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samedi 6 mars 2021
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Droits des victimes: la COMADDH édifie les ayants droit

Dans le cadre des activités commémoratives de la semaine des victimes, la COMADDH (Coalition malienne des défenseurs des droits humains), avec l’appui financier de l’Association « TrusAfrica », a organisé, mardi dernier, un panel sur les Fonds au profit des victimes. Cette conférence avait pour objet de cerner les contours des différents fonds au profit des victimes. De façon spécifique, elle a permis, notamment aux victimes de connaitre l’existence de ce fonds et partager ses objectifs, les groupes cibles éligibles, les critères et conditions d’accès ainsi que les modalités de fonctionnement desdits fonds.

Cette rencontre a regroupé, les associations des victimes de violations des droits humains dans notre pays (notamment les victimes de la crise du nord), avec les représentants : du ministère de la Solidarité et de l’action humanitaire ; d’Amnesty International ; de l’Association des femmes africaines pour la recherche et le développement ; de la Commission nationale des droits de l’homme au Mali ; du Réseau des défenseurs des droits humains ; le COMADDH et l’ONG Cri de cœur, etc.
La conférence était animée par le représentant d’Amnesty International, Salif FOFANA, en ce qui concerne le fonds CPI et par le président du Collectif « CRI DE CŒUR », Almahady Almoustapha CISSE, en ce qui concerne le fonds MINUSMA.
Dans son intervention, le représentant d’Amnesty International, Salif FOFANA, a insisté sur la nécessité de l’ouverture d’un bureau de la CPI à Bamako pour que son Fonds d’assistance soit réellement disponible pour les victimes.
Le président de l’ONG, Cri de Cœur, Almahady Almoustapha CISSE, a souligné qu’à travers l’organisation de ses activités, il s’agissait pour les organisations de défense des droits de l’homme de voir, en fait, qui est victime et qui ne l’est pas. Que faire pour soulager l’ensemble des victimes, puisque les cas diffèrent ? Quelle est la responsabilité de l’État dans la situation ?
« Aujourd’hui, on parle de paix et de réconciliation, mais nous pensons que la paix, c’est comme un corps humain. S’il y a un abcès, on ne peut pas faire de pansement. Aujourd’hui, au nom de la réalpolitik, beaucoup d’acteurs présumés coupables sont innocentés. Ils ont, en quelque sorte, une prime à la rébellion », a-t-il dénoncé.
Selon M. CISSE, cette situation ne concourt pas à une restauration définitive de la paix. Au niveau de l’article 46 alinéa 6 et 7 de l’Accord pour la paix, a-t-il rappelé, il est clairement dit qu’il y a des crimes qui sont imprescriptibles. Notamment les crimes de guerre, les violences basées sur le genre, etc.
« Si l’État n’a pas les moyens ou ne veut pas, il est de notre ressort de lui rappeler son devoir, ses engagements qu’il a pris au niveau de la Constitution et vis-à-vis des Conventions ratifiées par le Mali », a-t-il dit. Aujourd’hui, les victimes ont besoin de reconnaissance d’abord, ensuite de prise en charge et après de réparation, a souligné le président du Collectif « Cri de cœur ».
Pour venir en aide aux victimes, le collectif Cri de cœur, a indiqué Almahady Almoustapha CISSE, a 3 volets d’activités, à savoir : le volet médical, le psychologique et social.
L’assistance égale à la justice : une fois la justice rendue, il faut les aspects de réparation, a-t-il indiqué.
Aujourd’hui, grâce à la disponibilité du Fonds d’assistance de certains partenaires, notamment la CPI et la MINUSMA, les ONG comme Cri de cœur, Wildaf, Dèmèsso appuient les victimes à avoir accès à la justice.
Au cours des débats, de nombreuses victimes ont dénoncé le faible engagement de l’État en faveur des victimes.
Selon Intamatt YATTARA, l’un des participants à cette rencontre, les victimes sont aujourd’hui sous l’emprise de leurs bourreaux et ne peuvent donc pas s’exprimer publiquement. Ce qui fait qu’elles sont incapables de les dénoncer, de manière directe. Aujourd’hui, les victimes ont beaucoup plus besoin de sécurité, a-t-il soutenu.
Pour Mme Fatoumata MAÏGA, ressortissante de la région de Tombouctou, la priorité, c’est aujourd’hui la protection des témoins qui font souvent objets de menaces de la part des responsables des violations des droits humains.
Pour sa part, Fatoumata TOURE, une autre participante à ce panel, a insisté sur la nécessité de faire de la justice un préalable à la réconciliation.
De son côté, le président de l’association des victimes de la région de Taoudénit, Mamouni Sidi ELMOCTAR, a dénoncé une justice à deux vitesses, selon qu’on soit une victime de la crise de 2012 ou des années précédentes. Ce commerçant arabe, victime d’un mouvement armé en 1986 court, sans succès, derrière les services de l’État pour sa réhabilitation.

Par Abdoulaye OUATTARA




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