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dimanche 24 octobre 2021
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Des contorsions politico-diplomatiques ridicules

Au fil des jours, le doute à l’égard de notre ‘’partenaire historique’’ quant à sa sincérité dans la lutte contre le terrorisme, s’est transformé en défiance. A coup de martèlement anaphorique, au gré des rocades, des communautés, par le biais de manifestations, ont étalé leur horripilation face au désastre chaotique qui devenait leur quotidien sur le plan sécuritaire. Aussi, en revendiquant et en assumant des contacts avec le Groupe de sécurité russe Wagner, le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA était en phase avec les Maliens dans leur plus grande expression. Une bouffée d’optimisme se dégage. Ce, d’autant plus que l’on assiste à une valse politico-diplomatique de notre ‘’partenaire historique’’ prise en flagrant délit d’abandon en plein vol. Et pour cause :
Dans cette foire du trône de la démagogie, les dysrythmies se passent de diagnose.
« Si le Mali engage un partenariat avec des mercenaires, le Mali s’isolera et perdra le soutien de la communauté internationale qui est pourtant très engagée au Mali », a dit la ministre lors des questions au gouvernement au Sénat.
« Il n’est pas possible de cohabiter avec des mercenaires », tranche-t-elle.
C’est la même Florence PARLY qui répond à Olivier CIGOLOTTI :
« Non, la France ne se désengage pas du Mali et il est scandaleux de faire croire au monde entier que la France s’en va ».
Il y a également l’ambassadeur de France au Mali, Joël MEYER qui y va de son pas de danse saccadé dans sa lettre au Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA :
« La réorganisation de notre dispositif ne constitue en aucun cas un départ du Mali qui ne figure pas dans nos intentions, sauf bien sûr si les autorités maliennes le souhaitaient ou envisageaient des partenariats incompatibles, notamment sur le plan moral, avec notre propre engagement ».
Des mots disproportionnés nichés, les discours les plus importants tenus par la frange la plus dogmatique et ces derniers jours ont chanté une drôle de musique aux oreilles.
Après avoir répété ad-nauseam l’incompatibilité entre la présence de Barkhane et celle du Groupe de sécurité Wagner, montré ses muscles à coups de déclarations martiales, Paris met la pédale douce et se montre aussi conciliante qu’accommodante. Elle fait patte de velours, parce qu’à la surenchère et au chantage, les autorités de la Transition, fortes de la légitimité populaire, ont opposé une résistance obtuse. Les déclarations tonitruantes des nouveaux oracles n’ont pas produit l’effet escompté. Et voici que notre ‘’partenaire historique’’, face à la vacuité de sa démarche, l’inefficacité chronique de sa ligne qui se condamne à des contorsions ridicules, à faire de l’euphémisme et à ratiociner. C’est le retour de manivelle d’un penchant atavique de paternalisme désuet qui se nourrit de spéculations.
Mais, après le séisme de la défiance et de la bravade, viendront certainement ses répliques conspirationnistes. Il faut alors assumer la responsabilité de l’État en flux continu.

PAR BERTIN DAKOUO




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