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vendredi 26 février 2021
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CSTM: la marche du jeudi maintenue

Malgré les démarches des émissaires du gouvernement auprès de ses responsables, en faveur d’un report de sa manifestation pour raison de santé du président de la République, la CSTM (Confédération syndicale des travailleurs du Mali) maintient sa marche prévue pour ce jeudi 21 avril prochain.
C’est la principale décision sortie de l’Assemblée générale de la Centrale tenue, hier lundi, à son siège sis au Quartier du Fleuve. Cette marche est co-organisée avec certaines organisations de la société civile, notamment « Le réveille citoyen ».

L’Assemblée générale était présidée par le secrétaire général de la Centrale, Hammadoun Amion GUINDO, entouré de plusieurs membres du bureau exécutif, en présence des délégués syndicaux et plusieurs militants.
L’objectif de cette assemblée était de faire le point de la grève des 21 et 22 mars 2016 et de dégager les stratégies pour les batailles à venir, de sa légitimité auprès des autorités nationales.
À l’entame de ses propos, M. GUINDO a souligné que cette décision de la CSTM est motivée par l’indifférence qui a caractérisé le gouvernement face à son cahier de doléances. Il a exprimé toute la satisfaction de la CSTM face à la mobilisation dont les militants ont fait preuve lors de ces mouvements de grève des 21 et 22 mars 2016 qui ont été suivis à 80 % dans les services où il y a des comités CSTM, excepté la santé (CSCOM). Malgré cette mobilisation, n’y a pas eu, jusqu’à présent, d’ouverture des négociations avec le gouvernement. C’est pourquoi la CSTM a reconduit, le même préavis grève pour le secteur de l’éducation, les 3 et 4 mai prochain.
Par ailleurs, face à l’indifférence réservée à son préavis de grève par le gouvernement, la CSTM a aussi décidé d’organiser une marche de protestation le jeudi 21 avril prochain.
La marche partira de la Place de liberté au Monument de l’indépendance en passant par le cinéma Bemba. Une marche qui sera organisée avec certaines organisations de la société civile, selon les responsables de la CSTM.
Pour M. GUINDO, la décision du syndicat est prise, mais ne doit en rien, empêcher la partie gouvernementale d’ouvrir les portes du dialogue si elle est de bonne foi.
« Nous estimons que nos actions s’inscrivent dans le droit et la légalité. Mais si les autorités, au-delà de l’indifférence s’abstiennent à ne pas appliquer la loi, les citoyens et le peuple a des moyens de se faire entendre. Et ça aussi, c’est constitutionnel », a-t-il martelé.
Aussi, a-t-il fait savoir, il n’y a pas d’amalgame à faire entre la marche de l’opposition qui était prévue pour le 23 avril et celle de la CSTM. Il s’est d’ailleurs réjoui de la décision de l’opposition de reporter sa marche, compte-tenue de l’état de santé du chef de l’État. Hamadou Amion Guindo a souhaité prompt rétablissement au chef de l’État pour qu’il vienne s’occuper rapidement du pays.
Mais pour Amion GUINDO, ‘’nous sommes là sur un terrain syndical où on ne doit pas faire d’amalgame autant politique que sentimental par rapport à la santé du Président. Aujourd’hui, on demande à un syndicat de sursoir à son mot d’ordre pour raison de santé du chef de l’État alors que cela n’a pas empêché le gouvernement de dialoguer avec les bandits armés », s’est-il insurgé.
Par rapport à la grève des 21 et 22 mars, a-t-il rappelé, une lettre ouverte avait été adressée au Premier ministre pour dénoncer l’attitude du ministre de la Fonction publique, Mme Diarra Raki TALLA, qui avait accusé la CSTM de monter la surenchère pour l’ouverture des négociations en exigeant la présence de tous les membres du gouvernement. Malheureusement, cette lettre est restée sans réponse de la part du chef du gouvernement.
Pour Oumar DIALLO, membre du bureau exécutif de la CSTM, cette attitude du gouvernement est de nature à pousser les citoyens à la désobéissance civile. Car malgré le fait que la grève soit règlementaire, on se rend compte que le gouvernement n’accorde pas d’importance aux différents accords qu’il signe avec ses partenaires sociaux que sont les syndicats. Aujourd’hui, la priorité est accordée aux bandits armés contre les intérêts du peuple. Selon Mahamane KOUNTA, l’un participants à cette AG, actuellement il faut être dans la logique de la violence pour être pris au sérieux, dans notre pays.
Au cours de cette assemblée générale, le secrétaire général du syndicat national de la police (SNP), Amadou CISSE, s’est inscrit en faux contre toute idée de désolidarisation de son syndicat avec le mot d’ordre de grève de la CSTM les 21 et 22 mars dernier.
«Nous sommes des agents de sécurité, on ne peut pas dire à tout le monde de rester à la maison. Par conséquent, nous avons fait un sit-in au GMS en guise de soutien à nos camardes». Par ailleurs, a-t-il fait savoir, le gouvernement mécontent de cette manifestation a procédé à des mutations abusives au parmi les militants du SNP.
Aussi, à la veille du mot d’ordre e grève, des éléments d’autres syndicats de la police ont-ils fait des déclarations sur les antennes de la télévision nationale soulignant que la police se désolidarisait de la CSTM.
Pour la marche du jeudi prochain, il a indiqué que ses militants compte tenu du contexte, seront au service des autorités, mais les membres du bureau exécutif seront la marche avec la CSTM.

Par Abdoulaye OUATTARA




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