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samedi 19 juin 2021
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EPM: l’APR largue les amarres

C’est un truisme de dire que l’Alliance ‘’Ensemble Pour le Mali’’ (EPM) se vide pour devenir comme peau de chagrin. Après l’idylle avec flèche de Cupidon, c’est le temps des adieux. Et depuis hier, c’est le Parti Alliance Pour la République (APR) de l’ancien ministre Oumar Ibrahima TOURE qui s’ajoute à la liste déjà longue de ceux qui divorcent unilatéralement, pardon qui quittent le navire.

Dans une correspondance adressée au Président de l’Alliance ‘’Ensemble Pour le Mali’’, le Dr Bocary TRETA qui n’affiche aucun gage de cohésion au sein de sa propre formation politique qui se vide également de ses cadres, Oumar Ibrahima TOURE justifie la décision de son parti :
‘’Cher Président,
J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que le Bureau Exécutif National de l’Alliance Pour la République « APR », suite aux récents événements socio-politiques qu’a connus notre pays, a procédé au cours de sa réunion extraordinaire du lundi 31 mai, à un examen approfondi de la situation socio-politique du pays et à une évaluation du chemin parcouru au sein de notre Alliance.
Il ressort de cette analyse :
-d’une part que les graves crises socio-politiques et institutionnelles ouvrent le champ à des mues et des recompositions au sein de la classe politique,
-d’autre part que l’APR doit plutôt se préparer à être en phase avec les perspectives en prenant en compte la réalité actuelle. Le parti doit donc être flexible, vigilant et ouvert aux nouvelles possibilités et opportunités de recomposition pour l’intérêt Supérieur du pays et du siens,
-enfin qu’au regard de l’extinction des objectifs ayant motivé la création de EPM, l’appartenance de l’APR audit regroupement ne semble plus approprié.
En conséquence, l’APR tout en exprimant sa reconnaissance et sa profonde gratitude aux partis amis avec lesquels il a cheminé durant plusieurs années, décide de mettre un terme à sa participation à l’Alliance ‘’Ensemble Pour le Mali’’.
Tout en me félicitant de notre parcours, je vous prie de croire, Camarade Président, en l’assurance de ma franche collaboration’’.
Dernier départ en date, c’est celui de l’Alliance pour la solidarité au Mali/Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP) de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA, notifié par une lettre adressée au Président de EPM, Dr Bocary TRETA, le 29 mai 2021.
Le Parti justifiait ainsi son départ : ‘’le regroupement politique Ensemble Pour le Mali (EPM) a été créé en son temps en vue de la constitution d’une majorité politique destinée à soutenir le Président de la République.
La situation politique et institutionnelle actuelle nous conduit à nous engager dans un nouveau cadre de relations.
C’est pourquoi notre Parti a décidé de de se retirer de EPM’’.
Un autre poids lourd politique de l’Alliance agonisante, à savoir l’Alliance pour la Démocratie au Mali/Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA/PASJ), a précédé, en des termes presqu’identiques.
Faudrait-il tenir rigueur à ces partis qui prennent le large ? Quand le bateau coule, les rats quittent le navire ? Oui et non.
D’abord, il est permis de répondre par la négative. Et pour cause, l’Alliance ‘’Ensemble Pour le Mali’’ (EPM), par rapport à ses objectifs de départ, à savoir créer une majorité politique pour soutenir les actions du Président de la République, c’est-à-dire Ibrahim Boubacar KEITA, n’a plus sa raison d’être. IBK n’est plus au pouvoir a fortiori qu’il ait besoin d’une majorité présidentielle qui lui donnerait les coudées franches pour mettre en œuvre son programme.
Ensuite, l’on peut répondre par l’affirmative. Parce que le Président de l’Alliance ‘’Ensemble Pour le Mali’’, a eu la lucidité nécessaire après le traumatisme du dégommage de IBK d’émettre l’idée d’aller ensemble, c’est-à-dire les membres de EPM, à la conquête du pouvoir en 2022. Il n’y a pas eu de résistance connue au projet qui, il faut le dire, n’a jamais véritablement quitté le stade des idées.
Alors la nouvelle situation socio-politique derrière laquelle s’abrite tous les partis lâcheurs est-elle liée à la démission forcée du Président Ibrahim Boubacar KEITA ? A la démission forcée du Président de la Transition Bah N’DAW ? C’est un véritable sac de nœuds. Comprenne qui pourra !
PAR BERTIN DAKOUO




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