par une personnalité civile ou un militaire élu en son sein. Il est précisé que les fonctions du président du CNT sont incompatibles avec l’exercice de tout autre mandat ou responsabilité au cours de la transition.
Depuis l’annonce de la clé de répartition, les Maliens attendent impatiemment sa mise en place. La tension est de plus en plus exacerbée par les querelles de clochers entre les différents acteurs concernés. Une tension ravivée ces derniers jours, suite à la publication, la semaine dernière, de son décret de création avec sa composition. Le fait que la junte s’est arrogé le droit de s’attribuer 22 sièges sur les 121, a mis le feu aux poudres, selon plusieurs observateurs.
La majorité des partis politiques, constate-t-on, toute tendance confondue, a haussé le ton en dénonçant une velléité d’accaparement des militaires de tout l’arsenal transitionnel. Ces partis, à travers leur état-major, menacent de boycotter purement et simplement l’organe en gestation. La junte, qui est accusée d’avoir pris ou fait nommer aux postes de Président, Vice-président, Premier ministre et la grande partie des portefeuilles du gouvernement, est soupçonnée de faire main basse sur le CNT.

L’opinion nationale est fortement divisée. À quand la mise en place du CNT ? Malin est celui qui pourra le dire avec certitude.
Le M5-RFP revendique le quart des postes et la présidence du CNT par ce qu’il se considère comme l’artisan principal de la chute de l’ancien régime.
On se demande qui occupera la tête de l’organe. Est-ce Malick Diaw ? Parmi les putschistes qui étaient au-devant de la scène, il est le seul à ne pas avoir de poste dans la transition. Des suspicions prennent place entre les différents acteurs.

Fatoumata Kané
(UCAO-UUBa)




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