Search
mardi 18 décembre 2018
  • :
  • :

Equipements militaires & formation des pilotes: Parena broie du noir

Croyant tenir un énième scoop, pour une énième fois, notre animal de compagnie national, en manque d’engraissement, divague. Il attrape la rage aux côtés des caniches, bavant de prétendus pillages et détournements des ressources publiques par les autorités maliennes. Ce, ‘’dans le cadre d’une douzaine de contrats conclus par le Gouvernement pour doter les FAMAS de moyens terrestres et aériens’’.

D’abord une mise à niveau : la siglaison des Forces armées maliennes et de sécurité, c’est ‘’FAMa’’ et non ‘’FAMAS’’. Pour quelqu’un qui fait de l’Armée et de ses malheurs son fonds de commerce, c’est une ignorance inexcusable.
Ensuite, selon le Bélier en chef : ‘’Toutefois, selon des informations recueillies par le PARENA, le président de la République est en possession des rapports confidentiels de deux missions d’audit conduites par un cabinet privé et une structure publique’’.
Avec très peu de certitudes dans sa déclaration liminaire, le fouineur national s’interroge. Puisque nul n’en a le monopole, alors interrogeons-nous également. Comment, des rapports confidentiels, destinés au Président de la République et à lui seul, sont-ils censés se retrouver entre les mains d’opposants atteints d’une paranoïa revancharde ? Les Cabinets impliqués ont-ils été aussi indélicats et irresponsables pour mettre sur la place publique ‘’des rapports confidentiels’’ ? En fait, les rapports sont-ils vraiment confidentiels ?
Une certitude, ce n’est pas le Président IBK qui voudrait (si c’est le cas, parce que certaines paroles d’opposants haineux n’ont de crédit que ce qu’on voudrait bien leur donner) qu’un rapport soit frappé du sceau de la confidentialité qui l’éventerait.
Autre point noir, dans cette déclaration, à l’emporte-pièce, c’est le mystère qui reste entier sur les auteurs des présumés rapports. Depuis le 25 avril dernier, date de la conférence de presse du Bélier en chef, nul ne sait encore l’identité des deux missions d’audit conduites par un cabinet privé et une structure publique. Ne sont-elles pas le fruit d’une imagination fertile ou d’un délire tout simplement ? En tout cas, la certitude est établie que même la légion étrangère appelée à la rescousse n’a pas été davantage plus utile en la matière. Toute chose qui conforte ceux qui pensent que le Bélier se comporte de plus en plus comme une officine de ragots, de rumeurs et verbiages puérils.
Une autre charge du Bélier en chef : ‘’un pilote formé à 250 millions de FCFA ! Le Mali a signé un contrat pour la formation de 15 pilotes à 3,78 milliards de FCFA avec une entreprise basée à Singapour qui offre des cours en République tchèque. Des vérifications auprès d’experts aux États-Unis suggèrent que le coût de formation d’un pilote se situe entre 20 et 35 millions de FCFA’’.
Quels sont ces experts autoproclamés aux États -Unis ? C’est le mystère. Pourtant, le Bélier en chef a été moins obscur quand il s’agissait de mettre en valeur un obscur officier supérieur, on ne sait de quelle armée, qui prétend que les deux Super Puma étaient « cloués au sol », dans une déclaration au magazine américain en ligne « Bloomberg.com » (selon un article paru le 13 juillet 2017).
Autre preuve de mauvaise foi, citer une seule source ne suffit pas à mettre en évidence une surfacturation. Il aurait été plus juste d’avoir un éventail plus large, pour avoir un coût moyen de formation d’un pilote. Encore qu’il ne précise rien. Pilote privé, pilote commercial, pilote d’hélicoptère sécurité civile, pilote d’hélicoptère de combat ? On ne sait rien.
Quant au coût de la formation, à titre illustratif, au Centre de formation d’Héli Union à Champniers qui forme environ 300 pilotes d’hélicoptère civils par an, rien que pour atteindre le premier niveau de pilote, il faut compter 85.000 € (55 756 345,00 XOF FCFA). Pour s’offrir les 14 modules de la formation de pilote de ligne, il faut débourser la bagatelle de 185.000 € (121 352 045,00 XOF FCFA). (Source : Charente Libre du 6 avril 2011).
Dans la Royal Air Force, le coût de la formation de pilotes est passé de 15 000 £ (11 187 696,15 XAF FCFA) durant la Seconde Guerre mondiale à parfois plus de 4 000 000 £ (2 983 385 640,00 XAF) en 2011 (Cf : https://fr.wikipedia.org/wiki/Royal_Air_Force).
In fine, le Parti qui se présente comme un cadre de réflexion, d’analyses critiques et de prospectives, mais aussi d’anticipation et de propositions apparaît de moins en moins pertinent dans ses analyses, ses prises de position glissant chaque jour sur du factuel, de l’à peu près, de la conjecture. C’est la rançon d’un acharnement.

Par Bertin DAKOUO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *