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dimanche 9 mai 2021
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La conspiration du silence bruyant contre la liberté silencieuse

Le Mali est de tous les pays en déconstruction progressive celui où le paradoxe est le plus abracadabrantesque. Voici le pays de fierté et de dignité, «des héros légendaires… aux noms multiples », de Soundjata à Firhoun, de Bademba à Mohamed Lamine DRAME, Bazani THERA, Koumbi Diossé… de Modibo et de ses héritiers, devenu depuis peu celui de la conjecture et de la jactance, de couardise et de l’omerta pour ne pas dire, du silence et de la délation. Le pays où la devise hier était formidablement assénée par Babemba de Sikasso comme « plutôt la mort que la honte » n’est-il pas aujourd’hui le pays où l’on attend la mort impunément (Da ka sa fou).

Quel refuge ailleurs sur le territoire pour le pauvre citoyen qui peut crever au cœur de Bamako, à l’ACI 2000, suite à une balle perdue ou sur le Boulevard de l’Indépendance ? Où sont les forces de défense et de sécurité du Mali et leurs alliés ? L’équation sécuritaire dans un pays occupé au plus des deux tiers n’est pas une galéjade. C’est une écharde dans la blessure.
En effet, la présence de plus de 15.000 soldats venus à notre secours fait un hiatus voire un oxymore fort préoccupant avec l’occupation des pans entiers de notre territoire par des djihadistes et leurs complices. Le cas de Farabougou est moins une injure par rapport au silence incompréhensible des élites et au tintamarre des sans cervelles qui vocifèrent sur le départ des forces internationales. Comme dit l’Évangile : « Seigneur pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (LUC 23-34).
Quelle est cette élite, quels sont ces démocrates, ces hommes d’État qui aspirent à un destin national qui choisissent l’omerta honteuse sur toutes les atteintes et laissent la tranquillité et la sécurité dans la chronique des chiens écrasés ! Faut-il croire qu’après la neutralisation de Ras Bath, il n’y a plus homme sur cette terre à crier haut et fort que la liberté est menacée, celle de parler est devenue dangereuse, celle de pensée sous condition de ne heurter le prince du jour, celle de la presse en transition, pardon en vacances ? Comme on dit, à chacun son tour chez le coiffeur…
Le réveil pourrait être dramatique pour les démocrates et patriotes convaincus d’hier, les générations spontanées de photomanes et de vidéomanes, et pour les patriotes démissionnaires.

PAR BERTIN DAKOUO




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