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jeudi 4 mars 2021
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Crise à l’Assemblée nationale: après le clash, le dénouement

L’Intifada programmée ce lundi contre le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Issiaka Sidibé, n’a finalement pas eu lieu.
La bonne pluie qui a arrosé Bamako toute la journée d’hier a certainement calmé la température au sein de l’Hémicycle.
En effet, au lieu d’une séance à huis clos de tous les députés pour laver le linge sale avec tous les risques de dérapages, les dirigeants de l’institution parlementaire ont choisi de jouer la carte de la responsabilité.
Au terme d’une réunion du bureau tenue hier matin, un compromis a été scellé entre le président et l’ensemble des députés autour du mémorandum de ces derniers.
Avec cet heureux dénouement donc, les séances plénières vont débuter aujourd’hui mardi et jours suivants.

À notre passage hier à l’Assemblée nationale, une rencontre était en cours entre plusieurs députés et président de l’Assemblée nationale, Issikia SIDIBE. Au cœur des échanges, apprend-on, la crise ayant occasionné le boycott des plénières de la session en cours par des élus de la nation. Si très peu d’information filtrait de cette réunion, il nous est revenu qu’il s’agissait de trouver des voies et moyens visant à apaiser la situation conflictuelle entre le président Issiaka SIDIBE et les députés qui refusent de siéger sous son autorité. Lesdits députés contestent les décisions unilatérales et mal inspirées du président qui ne gère presque plus que ses propres intérêts et humeurs à la tête de l’Assemblée nationale. Une pratique contestable et contestée d’une autre époque.
Selon des indiscrétions proches de l’institution, la réunion a porté fruits, puisque les députés ont finalement accepté de lever le blocus, puisqu’ayant finalement compris que c’est l’intérêt de la nation même qui est en jeu. En effet, indique-t-on, il est attendu à l’issue de cette session le vote de plusieurs lois important pour la vie de la nation.
C’est pourquoi malgré le bien-fondé du combat, les députés n’ont pas voulu longtemps tirer sur la corde.
« Nous nous sommes entretenus, entendus, et finalement, on s’est compris. D’ailleurs, demain (aujourd’hui mardi), les plénières vont rependre. Et nous allons entamer les activités traditionnelles de l’Assemblée nationale », nous a indiqué un député de la majorité.
Même son de cloche du côté de l’opposition où l’on s’est surtout réjoui du consensus retrouvé autour de la fameuse somme de 1,7 milliard de FCFA d’arriérés de l’Assemblée nationale ressortie dans le collectif budgétaire de 2016.
« Il y a eu une grande incompréhension sur la somme de 1,7 milliard de FCFA et je crois qu’elle fait partie des points de mésentente. On se réjouit qu’il y ait eu des discussions et échanges dans ce sens », s’est réjoui l’opposant.
Pour d’autres, ce combat est la preuve que l’opposition avait raison lorsqu’elle critiquait l’impartialité du président Issiaka et son caractère autoritaire dans la gestion des séances de plénière.
Mais malgré la situation, l’opposition, tout comme la majorité parlementaire, déclare que leur participation aujourd’hui à la plénière ne fera pas défaut.
Au menu de cette plénière, sont inscrits le vote de projets de loi, le compte rendu de la 24e Assemblée régionale de l’Assemblée parlementaire francophone (AFP) tenu dans notre pays, il y a quelques semaines.
Et au moment où nous mettions sous presse, les présidents des commissions se réunissaient pour le préparatif de la plénière de ce matin.
Auparavant, le vendredi dernier, des députés avaient rédigé un mémorandum adressé au président Issiaka SIDIBE, l’interpellant sur sa gestion de l’Institution.
Dans ce document, il est mis demeure pour le respect du règlement intérieur, administratif et financier de l’Assemblée nationale, de respecter le manuel de l’Assemblée nationale afin d’éviter qu’il ne concentre plus tout sur lui.
Selon nos sources, le président Issiaka SIDIBE a accepté l’ensemble des propositions à lui soumises par les députés à l’issue de la réunion du bureau de l’Assemblée nationale validée par les présidents des groupes parlementaires.
Rappeler que la pomme de discorde entre le président de l’Assemblée nationale et les députes était le respect strict du règlement administratif et financier de l’Institution.

Par Sikou BAH




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