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dimanche 11 avril 2021
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COVID- 19: confinement, un saut dans l’inconnu

Le monde fait face, depuis la fin de l’année 2019, à une pandémie, qui fait des ravages non seulement sur les hommes, mais sur l’économie mondiale. Toujours à la recherche d’un remède plus efficace, le confinement est devenu la méthode la plus usitée, à tous les niveaux, pour faire face au drame. En plus de ses limites en termes de propagation du virus, le confinement constitue une menace sérieuse sans précédent sur les économies du monde (grandes et petites). En Afrique, c’est déjà la course à l’aumône et à l’endettement. Alors que les systèmes de production sont presque aux arrêts, les experts s’interrogent déjà jusqu’à quand l’Afrique pourrait-elle tenir ?

En décembre 2019, un virus inconnu de la famille des coronavirus est apparu dans le centre de la Chine, dans la ville de Wuhan. La première mesure sous la main a été le confinement et la désinfection d’une ville de près de 60 millions de personnes. Cependant, le virus va se répandre pour atteindre l’Europe, puis l’Afrique et les USA. À présent, le confinement reste la méthode usitée pour contrer la maladie en attendant un remède miracle. Confinement en Chine, confinement en Europe et confinement en Afrique. Qui va nourrir le monde ?

Le mimétisme absurde

Selon l’analyse de Leslie Varenne publiée chez, Sputnik, un journal en ligne, le confinement est absurde en Afrique plus encore que nulle part ailleurs, il ne peut être respecté que par les élites et une partie de la classe moyenne. Pour le moment, le Continent n’a pas d’autre choix que de parier sur l’immunité collective –facilitée par la jeunesse de sa population.

Déjà, une pétition signée par des intellectuels africains appelle l’Afrique à « inventer » ses propres modèles pour faire face au Covid-19. Or, pour l’instant, les chefs d’État d’Afrique n’ont pas fait preuve d’aucune originalité et se sont contentés de copier les mesures prises par les Européens, alors même que celles-ci connaissent des succès divers et très mitigés.

Si l’efficience de ces mesures n’est donc pas prouvée, leur corollaire est, lui, connu. Il réduit, voire rend impossible, l’économie informelle. Ce sont donc les plus pauvres, ceux qui vivent au jour le jour, les vendeuses du marché, les chauffeurs de taxi, etc. qui s’apprêtent à passer de la pauvreté à la misère.

Les conséquences du confinement sont donc douloureuses et cela, Sékou SANGARE, le Commissaire en charge de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en eau de la CEDEAO, le reconnaît. Selon ses estimations, sans la crise sanitaire, 17 millions de personnes de la région auraient été touchées par une crise alimentaire et nutritionnelle lors de la période de soudure. Avec le Covid-19, ce sont « au mieux plus de 50 millions de personnes » qui seront impactées si « des mesures vigoureuses, pragmatiques et coordonnées ne sont pas mises en œuvre dans la région ».

Pluie de milliards

Pour atténuer les effets économiques et sociaux des mesures qu’ils ont prises, nos chefs d’État rivalisent d’initiatives. Ils promettent à leurs concitoyens des aides comme la réduction ou l’annulation de factures d’eau et d’électricité. Au Mali, Ibrahim Boubakar KEITA tient la corde avec 500 milliards de CFA annoncés pour des mesures sociales ; 100 milliards pour les plus vulnérables. Mieux, pour calmer les ardeurs qui commençaient à se manifester sur les réseaux sociaux, le Président IBK renonce à trois mois de salaire et son Premier ministre à deux…

Selon une analyste, le chef de l’État crée ainsi des attentes considérables ‘’dans une population qui n’en sera que plus déçue si jamais cet argent se perdait dans les limbes et qu’elle n’en voyait pas la couleur…’’

Illusion du peuple

Qu’à cela ne tienne, si l’Afrique n’est pas sauvée par ses dirigeants, le sera-t-elle par l’aide internationale ? De faux espoirs sont créés. C’est ainsi qu’Antonio Guterrez, le secrétaire général de l’ONU, a déclaré, lors d’une interview sur France 24, qu’il souhaitait mobiliser 6 000 milliards de dollars à destination des pays du Sud et que le FMI avait la capacité de prêter 1 000 milliards de dollars ! Et ce, au moment où les plus gros bailleurs enregistrent des chutes de leur PIB et voient se pointer une récession à deux chiffres. Le secrétaire général des Nations unies serait-il dopé à l’économie virtuelle ?

La France, elle, a promis 1,2 milliard d’euros, mais seuls 150 millions se présentent sous forme de dons, le reste est constitué de prêts aux pays ou aux banques. Lors de son allocution télévisée du 13 mars, dans un élan lyrique, Emmanuel Macron a aussi demandé que l’Europe annule les dettes des pays africains que les pays de l’UE détiennent. Cependant les dettes d’État à État ne représentent qu’une petite partie du problème, ces créances étant majoritairement détenues par des privés.

L’Union européenne a annoncé qu’elle donnerait 15 milliards d’euros. Là aussi, il ne s’agit que d’une réorientation de fonds vers la lutte contre le Covid-19, dit-on. Dans le même ordre d’idées, avec l’Union africaine, la France veut apporter une assistance sanitaire de 500 millions d’euros pour acheter des gants, des masques, des respirateurs, mais cet argent sera pris dans les caisses du fonds Sida. Il s’agit donc de déshabiller Pierre pour habiller Jacques !

Jusqu’où ira ce cinéma ? Pour le moment, personne ne connaît encore l’ampleur des conséquences liées à la pandémie ni la durée de l’arrêt des activités économiques à l’échelle mondiale. C’est un véritable saut dans l’inconnu. Les Nations ont donc intérêt à ouvrir les yeux, au bout du rouleau, celles qui arriveront à mettre en place les meilleurs systèmes de résistance et de riposte face à la pandémie seront celles qui comptent.

Pour rappel, c’est le 24 mars 2020 que les services de santé ont enregistré les premiers cas de malades (2cas) testés positifs au Coronavirus (COVID-19) : deux personnes de nationalité malienne rentrées de France les 12 et 16 mars 2020. Le premier cas est une dame de 49 ans résidente à Bamako et le 2e un homme de 62 ans à Kayes.

À la date du 16 avril, notre pays était à 171 cas, dont 23 nouveaux cas confirmés, 13 décès et 34 patients guéris.

Par Sidi DAO




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