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jeudi 25 février 2021
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… et les contre-mesures virales

Le président de la république a annoncé ce 10 avril 2020 des mesures d’accompagnement sociales saluées par les Maliens dans le cadre de la lutte contre la pandémie du COVID-19. Toutefois, ces efforts du gouvernement risquent d’être rapidement contre-productifs, à cause des contre-mesures prises par le même État ou avec sa complicité active ou passive. En tout cas, en convoquant les Maliens aux urnes ce 19 avril 2020 pour le second tour des législatives, en maintenant les mosquées et autres lieux de cultes ouverts, en fermant les yeux sur le déroulement des cérémonies sociales, le commun des Maliens s’interroge si le président IBK ne viole-t-il pas son serment de protéger ses compatriotes contre cette pandémie ?   

500 milliards de francs CFA, c’est le coût des mesures d’accompagnement sociales annoncées par les plus hautes autorités du Mali pour faire face à la pandémie du Coronavirus qui se propage désormais, dans notre pays, à une allure inquiétante. Le Mali affichait depuis ce 12 avril, sur son tableau de bord, 126 cas de malades du COVID-19. Un chiffre qui ne semble pas inquiéter les autorités nationales et même des responsables religieux de notre pays qui continuent d’ignorer ce drame. En effet, au nom des recommandations du Dialogue nationale inclusif (DNI) le président de la République du Mali s’entête de maintenir le second tour des législatives pour ce 19 avril 2020.

« Je rappelle que la décision d’aller aux législatives n’est pas le fait du gouvernement, mais du Dialogue national Inclusif (DNI) qui a mené ses travaux en totale indépendance, sans aucune interférence », a défendu le président IBK dans son adresse du 10 avril. Aussi, le président IBK, jette la responsabilité également aux partis politiques, qui selon lui, ne se sont pas prononcés contre la tenue de ces élections lors de leur rencontre avec le ministre de l’Administration territoriale.

«Du reste, une forte majorité des partis politiques, ne s’était-elle pas prononcée pour le maintien de la date du premier tour, à l’issue de la concertation entre ceux-ci et le ministre de l’Administration Territoriale », s’est-il interrogé ?

Nous pensons qu’il s’agit là d’une fuite en avant du président de la République qui est seul garant de la sécurité des Maliens. En tout cas, il doit reconnaitre que les Maliens ne connaissent pas le DNI ni le ministre de l’Administration territoriale encore moins les partis politiques, mais plutôt le président IBK qu’ils ont élu, à la tête du Mali. Aussi, c’est aux Maliens que lui président a juré de garantir la sécurité et non le DNI, lors de sa prestation de serment.

En maintenant la date des législatives au 19 avril, malgré les risques élevés de la propagation de maladie du COVID-19, et maintenant les lieux de culte ouverts, le président IBK envoie son peuple à la boucherie, au nom des recommandations du DNI.

En effet, les marchés et les lieux de culte, dont les mosquées ; les gares routières ; les transports en commun restent toujours des menaces qui risquent d’annihiler les efforts des mesures-barrières ainsi que les efforts financiers importants annoncés par l’État.

Interpellé sur la question spécifique de la fermeture des mosquées, l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, Mahmoud DICKO, a estimé que c’est à l’État de prendre sa responsabilité.

Certaines mosquées et Églises de la capitale n’ont pas attendu de décision venant d’en haut. À défaut de décision de fermeture officielle, elles ont pris leurs responsabilités en main. C’est d’ailleurs, dans ce contexte, que beaucoup d’Églises sont restées fermées, malgré la fête du Pâques et les fidèles ont célébré sobrement l’événement à la maison. Ce sens de la responsabilité est aussi à saluer. Comme le disait le président IBK, chacun a le devoir de se protéger et de protéger les autres.

Face à la défaillance de l’État quant à sa mission régalienne d’assurer (sécurité des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire) les responsables des mosquées sont vivement appelés à être regardants vis-à-vis du respect du droit de préservation de la vie humaine.

La réalité est que le gouvernement, qui a bravé et qui continue de braver toutes les consignes de sécurité pour tenir des élections législatives a du mal à s’assumer face à des radicaux religieux, qui comprennent mal le langage diplomatique. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que de s’assumer. Tout en privilégiant la pédagogie de la persuasion par le dialogue, il est le principal garant de la santé publique.

Par Sidi DAO




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