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lundi 27 juin 2022
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Drame de Diallassagou, Dianweli et Déguessagou: Bankass décrète la désobéissance civile

Les Maliens sont encore sous le choc de la tuerie barbare des terroristes contre des populations civiles dans le cercle de Bankass. Cette attaque ignoble qui a fait 132 morts a été unanimement condamnée par les Maliens de tout bord. Ainsi, pour manifester leur mécontentement et exiger les autorités à prendre leur responsabilité afin que de tels actes ne se reproduisent plus, les forces vives de Bankass ont décrété une désobéissance civile qui est entrée en vigueur depuis hier mardi.

Dans la nuit du 18 au 19 juin, une attaque terroriste a fait 132 morts parmi les civils dans les villages de Diallassagou, Dianweli et Déguessagou dans le cercle de Bankass. Pour protester contre ces assassinats inhumains, les forces vives du cercle de Bankass, dans la région de Bandiagara, composées d’élus, de leaders communautaires et de la société civile, ont enclenché depuis hier mardi une «désobéissance civile». Cette désobéissance civile est mise en vigueur à travers la fermeture des services étatiques et non étatiques, jusqu’à nouvel ordre.
« Seuls les centres de santé, les commerces et les ambulances restent fonctionnels », précise le communiqué du Comité d’organisation.
Cette décision fait suite à l’attaque terroriste menée par la ‘’Katiba du Macina’’ contre les paisibles populations des villages de Diallassagou, Dianweli, Deguessagou et environs, dans le cercle de Bankass, ayant fait 132 morts parmi les civils.
Selon le communiqué du gouvernement, l’attaque a été menée «par des combattants de la Katiba du Macina» dans la nuit du 18 au 19 juin courant dans plusieurs villages du cercle de Bankass dans la région de Bandiagara.
Les organisateurs de la «désobéissance civile» ont déclaré que « vu les différentes rencontres tenues et les missions effectuées auprès des plus hautes autorités du Mali, pour demander la sécurisation des personnes et de leurs biens, nous sommes au regret de vous annoncer qu’à partir de mardi 21 juin courant, jusqu’à nouvel ordre, nous entrons en désobéissance civile conformément à l’article 121 de la constitution du 25 février 1992 ».
Les forces vives déplorent également la non libération de certaines personnes en otages depuis plusieurs mois ; la non promptitude de l’intervention des FAMA après l’alerte des populations.
Pour se faire entendre, ils demandent la fermeture des services étatiques et non étatiques exceptés les centres de santé, les commerces et les ambulances jusqu’à la levée du mot d’ordre de désobéissance civile.
Le gouvernement, de son côté, rassure que toutes les dispositions seront prises pour rechercher et traduire les auteurs de ces crimes devant la justice. Aussi, les autorités rassurent que la protection des personnes et de leurs biens demeure leur priorité absolue.
Ce n’est pas la première fois que la désobéissance civile soit décrétée dans le pays dogon. Le mois de décembre dernier, les forces vives de la région de Bandiagara avaient entamé une «désobéissance civile» en procédant à la fermeture des services étatiques et les structures de l’éducation sur toute l’étendue de la région. Il s’agissait de protester contre l’attaque terroriste des forains de Songho, dans le cercle de Bankass, ayant fait 31 morts et 17 blessés, dont une majorité de femmes et d’enfants en partance à la foire hebdomadaire de Bandiagara.
L’objectif de cette désobéissance civile est de faire la pression sur l’État accusé d’inertie face à l’insécurité.

PAR MODIBO KONE




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