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dimanche 24 octobre 2021
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Corridor Bamako-Dakar: les autorités fignolent, les chauffeurs roulent

Malgré une résolution signée par les plus hautes autorités, leur donnant toutes les garanties de circuler dans la quiétude sur le sol sénégalais, les chauffeurs de camions maliens persistent dans leur position : pas question d’aller se charger au pays de la Terenga. Harouna KONATE du Syndicat des chauffeurs de camions explique pourquoi ses camarades ont décidé de changer de cap.

Sur RFI, ce jeudi, M. SANGARE n’est pas allé avec le dos de la cuillère : « Nous remercions les plus hautes autorités de notre pays et celles du Sénégal pour avoir trouvé mutuellement des solutions à ce problème. Mais, nous les chauffeurs de camions du Mali, on a décidé de laisser le corridor Bamako-Dakar pour le moment. Nous irons vers les autres ports de proximité. Le Sénégal n’est pas le seul pays portuaire de l’Afrique de l’Ouest. C’est trop », a-t-il déclaré au micro de notre confrère de RFI Mande kan!
Pour en venir à l’incident qui est l’accident entre un chauffeur malien et un taximan qui a coûté la vie à quatre Sénégalais et qui d’ailleurs a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, le chauffeur malien rappelle que les camions sénégalais effectuent des accidents mortels sur le corridor- Bamako-Dakar.
« Les chauffeurs sénégalais ont tué 7 personnes ici au Mali, personne ne les a touchés. Il n’y a pas longtemps, un chauffeur sénégalais, a sous l’effet de la colère, fait monter son camion sur un Malien en le tuant sur le coup ! Il a été arrêté quelques jours, puis relâché. Nous n’allons pas y aller, jusqu’à nouvel ordre. Et ce nouvel ordre n’est pas demain, ni après demain », a-t-il prévenu.
Pourtant, les autorités des deux pays ont tout fait pour éviter ce refus qui était d’ailleurs prévisible, puisque, bien avant cet incident, les chauffeurs maliens se plaignaient de maltraitance sur le sol sénégalais.
En effet, suite à une visite du ministre malien des Transports et des infrastructures, Mme DEMBELE Madina SISSOKO, à Dakar, les deux autorités ont signé une résolution commune le 24 août, pour permettre aux chauffeurs des deux pays de circuler librement dans ces différents pays, en toute quiétude.
Dans cette résolution, les deux ministres expriment l’engagement des deux Etats à faire respecter l’ordre public et invitent les personnes impactées à faire recours, si besoin, aux voies légales.
Ils recommandent aussi acteurs de faire preuve de plus de responsabilité dans l’exercice de leur activité et, notamment de veiller au strict respect des dispositions du Code de la Route.
Pour une meilleure gouvernance du corridor Dakar-Bamako, les deux délégations ministérielles conviennent de respecter les dispositions règlementaires édictées par les instances communautaires, à savoir l’UEMOA et la CEDEAO dans le secteur des transports routiers, consolider les acquis entre le Mali et le Sénégal, notamment le protocole d’accord relatif aux transports et aux transits routiers entre le gouvernement du Mali et celui du Sénégal ; recommander la construction et la mise en service des aires de repos et de stationnement sur le corridor Dakar-Bamako ; améliorer la fluidité du trafic, en veillant au respect des normes de sécurité routière et du dispositif communautaire en matière de limitation de postes de contrôle, afin de lutter contre les tracasseries ; redynamiser les comités nationaux de facilitation et d’assistance sur le corridor Dakar-Bamako et reprendre immédiatement le trafic routier entre le Mali et le Sénégal.
Les deux délégations se sont afin engagées à garantir la libre circulation des personnes et des servies entre les deux pays, en relation avec les autorités administratives locales.
Malgré ces belles promesses de la part des autorités des deux pays, les chauffeurs maliens disent ne plus être disposés de reprendre le corridor Dakar-Bamako.
Toutefois, en dépit de cette réticence affichée des nôtres, les chauffeurs et transporteurs sénégalais ont repris le trafic entre le Mali et le Sénégal, depuis la signature de cette résolution par les deux Ministres. Comme quoi, il y a souvent ce qu’on claironne et ce qu’on fait.

PAR CHRISTELLE KONE




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